‹ Description bibliographique et analyse d'un livre unique que se trouve au Musée britannique, parChapitre 21 sur 46 · FOL MARCHANT · texte numérisé non relu

FOL MARCHANT

Puisque mon corps est a souhait, Vestu a la guise bobance, Cent escus luy donne dehait,

Contez là, vêla ma chevance.

Bombance commence par leur donner toute espèce de conseils pour qu'ils deviennent ses fidèles sujets, et les trois personnages trouvant ces conseils admirables, s'empressent de les suivre.

BOBANCE.

Contrefaictes gourriers de court, Se me voulez bien maintenir, À tant le gentil que le bourt, Ghascun peult Bobance tenir, Et si debvez entretenir Jeunes dames, jeunes pucelles, Pour vostre honneur mieulx soustenir.

Estre très fort amoureux d'elles, En babillant bourdes nouvelles, Coulant la main soubz la sainture, Ta tant cuisses, genoulx, mamelles, Pour leur faire esmouvoir nature, Et forger quelque créature, Promettant bagues et anneaux, Et vous aurez bonne adventure, En amours, se estes loyaulx.

Enfin nos trois compagnons suivent si bien ces avis, qu'ils sont bientôt entièrement ruinés. Alors ils viennent se plaindre, et demander à Bobance de les tirer d'affaire. Celle-ci répond :

Galans, mal l'avez entendu ; Qui plus hault monte qu'il ne doibt Quant ung fol homme a tout perdu, Tantost chascun le montre au doigt.

Là dessus, grande colère du gentilhomme, du marchand

et du laboureur. Injures à leur mauvaise conseillière qui joint l'ironie à leur châtiment :

Je tous meneray, vaille que vaille, Dans le chasteau de povreté.

Là vivrez en mendicité, Jusqu'à la fin de vos jours.

Enfin Bobance prend congé des spectateurs, en leur adressant ces mots :

Pourtant, seigneurs, chascun y pense, Qui prent de moy gouvernement, Rantes luy fault, ou grant chevance.

Prenez en gré Fcsbatement.

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