‹ Description bibliographique et analyse d'un livre unique que se trouve au Musée britannique, parChapitre 23 sur 46 · LE SOT · texte numérisé non relu

LE SOT

Et il a faict son sanglant mal an ; Il ne fust oncqucs, par sainct Jehan, Plus loing dune lieue et demye.

(') Gravure sur bois au titre. Quatre feuillets. Sans indication. Quarantesix lignes par page.

( 3 ) M. Jubinal annonce, dans son édition de Rutebeuf, avoir l'intention de publier, sur le prêtre Jehan, une dissertation spéciale. Voir le. savant travail de d'Avezac , pp. 1-47-168 de la Relation des Mogols , par Jean de Plan du Garpin. Paris, 1838, in-4°, et les ouvrages qu'indique Grùssc (Lchrbuch eincr literârgeschichte, 2** division, t. 2, p. 767, 1842.)

Le dialogue continue ainsi jusqu'à la (in, et la farce se termine par :

Adieu toute la compagnie.

FINIS

Dans presque toutes les langues de l'Europe, il y a des dialogues de ce genre, généralement connus sous le titre de Dialogue de Salomon et Marcon , de Salomon et Saturne, etc. , et les sujets traités dans ces dialogues en antithèses , embrassent depuis la théosophie mystique jusqu'à la piperie de Meretrieibus.

M. John Kemble a publié, sur cette matière, un travail des plus curieux, en 1847, pour XMlfric Society de Londres.

Ce savant philologue rappelle dans ce volume de 326 pages, presque toutes les versions connues de ce poème satyrique, en remontant jusqu'aux Hébreux, et il en donne ensuite un texte anglo-saxon, la forme la plus ancienne qui nous en reste.

faxtt nouvelle ixte bonne et fort recréât toc pour rire : bee crie be JJûriô. 21 trote pereonnatgeô : ilcetaeeapotr le premier (Valant Y le eeconb (Salant et le Sot («).

Les deux galands s entretiennent des inconvénients du mariage, et le sot vient les interrompre en criant tantôt des épinars, tantôt des pâtés chauds, des bourrées, des oranges, etc. , de manière toutefois que ces divers cris s'appliquent chaque fois aux dernières paroles de l'interlocuteur interrompu. Enfin, on interroge le sot qui répond par des coq-à-1'àne et des jeux d'esprit.

« Gy fine la farce des cris de Paris. Imprimé nouvellement à » Lyon, en la maison de feu Barnabe Chaussard, près nostre » Dame de Confort, mdxlviii. »

(') Gravure sur Lois , au bas du titre. Huit feuillets. Quarante -cinq lignes à la page.

£aut îumoeUf bu franc 3lrcl)itr be datgnole t. Imprime nouoellf ment

û part* (■).

Il corne à un cornet :

Cest a meshuyjay beau corner; Or ça, 11 men fault retourner, Malgré mes dents, en ma maison.

Si ne vis je pieça saison Ou j'eusse si hardi courage Que jay ; par mon serment, j'enrage Que je n'ay a qui me combattre.

Notre faux brave commence à se vanter de ses prouesses supposées, tout en avouant la frayeur qu'il eut un jour ou il faillit être égorgé par un prisonnier anglais qu'il fit à la bataille d'Alençon, et auquel il finit par demander merci.

L'archer est interrompu par le chant d'un coq.

Cy dit un quidam Coquelicot !

Quesse cy, j'ay ouy poullaille Chanter cheuz quelque bonne vieille, Il convient que je la reveille.

L'archer reprend bientôt le récit de ses hauts faits d'armes :

(t) Gravure sur bois, du Franc Archier, au bas du titre. Quatre feuillets. Sans indication. Cinquante-sept lignes par page.

Les dames de dedans la place Ne craignoient fors que le couillart.

Par Dieu, jestois bien paillart, J'en avoye un si portatif !

Et se eusse esté si hastif De mettre le feu a la poudre Jeusse destruit et mis comme fouldre Tout ce qu'il y avoit de damoiselles.

Il porte deux pierres jumelles Mon couillart, jamais n'en a mains.

Et dames de joindre les mains Quant elles virent livrer l'assault.

Et quant je y pense, par mon serment, Cest belle guerre, que de femmes.

J'avoye toujours pitié des dames, Car veu qu'un courtault passe un mur, Elles auroient le ventre bien dur, S'il ne passoit oultre ; pensez, On leur eust fait de mal assez Si on neust eu noble courage.

Il doit y avoir sur la scène, dit une note du texte, un espouantail de Chaneviere en façon d'un arbale&trier, croix Manche levant et croix noire derrière. Notre héros prend cet épouantail pour un ennemi, et avant de s'assurer de la chose, il 'écrie :

Il est fait de toy ceste foys, Perrenet, cest un party contraire, Ha, monseigneur, voulez vous traire, Vous ne scavez pas que vous faictes.

Je suis Breton, se vous lestes.

Vive sainct Denis, ou sainct Yve, Il ne m'en chault, mais que je vive !

la

Il rend successivement toutes les pièces de son accoutrement à ce paillasson , puis il demande le temps nécessaire pour se confesser , avant de mourir. Pendant qu'il prouve qu'il n'a jamais contrevenu à aucun des commandements de Dieu, l'épouvantail tombe à terre. L'archer s'empresse de s'excuser, dit qu'il n'est pas cause de la chute, et tend la main pour aider le prétendu ennemi à se relever. Alors il s'aperce voit de sa méprise, et il emporte l'épouvantail en disant :

Je vous emporteray pour gage ; Au moins ce sera mon butin, Que j'apporte de la guerre.

Jfatct {ogeuee be ittatatre itthnin. 21 ou pereantiajje*. tfeetaaMiwtr le Atat0trebe0(oLlc. iïtatetre Attmtn, étubtant» flaulet eon phre. Jffubhu 0a mère. Raoul ittacl)ue Y et la 0m tnatetre mimât (').

Raulet commence ( a ) :

Lubine, hau, ouy des bon jour, Ne craignez vous point ceste mai ; Dou venez vous.

LUBINE

Je viens du four, Scavoir se nous cuyrons demain ; .

Ghascun si nest pas aussi sain Que vous.

RAULET

Vous en dictes de belles.

Gomment avez vous mal au sain , Vous deullent encor les mamelles.

LUBINE

Il y a terribles nouvelles De vostre fils.

RAULET

Mais toutefois Et qu'elles sont ils ?

(!) Six feuillets. Sans date, nom de lieu, ni d'imprimeur. Cinquante-huit lignes à la page.

( 3 ) Nous avons cru devoir transcrire cette farce presqu'en entier, à cause des nombreux passages macaroniques qu'elle renferme , véritable trouvaille pour ceux qui s'occupent de ce genre.

LUBINE

Us sont telles Qu'il ne parle plus françoys.

Son maistre Ta mis a ces loix ; .

Il si est fourré si avant Qu'on n'entend non plus que ung angloys Ce qu'il dit.

RAULET

A Dieu me command !

Et que ferons nous, Dieu devant.

LUBINE

Qu'on en fera? bon gré, mon péché.

Vous savez qu'il est fiancé

De la fille de Raoul Machue ;

Plus belle n'y a en sa rue ,

Ne qui aux festes mieulx sestrique.

RAULET

Cestoit pour le mettre en praticque Que je l'ay tenu a l'escolle.

LUBINE

Mais cestoit affin qu'il affblle, Ne scavoit il pas tous ces livres Qui nous ont coiisté deux cens livres. Jay ouy dire a maistre Mengin Quil avoit le plus bel engin Que jamais enfant peult porter ; Il ne s'en fault que rapporter A son nez, voyla qui l'enseigne.

RAULET

Qui ne parle plus, je m'en seigne

(Icy fait le signe de la croix.)

Mot de francoys, cest un fort point.

La fille ne lentendra point, Quand ils deviseront ensemble.

LUBINE

Helas non, parquoy il me semble Que nous allisson a lescolle, Pour veoir sil est en cest cole ; Car pensez que plus y sera, Que si grand latin parlera Que les chiens n'y entendrons rien.

RAULET

Lubine vous dictes très bien.

Mais il fault prendre en passant Raoul Machue et son enfant, La fiancée de nostre fils , Car je croy en un mot prefix Qu'il parlera francoys a elle.

LUBINE

Et par le peulx de ma co telle, Vous m'avez toute resjouye Quand j'ay ceste parolle ouye. Or allons donc legièrement.

RAULET

Nous y serons présentement, Il ny a que un petit juppet.

lubine hue.

Hou, hou, cheminez bauldement Nous y serons présentement.

RAOUL HACHUE.

Mais quesse que jos

Seulement, Ccst Lubine ; hou, hou.

RAOUL wachik.

Avant pi pet.

UIUT,

Wous y serons présentement, 11 n'y a que un petit juppetj Desbon nuyt hay.

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