LA FILLE
Laissons cela.
7e suis a vous bien plus tenue , Car je congnoys tant que a cela, Que par vous suis au monde venue.
£avct n ou o tilt et fart jogeuee rt morale. 31 quatre pereonnatgee, Ctetaeôaootr : Sien monbatn. donneur epirituel. {Jouuoir temporel, et la femme (/).
HONNEUR SPIRITUEL
Je tiens par fas et par nefas Des bénéfices ung grand tas, Prébendes, pensions, chapelles. Quand on me condampne, j'appelles ; Je fournis en tout et partout ; Si j'ay maulvais droict, il m'apointe, Aultrement il va par la pointe De son espée et son bouclier, Par ainsi me faict appointer.
« La femme nommée Vertu entre, ayant un corbilon a « oublieur sur ses espaulles , en cryant :
Oublie, oublie, oublie !
POUVOIR TEMPOREL
Desployez nous icy contant Les dez dessus le corbilon
LA FEMME
Sans nulle faulte, compaignon, (>) Quatre feuillets. Sans date. Quarante-sept lignes à la page.
Voulentiers je vous louvriray.
HONNEUR SPIRITUEL
Avez vous donc point le moyen De me faire ung moulin bien gcnt Pour engrener heures et matines.
LA FEMME
AUieurs chercherez vos mesquines, Car icy n'en trouverez pas.
POUVOIR TEMPOREL
Je vouldroys bien avoir offices, Mais un chascun jour on les vent A ceulx qui portent de largent ; Et bien peu je voys que on en donne.
HONNEUR SPIRITUEL
As tu point sans aulcun blason, Déceptions, mille harengues, Qui nous sceussent mettre en train D'avoir sans rien faire , du pain.
Je le vouldroys bien acheter Quelque chose qu'il deust couster.
LA FEMME
Et je vous ay dit sans doubter, Cela ne trouverez chez moy ; Vous y trouverez bonne foy, Bon renom, bonne gouvernenec.
POUVOIR TEMPOREL
C'est un pennier qui n'a point d'anec.
Ce n'est pas pour le temps qui court.
Pour le déclarer brief et court Garde ta mercerie meslée.
LA FEMME
Pourquoy conclurons briefveraent, Sy des biens voulez largement, Faire vous fault du temps qui court, En contrefaisant le billourt, Et que vertu soit mise au vent.
Car vous voyez au temps présent Que ung chascun faict comme Gacus, Qui faisoit de vices vertus.
Cy fine la farce de Bien-mondain. Imprimé nouvellement a Lyon, en la mayson de feu Barnabe Ghaussard, près Nostre- Dame de Confort.
Cette farce et la suivante , ne nous paraissent pas exiger d'analyse, car ce ne sont que des espèces de satires dialoguées, sans mérite de style, et où Faction est nulle.
farce nouDclU tree bonne , moralle et fort jogeuee , a trojjô pereon nage», CeôtaaôûDoir : Sout. ftten. Cljûôeun (0.
Discussion entre Tout et Rien sur leur mérite réciproque. Ils vont se mettre au service de Chascun qui les prend l'un après l'autre, sans en être satisfait :
Or ça, messieurs, voyez vous bien, Que Tout et Chascun vont a Rien, En la fin ainsi est ordonné, Que tel cuyde au monde estre né Pour abonder ou est tout et bien, Et en la fin tout vient a rien.
Voyla que c'est de nostre vie.
Prenez en gré, je vous supplie.
FIN
(') Quatre feuillets. Sans indication. Deux gravures sur bois, au titre. Cinquante-huit lignes à la page.
iBrrcicrie nouvelle fort jogcuse et morale be iftlieuU qur ueuant.
21 quatre pereonnagee, Ceôtaseaooir :
ittteul* que fanant, {liât paie.
{peuple penetf .
€t la fleifltere (').
PLAT PAIS
Par leurs fins aveaulx Ils tuent moutons, vaulx, Et a nos despens
PEUPLE
Cessons ces travaulx, Par nions et par vaulx Demourons suspens.
PLAT PAIS
Peuple pensif?
PEUPLE
Quoy?
PLAT PAIS
Ou est Bontemps ?
(i) Six feuillets. Sans indication. Gravure sur bois au titre. Quarante-six lignes à la page.
PEUPLE
Je ne scay, plat pais.
PLAT PAIS
Ne mov.
Il ny a plus avril ne may,
Longtemps y a que je Fattens.
PEUPLB PENSIF.
Ils ont casse mon pot de terre Qui servoit a cuire mes trippes.
Si mon chien je lâche, Et bien il ne chasse, Je soye mauldit !
Emporté ont mon fléau a batre.
Et le lard de ma cheminée.
PLAT PAIS
Vilain, endure.
PEUPLE
Bon temps viendra.
PLAT PAIS
Par aventure.
PEUPLE
Je suis tout mast.
PLAT PAIS
Te fault la layne.
PEUPLE
Ils m'ont desrobé ma ceincture, Qui estoit, sur ma foy, de layne.
PLAT PAIS
Par la Magdalaine, Et moutons et layne, Ils ont bref et court.
PEUPLE
Guerre trop soubdaine Prent blé et aveine, Et nous tient de court.
plat pais. # C'est le train.
peuple pensif.
C'est la loy qui court.
plat pais.
Ils ont tué mon coq.
PEUPLE
Us ont tué mes oyes.
PLAT PAIS
Les plument-ils ?
PEUPLE
En nostre court.
PLAT PAIS
De quoy font-ils feu ?
peuple.
De nos hayes.
PLAT PAIS
Quelz gens sont-ce?
PEUPLE
Ce sont laquayes.
PLAT PAIS
Mot tout coy.
PEUPLE
Gardons nous de reprise.
Il n'est pas mes vieilles brayes
Que tu saches qu'ils n'ayent prises.
Bonne Espérance, sous la forme d'une bergère, vient leur donner des consolations. Puis arrive Mieulx que devant qui chante et tresse des chapeaux de fleurs nouvelles. Roger Bontemps le suit.
PEUPLE
Si vous plaist serez noslre hoste, Pour nous préserver des gendarmes.
MIEULX
Il fault que vous soyez tous fermes, Et ne soiez point esbahys, Quel est vostre nom ?
PLAT PAIS
Plat pais.
MIEULX
Et vous, comment ?
PEUPLE
Peuple pensif.
MIEULX
Affin qu'il n'y ait point destrift
Je marquera vostre logis, Et n'en soyez point esbahys.
Aux gendarmes direz comptant Que vous avez Mieulx que devant.
PLAT PAIS
G rates.
PEUPLE
Tout est a vos commant.
Mais je vous pryc, Mieulx que devant, Ainsi comme bon cschanson, Que chantons au département Icy ung motet de chanson.
Cy fine la farce joyeuse de Mieulx que devant, a quatre personnaiges.
Cette pièce a une tournure politique qui nous semble fort remarquable dans les œuvres littéraires de ce genre, et si le défaut d'espace ne nous en empêchait, nous présenterions ici plusieurs remarques, que suggérera du reste suffisamment, la seule lecture de nos extraits.
favct nouvelle moraltae'e bee (ftene nouoeau* qui mengent le monbe tt le logent be mal en pire* 21 quatre peroonnaigee, Ctôtaôeanotr : ffe premier nouoeau. Ce oeronb nouveau. £t ttere nouveau t et le Ulonbe (').
LE PREMIER
Faisons que curez et vicaires Se tiennent en leurs presbytaires, Sans avoir garces et chevaulx.
Ainsi ferons nous gens nouveaulx.
LE SECOND
Or faisons tant que ces gras moynes Ces gras prieurs et ces chanoines Ne mengeussent plus gras morceaulx.
Ainsi ferons nous gens nouveaulx.