LE COUSIN
Baisez-moy, mamye au cueur gent Amour me tient en ses lactz.
Cy fine la farce de Pernet qui va au vin. lement. mdxlviii.
Imprimé nouvel-
farce nouoelte, treo bonne et fort joueuse b’un amoiireur. 31 quatre personnages : Cestassaootr rüjomme, la femme, famoureur et le üîéfrectn (/).
L;H0MMEo
Ma femme î
LA FEMME
Que vous plaist, Roger.
l'homme.
A Dinant m’en veux, sans targer, Aller achepter un chaulderon,
Ma femme !
la femme.
Sa, me voicy, mon baron,
Que vous plaist-il que je face?
l’homme.
Que tu me baille ma besasse,
Et de paour davoir fain aux dens Boute un morceau de pain dedans y Et un morceau de chair salée.
Aussitôt le mari parti, l’amant arrive :
(l) Gravure sur bois, au titre. Quatre feuillets, et, au verso du quatrième, trois gravures sur bois, qui n’ont nul rapport au sujet. Sans date, nom de lieu, ni d’imprimeur. Cinquante-cinq lignes par page.
LA FEMME
11 fault faire le bancquet, mon amy, Avant que on se couche.
LAMOUREUX
Nous ie ferons tantost, ma doulce ; Hâtons nous tost daller coucher,
J’ay grand désir a vous approcher, Entre deux draps, mon joly cou !
Ceste bouteille de vin bon Nous bouterons par grand délit Icv auprès de nostre lict.
Affin se aucun de nous sesveille Nous puist prendre ceste bouteille Et en taster un sapion.
LA FEMME
Vous estes un vaillant champion,
Et bien entendu en cest affaire.
LAMOUREUX
Sa, Alison, quest il de faire?
LA FEMME
Et que scay-je, despouillons nous.
LAMOUREUX
Avant, tire là.
LA FEMME
Estes vous point prest, mon amy ?
LAMOUREUX
Je nay mais que cest esguillette,
Couchez vous toujours, ma fillette,
Incontinent vous suiveray.
Sur ccs entrefaites le mari s’aperçoit qu’il a oublie sa bourse
et il revient à la maison, la chercher. En 1 entendant frapper, l’amoureux s’écrie :
Las ! ou me bouteray je, Alison,
Il me tuera comme un oyson ;
Sil me trouve je suis destruit.
LA FEMME
Boutez vous soubz nos lict,
Cachez vous soubz nos couverture (l).
La femme après avoir ouvert à son mari, se plaint d’être extrêmement malade, et le prie d aller quérir le médecin, ce qu’il fait. Il porte au médecin de l’eau de sa femme, afin qu’il puisse juger de son mal, et quoique cette eau ait été changée en route par le mari, le médecin déclare qu elle provient d’une femme qui a cent fois trompé son mari. Celui-ci retourne chez lui, convaincu qu’il est cocu, mais il se console en disant :
Pourtant cest un bien que nul ne scet Se le médecin et ma femme,
Et celui qui ma copaud.
(i) Il y a une situation toute semblable, mais plus développée, dans la farce intitulée : Le Retraict, au 5e volume du recueil de Leroux de Lincy et Francisque Michel.
— rs
Coltn qui loue et fteepite Bieu en un moment, à cause fre sa femme. 3t trois personnaiges : Cestassaooir Colin, sa femme et limant (').
Colin se plaint de son malheureux sort qui le force à travailler sans relâche, quoiqu’il ne puisse, malgré cela, éviter l’exécution des gens de loi. Sa femme lui demande de l’argent pour s’acheter un chaperon, et de quoi diner. Le mari répond qu’il n’en a point, qu’elle doit aller vendre quelques effets, et la dessus, il la quitte. La femme va s’asseoir sur un banc et pleure. Un amant s’approche d’elle, et la console, en lui promettant or et argent, si elle veut l’aimer. Elle résiste d’abord, mais finit par lui donner un rendez-vous.
Mon bon seigneur, comment quil aille,
Je vous pry que me venez veoir En ma chambre et quoiqu’on raille,
Envers vous feray mon devoir.
l’amant.
Mamy, de tout mon avoir Vous serviray, je vous affy,
Et quant vous vouldrez rien avoir,
Venez a moy, nayez soucy.
11 l’embrasse et lui donne de l’argent. Le mari revient chez lui (à ce qu’il parait, après une assez longue absence) et y
(') Huit feuillets. Sans date, nom de lieu, ni d’imprimeur. Quarante-sept lignes à la page.
trouve sa femme ayant meubles, garde-manger garni, vin, etc. A chaque fois qu’il lui demande d'où vient cela, elle répond : de la grâce de Dieu.
Enfin un petit enfant accourt :
COLIN
A qui est cest enfant.
LA FEMME
11 est a moy.
COLIN
Vray fils charnel.
Après la brebis vient laignel Mais de qui lavez vous conceu ?
LA FEMME
Colin, de la grâce de Dieu.
COLIN
Je ne lui en scay ne gré, ne grâce De sestre de tant avancé.
Après quelques autres explications , la pièce finit par l’adresse suivante de la femme et de Colin aux spectateurs :
LA FEMME
Helas ! se suis povre garce Cest a cause de ma partie,
Car jeusse plus cher qu’on meust arse Que de mener meschante vie.
Pour ce, Messeigneurs, je vous prie Que vos femmes nabandonnez Et se nous avons dit foîlie Sil vous plaist que nous pardonnez.
COLIN
Bonnes dames , entretenez Vos maris par bonne manière, Et trop fort ne les ransonnez Pour faire trop de la gorrière.
Telle cuide estre la première Quest la dernière de la dance.
Pardonnez nous a peu prière Se nous vous avons faict offence.
CY FINF. COLIN.
if arc c noupdlc trcô bonne et fort jeteuse i quatre pereonnatge© : Ceetaooaootr le (§entili]omme1 Iman, Hauftet, In Bamogoelle. — 3mprimêâ Uouenpar 3ei)an le preet, bemourant au bret lieu (*).
Cette force s’ouvre par une explication entre Lison et Naudet son mari qui dit avoir vu, le soir, le seigneur du village en rapport avec une femme, et il laisse entendre qu’il sait que c’était Lison. Celle-ci lui dit de se taire s’il ne veut être mis en prison. Là dessus le seigneur arrive et commande à Naudet de monter sur son cheval et d’aller le faire promener. Naudet prétexte que la bête est trop farouche. Dans ce cas, lui répondon, mets-la à l’écurie et vas chercher du vin, puis porte une lettre à ma femme au château. Naudet sort, mais il laisse aussitôt aller le cheval à l’aventure, revient sur ses pas, et voit par une fente de la cloison ce qui se passe dans une chambre de derrière où se sont retirés Lison et le seigneur.
La Damoyselle (ou femme du seigneur) voit revenir le cheval seul, craint qu’il ne soit arrivé malheur à son mari, et exprime ses inquiétudes. En ce moment Naudet arrive au château avec une lettre.
La dame dit qu elle a des soupçons sur la conduite du seigneur avec Lison. Le mari convient qu’ils sont fondés.
LA DAMOYSELLE
Ha, je scay bien que Monsieur l)a)Te Estoit couché a costé delle.
(’) Quatre feuillets. Caractères gothiques plus petits que ceux des pièces précédentes. Quatre-vingt-trois lignes à la page.
NAUDET
Jens, non estoit ma Damoyselle 11 estoit tout fin plat dessus.
LA DAMOYSELLE
Et que luy faisoit-il, Jésus !
Je te pry dy le moy beau sire.
NAUDET
Je nay garde de vous le dire, Monsieur me ravesqueroit bien.
LA DAMOYSELLE
Dict le moy, je nen dirayrien.
NAUDET
Ma foy, point ne vous le diray Je gasterois tout le mistere.
Jayme beaucoup mieux vous le faire Trois fois, que vous en dire un mot.
LA DAMOYSELLE
Tu ne scaurois, tu es trop sot.
NAUDET
Je ne scaurois ! bail, quel raison !
Et je le fais bien a Lison Tous les jours six ou sept foys.
LA DAMOYSELLE
Tu as menti, point ne le crois,
Tu es trop sot pour telle ouvraige.
NAUDET
Le plus sot y est le plus saige.
Pour veoir mettez moi en besongne, Or dictes que je vous empoigne,
Si comment monsieur faict ma femme
Et je vous jure sur mon ame Que point ne vous escondiray.
LA DAMOYSELLE
Or m’empoigne donc, je voirray Ta vaillance à tes beaulx combats.
NAUDET
Il met ainsi sa robbe bas,
Et prent Lison en ceste sorte,
Et en l’autre chambre l’emporte Sus la couchette, et ferme l’huis.
Il faut supposer ici que la scène change; car, après le dernier vers que je viens de citer, le dialogue entre Lison et le gentilhomme continue, ce qui prouve que le spectateur est censé revenu vers la ferme de Naudet.
Le seigneur demande à Lison son habit qu’il a ôté, et, comme il ne se retrouve pas, il dit qu’on l’aura sans doute volé, durant l’absence de Naudet, et il prend congé de Lison, pour retourner chez lui, où il rencontre Naudet qui l’accuse de s’ébattre avec sa femme. Là dessus la châtelaine accable le seigneur de reproches, et Naudet découvre enfin au trompeur qu’il est lui-même trompé.
Joué my suis deux ou trois foys,
Mais je nv trouve point de choix ;
Cest tout ung, siîs sont pelle melle,
De Lison ou ma Damoyselle.
Ils sont dung goust, dune façon Celuy ma Damoyselle et Lison ;
Mais je veulx ne men chaulx laquelle De Lison ou ma Damovselle.
Vous aurez le choix, cest raison,
De ma Damoyselle ou Lison.
Prenez la plus doulce ou plus belle,
De Lison ou ma Damovselle,
Ou toutes deux les espouson Et faisoii l'este solennelle De nia Damoyselle et Lison.
LA DAMOYSELLE
Mais que ce fol a de blason !
LE GENTILHOMME
lion, bon, ma femme, estes vous telle, Du chois nen donnerois lin oignon,
De Lison ou ma Damoyselle,
De ma Damoyselle ou Lison.
Nen parlons plus et nous taison,
Cecv est neufve nouvelle :
Tenir me veult à la maison Puis quon vient a ma damoyselle Pendant que je suis a Lison.
NAUDET
Gardez donc vostre seigneurie Et Naudet sa Naudeterie.
Si tenez Lison ma famclle,
Naudet tiendra ma Damoyselle.
Ne venez plus Naudetiser,
Je niray plus seigneuriser ;
Chascun a ce qu'il a, se tienne,
Et alïin quil vous en souvienne Croyez moi quil fault, mon amy,
A trompeur, trompeur et demy ;
Pourtant que plus ne vous advienne (•).
FINIS
(‘) A trompeur tromperye luy vient,
nous dit la farce du Mounyer et de la Mounyere , dans le 2e volume du Recueil de Leroux de Lincy et Francisque Michel. C’est le même sujet, à peu près, que celui que nous analysons, mais en partie double.
farce noiiadlc à troge personncttgca : (ÊcetaesaiH'Hv U $abm, la femme
et la (Üi)ambnrre (l)J
La femme se plaint à sa chambrière des mauvais traitements que lui fait subir son mari, et lui dit d’aller prévenir un certain Maurice, de se rendre près d’elle. La chambrière rencontre le Badin qui lui demande où elle va, elle répond :
Lest ma maistresse Qui a mal à son amatrix Elle menvoye quérir messire Maurice Pour la guérir.
Le Badin lui propose de jouer un tour à sa maîtresse, dit qu’il se déguisera en prêtre et prendra la place de Maurice. La chambrière entre dans ce complot. Le Badin arrive déguisé, et demande où souffre la femme. Elle lui raconte tout ce qui est arrivé entr’eux précédemment, et en apprenant que son mari est à l’extrémité, elle se déguise en nonnette, et va l’exhorter . Or, c’est encore le Badin qui prend la place du mari, et qui écoute le sermon de la femme.
Cette farce, dont le dialogue est fort embrouillé et l’action peu intelligible, se termine abruptement par ces trois vers :
Adieu, seigneurs, contemplez en clfcct Qu i! nest finesse que dune femme ;
Fin contre fin, autre decoy.
(l) Quatre feuillets. Sans date, nom de lieu-, ni d’imprimeur. Cinquantehuit lignes par page.
farce nouvelle trce bonne et fort joueuse île 3cmnot qui ftsi un rot be son d)at, par fauitc ù’aultre compagnon, en criant : le rog boit, et monta sur ea maieîreeee pour la mener à la messe, à trois persormatges : Ccoîaesaooir le flïarg, la femme et 3emnoi (').
Les époux conviennent qu'il leur faut un valet pour les servir. Jeninot, espèce d’imbécille, arrive, et il est loué à raison de trois francs par an. Le mari et la femme lui disent qu’ils vont souper chez un voisin, et qu’il ait à garder la maison. Pendant leur absence et après leur retour, Jeninot fait plusieurs farces, et finit par être battu et chassé.
Cette pièce n’a ni sel ni caractère.
(') Quatre feuillets. Sans date, nom de lieu, ni d’imprimeur. Cinquantesept lignes par page.