‹ Description bibliographique et analyse d'un livre unique qui se trouve au Musée BritanniqueChapitre 11 sur 42 · IV · texte numérisé non relu

IV

farce nouuclle bc frère CuiUcbert, très bonne et fort jogeuoe, u quatre personnages : Cestassaooir frère (Êhftllebert , f^omme tuetl, sa femme jeune, la Commère (x).

Frère Guillebert commence :

Foullando in calibistris Intravit per boucham ventris Bidauldus purgando renes.

Noble assistance, retenez Ces mots pleins de dévotion,

Cest touchant l’incarnation De lymage de la brayette Qui entre, corps, aureille et teste, Au precieulx ventre des dames.

Si demandez entre vos femmes,

Or ça, beau père, quomodo,

Le texte dict que foullando En foullant et faisant zic zac,

Le gallant se trouve au bissac.

Entendez vous bien, mes fillettes, S’on s'encroue sur vos mamelettes, Et quon vous chatouille le bas,

Nen sonnez mot, ce sont esbats,

Et nen dictes rien a vos mères.

De quoy serviroient vos aumoyres, Si ne vouliez bouter dedens,

Si vous couchez toujours a dens,

(') Quatre feuillets. Petits caractères gothiques de soixante-dix lignes à la page. Sans date, nom de lieu, ni d’imprimeur.

Jamais naurez les culz meurtris Foullando in calibistris.

Gentilz gallans de rond bonnet Aymant le sexe féminin,

Gardez si latellier est net,

Devant que larder le connin ;

Car s’on prent en queue le venin On est pirs quau trou sainct Patris, Foullando in calibistris.

Tétins moussus, doulces fillettes,

Qui aimez bien faire cela,

Et en branlant vos mamelettes,

Jamais ne direz hola ;

Un point y est, guettez vous la,

Que vous nayez fructus ventris Foullando in calibistris.

Vous, jeunes dames mariées Qui nen avez pas a demy, Nescondissez point un amy,

Car cest, et fust il endormy Au papar ceulx qui sont pestris, Foullando in calibistris.

Je vous recommande a mon prosne Tous nos freres de robe grise.

Je vous prometz, et cest belle ausmone Que faire bien a gens deglise;

Grans pardons a te vous advise De leur prester bouchant ventris, Foullando in calibistris.

Plusieurs beaulx testins espie,

Se font batre sans nul mercy,

Et puis qu’ils ont de petits pieds Au ventre, ils sont en soucy ;

La se disent dou vient cecy?

Et le veulx tu scavoir, Bietris, ïntravit per boucham ventris.

Au tas de vieilles esponnées

Qui vous font tant de preude femmes,

II semble qu’ils soient estonnées Sils oyent parler quon ayme dames.

Et vous croyez que les infâmes Ont tous les bas espoitronnés De servir purgando renes.

Mes dames, je vous recommende Le pauvre frère Guillebert.

Se lune de vous me demande Pour fourbir un poy son haubert,

Approchez, car gy suis expert.

Plusieurs harnois ay estrenés.

Bidauldus purgando renes.

Après ce sermon, suit un dialogue entre une femme et une commère. La femme se plaint que son mari n est plus bon à rien, et la commère lui conseille de prendre un ami gaillard. Là dessus arrive le frère Guillebert qui demande l’aumône. La femme lui dit de revenir le lendemain matin de bonne heure. Conversation entre la femme et le mari :

LA FEMME

Voulez vous que je vous die,

Je suis par trop femme pour vous.

L HOMME

En ung moys je fais mes cinq coups,

, La sepmaine ung coup justement.

LA FEMME

Cela nest quaremmement,

J ay mer ois tout aussi cher rien.

LHOMME

Comment, vous vous passiez bien De causqueson chez vostre mère.

LA FEMME

La douleur est bien plus amère,

Mourir de soif emprès le puis.

Enfin elle lui indique plusieurs mets dont elle a envie, et qui la consoleraient de ses déplaisirs. Le mari, désireux de l’adoucir, lui promet qu’il les ira chercher lui -même au marché, le matin de bonne heure.

Le mari parti, on entend chanter frère Guillebert, puis il appelle :

Hola hay ! je viens bien a point.

LA FEMME

Oy, devestés chausses et pourpoint,

Et approchez, la place est chaulde.

( Frère Guillebert se dépouille .)

Au moins y a il point de fraulde?

Je crains la toucher sur mon ame.

LA FEMME

Pas nestes digne davoir dame

Puis que vous estes si paoureux.

Le mari revient, sur ces entrefaites, parcequ’il a oublié son sac. Le frater qui l’entend, est dans une grande frayeur, et se cache dans un coffre où malheureusement se trouve le bissac que vient chercher le mari. Après avoir regardé en plusieurs endroits , tandis que sa femme cherche à détourner son attention par ses propos, il prend enfin, sans s’apercevoir de la méprise, les hauts de chausses du frère, pour son bissac, et il part.

La femme et le frater se désolent en découvrant le quiproquo.

Celui-ci regagne le couvent, et la femme va consulter sa voisine qui lui dit que cette aventure n’est rien, qu’elle se charge de tout arranger :

Allez vous en à la maison;

Je luy prouveray par raison

Que ce sont les brayes sainct Franeoys.

Le mari revient plein de colère, et demande à sa femme : qu’est-ce que cela signifie ? (. Monstrat caligas , est écrit en marge de cet endroit). La commère, qui est avec la femme, répond :

Las, mon amy ne pensez my Quil y ait icy de sa faulte ;

Le cœur dedens mon ventre saute,

Quant manier je vous les vois.

Las, ce sont les brays sainct Franeoys.

Ung si précieux reliquère.

L HOMME

Et vertu sainct gens, à quoy faire Les eust on mises en ma maison ?

LA COMMÈRE

Vrayment, il y a bien raison ;

Et pensez vous bien, Dieux avant,

Que vous eussiez faict un enfant,

Sans laide du sainct reliquaire.

LHOMME

Et pourquoy nen scaurois-je faire?

Helas! vous estes esprouvé.

L HOMME

Je les yray donc convoyer Moy rnesmes jusques au couvent

LA COMMÈRE

Frere Guillebert vient souvent ; 11 ne les luy fault que bailler.

LIIOMME.

Pardonnez moy, par nostre dame, Mamye, jay failly lourdement (').

(') Le lecteur reconnaît ici le sujet d’un conte répété dans presque tous les recueils de récits facétieux, depuis le Pogge.

Les auteurs de Fabliaux l’avaient déjà traité.

farce mutuelle très bonne et fort jogcuse ôc (Butllcrtne qui mangea les figues înt cure, à quatre personnages : (Üestassapoir îe Curé, (Suillerme, le lÜoisin et sa femme (0.

Le curé commence :

Guillerme !

GUILLERME,

Placet magistrum ?

LE CURÉ

Tu es un notable patron ;

Don viens tu ?

GÜILLERME.

Du de foras ;

Ego fui duabus boras Legendo epistolibus.

LE CURÉ

Que mauldit soit le lordibus,

Il na sens non plus que ung oyson.

Le curé continue à reprocher à son domestique de faire de travers tout ce qu’il lui ordonne, et le valet prouve, par ses réponses, qu’il mérite bien îe reproche. Le curé lui commande ensuite d aller inviter son voisin et sa femme. En même temps

(‘) Une gravure sur bois, au titre, représentant Quarante-quatre lignes à la page.

Guiilerme. Huit feuillets.

il lui remet des figues, avec injonction de les mettre en lieu sur. Guillerme les mange en route.

Les hôtes étant arrivés, ils soupent tous ensemble, et, durant le repas, le valet fait tant de sottises, que le curé le met à la porte, et la pièce finit par ces vers :

Et pour toute conclusion,

De sottes gens ne vous servez ;

Mettez les hors si en avez,

Et ne faites faire messaige A homme vivant, sil nest saige,

Qui a son cas duit et apprins,

Car pour conclure ce passaige,

Vous voyez comment m’en est prins.

Cy fine la farce de Guillerme imprime nouvellement en la maison de feu Barnabe Chaussard, près nostre Dame de Confort.

•force nouocllr très lioitnc et fort (‘omise bc 3enin fils bc rien, à quatre personnages : Cestossaooir ta Hlère et 3enin son fils, le Prêtre et le jpemn (*).

L'n fils interroge sa mère, pour savoir qui est son père. IyJ!e prétend ne pas le savoir. Jenin va consulter le curé qui le reconnaît pour sien ; mais la mère le nie. Un devin étant.

appelé, embrouille la question, et Jenin conclut qu’il est fils de rien.

» Imprime nouvellement a Lyon, en la maison de feu « Barnabe Chaussard près nostre Dame de Confort. »

(') Huit feuillets. Une gravure sur bois au titre, représentant Jenin. Quarante lignes à la page.

£a confession bc iHarçjot La bénigne, à beux personnages : Cesîas-

saooir le Cure et Üîargot (/).

Margot se met a genoulx devant le curé et dit en plourant :

Je me confesse a vous, beau pere,

J’ay anuyt secouru un g frere En sa grande nécessité,

Je lay faict par joyeuseté,

Car il en estoit empesclié,

Parquoy, sire, se jay péché Jen requière absolution.

LE CURÉ

Fille, dictes vostre raison Jusqu'à la fin de vos pechéz.

MARGOT

Sire, bien veulx que les sachez,

Je diray tout, sans rien rabatre,

Il me le fit troys foys ou quatre,

Sans descendre le beau Robin,

Ne scay sil estoit Jacobin,

Cordelier, Augustin ou Canne,

Mais je vous jure sur mon ame Quil le faisoit se très bau hayt.

LE CURÉ

De péché ny avez point faict ;

Il gaigne la gloire des cieulx

(!) Une gravure sur bois au titre. Trois feuillets. Sans date, nom dû ville, ni d’imprimeur. Quarante-quatre lignes à la page.

Qui faict bien aux religieux,

De cela soyez certain.

MARGOT

Avecques moy coucha ung moyne Dedans la meilleure de nos chambres,

Ses genoulx mit entre mes jambes Plus de sept foys celle nuytée ;

Je ne scay se jen suis dampnée,

Quen dictes vous sur ce passage.

LE CURÉ

Je vous tiens pour très bonne et sage D’avoir faict si très belle ausmone ;

De tous les cardin aulx de Homme Vous dourav absolution.

MARGOT

Sire, entendez ma raison,

Souvent mon voysin je secours,

Et si men voys a luy le cours,

Laissant mon mary quant il dort,

Le péché si fort me remort Que je ne sais se je men repente.

LE CURÉ

La chose nest pas convenante De soy repentir de bien faire,

Des grans peines de purgatoire Et d’enfer le tourment villain,

Je vous absoudray tout a plain.

MARGOT

Sire, entendez d’ung pelerin

(') Le reste du morceau renferme des détails si libres, que nous lions sommes arrêté ici dans notre transcription.

farce nouvelle très bonne et fort jogniee ùe (fteorqe le thau. 'H quatre personnages : (Eestassaooir (Scories le Deau, sa femme, le Curé et son (flerc (*),

Le mari se plaint de la hauteur et de la fierté de sa femme qui, de son coté, regrette qu’on l'ait donnée en mariage à :

Ung badault sans nulle science.

Comme elle lui reproche sa basse naissance et lui demande sans cesse de qui il descend, George va consulter le curé qui, d'accord avec la femme, lui fait croire qu’il est changé en veau, et qu’il restera tel, à moins que dorénavant il n’obéisse en tous points à sa femme. Le mari y consent et la farce finit.

(') Huit feuillets. Titre avec une gravure sur bois. Quarante-six lignes à la page.

Sermon jogutr be bien boire, H beur peroonnatgeo : Ceetaooauotr

le |3mc!)eur et le Cmomter (*).

Le cuisinier interrompt constamment le prédicateur dont tout le sermon peut se résumer clans les vers suivants, extraits du deuxième feuillet ;

Dieu a commandé de sa main Quon se doit au matin lever Pour bien arrouser le gosier,

Car qui bien boit longuement vit,

Ainsi que le note David :

Media nocte surgebam,

Pourquoy ? pour arrouser la dent,

Car qui veult es saincts cieulx aller Bonum vinum et optimum Debet potare.

Les deux adversaires s’injurient à qui mieux mieux, et, à la fin, le prêcheur quitte la place.

(') Six feuillets. Sans date, nom de lieu, ni d’imprimeur. Au titre, gravure sur bois, représentant une comète. Quarante-six lignes à la page.

farce nouuellc très bonne et fort jogntôe bc la reeureetton bc 3ntiu fanbore. 31 quatx*e peroonnatgeô : Ceôtaeeaootr 3entn1 oa femme, le Curé et le Clerc (l).

La femme se lamente à cause de la mort de son mari. Le curé lui dit qu’il est mort de boire. Dans l’intervalle, Jenin sort de sa léthargie, et annonce qu'il a été en Paradis et en Purgatoire, et il donne au curé des explications sur ce qui s’y passe. Cette explication est entremêlée de traits satyriques contre le clergé. ïl a appris divers secrets, ajoute-t-il, entr’autres celui d’empècher les femmes de parler, quand il le veut, de dire la bonne aventure par l’inspection des mains, de se rendre invisible, etc. Il examine les mains du curé et du clerc, mais lorsque sa femme lui présente la sienne, il répond ainsi :

LA FEMME

Or ca, mon amy, quelz propos Direz vous de moy?

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