JENIN
Ma foy, ma femme, un homme sage Ne s’enquiert jamais de sa femme Que le moins qu’il peult.
LE CURÉ
Cest la game, Cela évité mains courroux.
(*) Après quelques vers encore, la farce finit, sans que l’action se termine.
fa farce nouvelle fort pieuse bu pont bcs Stagnes, a quatre per~ eonnaïqes : dleotaosaroir le fïîarg, la femme, mesotre Domine be et le l^oocljeron (/%
Un mari ne peut se faire obéir de sa femme, qui refuse de faire le ménage pour lui. ïl consulte une espèce de charlatan sur le moyen de sortir d’embarras. Celui-ci s’exprime en un jargon latin-italien-français, et répète à plusieurs reprises :
Va de tenes le pont aux asgnes Basta tant que debet suffire.
Le mari sort pour aller voir ce qui se passe au pont aux ânes. Il y trouve un bûcheron dont la monture refuse de franchir le pont. À force de coups, elle obéit enfin. Le mari retourne chez lui et met le conseil en pratique avec sa moitié qui devient soumise et obéissante.
(') Quatre feuillets. Sans date, nom de lieu, ni d’imprimeur. Une gravure sur bois, à la fin de la pièce.
frtrcc noupellc trfo bonne et fort joneuoe, à trogô personnages : bun |parbonnettr1 bun triacleur et bunc ftanmttèrc (')•
Le triacleur ou marchand d’onguents, et le vendeur de reliques ou pardonneur, expliquent tous deux au public le mérite de leurs marchandises , et finissent par s’injurier , parce qu’ils s’interrompent mutuellement dans leurs discours. Enfin ils s’entendent pour aller boire ensemble , et trompent la tavernière en lui laissant des hauts-de-chausscs, comme un objet précieux.
LE TRIACLEUR.
Yrons nous boire?
Je te pry allons y, beau sire.
Nous ne faisons quentrenuire,
Se nous ne faisons quelque accord Tu scez par ton mesme record Que deux coquins ne vallent rien A un buys.
LE PARDONNEUR
Tu dis très bien :
11 nous fault aller gourmander ;
A quelquun nous fault demander Ou est le bon vin d'Orléans.
O Quatre feuillets. Gravure sur bois, au titre. Sans indication d’année, de lieu, ni d’imprimeur. Cinquante-sept lignes à la page.
LA TAVERNIERE.
Cest céans, seigneurs, cest céans.
Venez, entrez, jay de bon vin.
LE TRIACLEUR.
Ainsi lentens-je en latin,
Tenez, gardez moy ce coffre.
LA TAVERNIERE.
Messieurs, dictes sil vous plaist,
De quoy vous meslez vous tous deux ?
LE PARDONNEUR
De quoy? nous sommes pardonneur, Dame, a vostre commandement,
Au moins moy véritablement ;
Mais cestuy cy est triacleur.
LA TAVERNIERE.
Par sainct Jehan, je me tiens seur,
Se mon mary estoit icy,
Certes il seroit bien rnarry Se très bien ne vous festoyoit,
Car aussi certes il souloit Se mesler de vostre mestier.
LE TRIACLEUR.
Comme quoy ?
LA TAVERNIERE.
Il estoit ouvrier Excellent d’arracher les dens.
LE PARDONNEUR
Sang bieu ! il estoit de nos gens.
Au nombre des principales reliques, mentionnées dans cette pièce, se trouvent :
Le groing
Du pourceau Monsieur sainct Anthoine (l).
La creste
Du coq qui chanta cheuz Pylatc,
Et la moytié dune late De la grande arche de Noe.
L’aisle
Dun des séraphins dempres Dieu.
La pierre de quov David Tua Golias le geand.
(') On trouve dans le Bulletin du Bibliophile, 3e série, 1838, pag. 306, une notice, signée X, sur l’origine du petit cochon de saint Antoine. Dante a parlé de cet animal :
Di qucsto ingrassa il porco Sant’ Antonio.
farce nouoclle bu paôtê et be la tarte, à quatre personnages : Cestassaooir beur Coquins, le |3atisster et sa femme (*)•
Conversation entre deux gueux qui souffrent du froid et de la faim, et qui s’engagent à partager ce qu'ils pourront se procurer. L’un d’eux s’empare par adresse d’un pâté : puis voulant obtenir une tarte de la même manière, il y fait aller son compagnon qui est battu par le pâtissier, et qui fait en sorte que le larron son compère reçoive également sa part des coups de bâton.
(«) Quatre feuillets. Sans indication. Cinquante-huit lignes à la page.
fam nouvelle bc DilaS)uct $abin, natif be iBaipolct, qui m a $aris au ntardjc pour ucnbrc ses oeufs et sa eresme, et ne les rcult bonner sinon au pris bu marché : et est à quatre personnages* Cestassaooir Ül!al)uct1 sa i!Ièrc1 (Baultier et sa iFetnme (l).
La mère envoie son fiîs vendre ses oeufs et sa crème à Paris, et comme il est très niais, on les lui fait donner pour rien. Cette farce nous paraît sans sel et lourdement dialoguée.
(i) Quatre feuillets. Cinq gravures sur bois, au dernier feuillet : deux au recto, et trois au verso. Sans indication. Cinquante lignes à la page.
farce nouvelle et fort joueuse îteo femmes qut font escurer leurs djaulfcrons, et beffenitent que on ne mette la ptcce auprès î>u trou. % trogô personnages : (Eestassauotr la première femme, la seconde et le iHatgnen (^),
Deux femmes se plaignent l une à l’autre de leurs maris, et jurent de se venger.
LA PREMIERE
Ils vont bien a dautres le faire,
Nos maris les villains jaloux,
Et pourquoy ne le ferons nous Aussi bien comme eulx.
LA SECOND!
Cest raison, en saison Pourquoy naurons nous Pour nous reconforter un amy ;
A trompeur, trompeur et demy.
Durant cette conversation, passe un chaudronnier, en criant qu’il raccommode toute espèce de chaudrons et marmites. Elles l’appellent.
LA PREMIERE
Venez ca, dictes nous, maistre, esse Vostre plaisir de nous servir.
(') Quatre feuillets. Une gravure sur bois au titre. Sans indication d’année, de ville, ni d’imprimeur. Soixante lignes par page.
LE MAIGNEN
Vrayment je me yueil asservir Vous faire plaisir et service,
Mais premier fauldroit que je visse Lœuvre ou voulez que besongne.
LA PREMIERE
Vous n aurez point vieille besongne Ne qui soit forte a esclaircir.
LA SECONDE
Faictes vostre broche endurcir,
Que ne rebourse en nostre ouvrage.
LE MAIGNEN
Rebourser ! vous me dictes raige, Garde na dy estre ployée,
Car par le bout est achierée.
LA PREMIERE
Monstrez ça.
Tenez, nostre maistre,
Scavez qu’il est; nallez pas mettre Icy la piece auprès du trou.
LE MAIGNEN
Maistresse, je y mettray un clou Gros et rivé par les deux bouts.
LA SECONDE
Quil m’y soit congné en deux coups ; Faictes quelque œuvre de nouveau.
LA PREMIERE
Mon chaulderon fait de l’eau Auprès du cul, quand il est chault,
Et pour cause, maignen, il fault, Que y mettez une bonne piece, Afin que plus ne se depièce,
Et que bien me soit esclarcy.
LA SECONDE
Servez nous a nostre appétit,
Ny mettez point clou si petit,
Que le trou nen soit estouppé.
LE MAIGNEN
Voyez, cestuy il a tappé.
Est il rivé de bonne sorte,
Quen dictes vous ?
LA PREMIERE
Le Dieu m’emporte,
Vous estes ouvrier parfait.
Un maistre on le cognoist parfait A son ouvrage.
LA SECONDE
Nous buron.
Frappez fort sur le chauldcron.
Vous frappez dessus si en paix ;
Il a le cul assez espaix Pour endurer la refaçon.
LA PREMIERE
Cest un ehaulderon de façon Que le mien, et est assez fort ;
Mais qu’on ne lui fasse point tort, Quasi pour servir deux ménagés.
LE MAIGNEN
Vous avez assez doulx ouvrages Cela ne veueil contrarier.
LA SECONDE
Ne reste que un bon ouvrier Pour nous servir a nostre appoint.
LE MAIGNEN
Je croy que ne vous plaindrez point De ma besongne.
LA PREMIERE
Je le croy.
Servez nous bien, et sur ma fov Payez serez a vostre dit.
Mais comme on vous a ja dit, Gardez bien de tirer le clou,
Ne les pièces auprès du trou, Comme maignens ont de coustume.
LA SECONDE
Nespargnez marteau, n’enclume, Frappez fort, rivez fermement,
Car s’il dégoûte aucunement,
Ou face de l’eau par le trou Ou vous avez frappé le clou,
Vous perdrez en nous bon crédit.
LE MAIGNEN
Je m’engage que vous direz Que ne fustes de vostre vie A vostre vouloir mieulx servie De compagnon de mon mestier.
LA PREMIERE
Vrayment, nous avions bien mestier D’un autel homme comme vous.
Frappez fort, car je vous advoues.
Espargnez vous, frappez dessus?
LE MAIGNEN
Regardez moy comme je sues.
A vous servir je prends grand’peine,
J’en suis quasi tout hors d’alaine.
Voyez, vostre cas est bien fait.
Le dialogue continue jusqu’à la fin sur ce ton. Le chaudronnier promet, en partant, de revenir le lendemain.
farte mmaelk très bonne et fort journée, à trogô pereonnatgee 1 b’un cbaulbronnrer : (tetasoaroir ffyommc, la femme et le Cljaulbronnter (y).
Un mari et sa femme se querellent, et, après s’ètre bien injuriés l’un l’autre, ils parient de rester assis sans parler, quoiqu’il advienne, et celui qui bougera le premier, paiera à souper. Dans l’intervalle un chaudronnier passe et demande s’il iry a rien à raccomoder.
Ni l’homme, ni la femme ne répondant mot, l’ouvrier étonné s’approche de la femme, et dit :
A, par mon aine, elle ressemble À Venus deesse damour.
Quel musequin, Dieu ! quel recour !
Mamye que je vous flatte,
Vous avez la chere délicate,
Et si estes patiente et doulce :
Elle souffre que je la touche,
Plaisamment du tout a mon grez.
Par bieu, mon musequin pavez,
Baiser vous veueil et accoller.
Il joint F action aux paroles; la dessus le mari se lève et bat le chaudronnier.
(') Quatre feuillets dont le dernier est sans texte et ne contient que cinq gravures sur bois, deux au recto et trois au verso. Deux gravures sur le titre. Sans indication de date, de lieu, ni d’imprimeur. Cinquante-six lignes par page.
LA FEMME
Nostre dame ! vous avez perdu, Je suis demourée maistresse.
LHOMME
Et viens ça, viens larrounesse, Pourquoy te laisses tu baiser D'un tel truand paillard.
LA FEMME
Et pour gagner la gajeure.
LHOMME
11 est vray ; allons boire.
LA FEMME
Allons.
Et iis vont souper de compagnie avec le chaudronnier.
farce nouoelle très bonne et fort jogeuee, à trogô personnages : (ÆestassaüoU* le Cl)aulbronnter1 ie Ôaoettcr et le ®aoernter (0.
Le chaudronnier et le savetier se querellent, et en viennent aux coups pour une cause assez futile; enfin, ils s’apaisent et vont boire ensemble. Après avoir bu, ils s’aperçoivent qu’ils n’ont d'argent ni l’un ni l’autre. Pourparlers avec le tavernier auquel ils promettent de payer ie lendemain. Mais, lorsque celui-ci vient chercher son argent, le chaudronnier s’est déguisé en femme du savetier, et le savetier se feignant enragé, distribue coups de poing et coups de pied , à droite et à gauche :