‹ Description bibliographique et analyse d'un livre unique qui se trouve au Musée BritanniqueChapitre 14 sur 42 · LE TAVERNIER · texte numérisé non relu

LE TAVERNIER

Pour Dieu, tenez vostre mary, Puis qu’il est ainsi enragé.

La mort bien, je seray payé,

Ou je n’yray hors de céans.

Prestez vostre argent a telz gens, Qui n’ont pas vaillant ung festu.

Encore s’ay je esté battu ;

Qui pis vault j’ay esté trompé.

Adieu, Messieurs, je m’en voys.

O Deux gravures sur bois au titre. Quatre feuillets dont le dernier contient une autre gravure. Sans date, nom de ville, ni d’imprimeur. Cinquante-quatre lignes par page.

farce îo^cuôc très bonne et mrcatbc pour rire, bu ôaoetter : Ccôtaôeauotr 3lubm ôaoetter1 ^iubette sa femme et le Cure (*).

And in commence :

On m’a mis en mesnage,

On m’a mis en tourment ; Ma foy cest grant dommage Car j’estove bel enfant.

LA FEMME

Mon mary va tousjours chantant Et n’a soucy de prendre peine.

AüDIN.

Voulez vous dire qu’en mesnage Chascun preigne plus de peine, Et il faict ta fiebvre quartaine (2).

AUDETTE.

Qui te puisse saisir.

A toy n’a soûlas ne plaisir,

Nul esbatement quelconque,

Si a plus de sept sepmaines Que ne fistes cela.

AÜDIN.

Et par la vertu bieu, sy a,

(') Quatre feuillets. Gravure sur bois, à la (in du dernier. Quarante-sept ignés par page.

(2) L’expression de fiebvre , quartaine se trouve dans Rabelais.

Je vous le feys sept foys Sans desmonter.

AUDETTE.

Sainct Jehan ! s’a donc esté Du nez.

Après qu’ils se sont violemment querellés, le mari dit qu’il va crier des vieux souliers par la ville, et recommande à sa femme de bien garder la maison, sinon qu’il la battra. Pour plus de précaution, il l’enferme. Le curé qui est amoureux de la femme, saisit le moment que le mari est dehors, pour aller trouver Audette, qui lui apprend quelle ne peut lui ouvrir. Le curé veut enfoncer la porte.

LE CURÉ

Sang bien, je bouteray Ihuvs dedans.

AUDETTE.

À non ferez, je vous diray

Ung aultre point j'ay advisay

Comme vous en pourrez chevir.

LE CURÉ

Et comment ?

AUDETTE.

11 vous fault tenir premièrement, Et puis je vous feray entrer,

Et quant Andin viendra Je le mauldiray,

Puis il resj tondra et dira Le diable t’emporte.

Si tost que vous orrez ce mot,

Et tout incontinent me prenez, Comme diable tout enragez.

LE CURÉ

Il sera faict tout a cest heure.

AUDETTE.

Ne faictes pas longue demeure.

Le mari revient; sa femme l’injurie et même le frappe alors Andin s’écrie :

Je prie a Dieu que le grant dyable Te puisse emporter.

le curé, habillé en dyable.

Brou, brou, brou, lia, ha, brou, lia, lia !

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