TOUT MESNAGE
Bien tost seray hors de martyre,
Car la devant vov une fille Qui me semble belle et gentille Et cherche maistre, a mon advis.
Tout mesnaige prend à son service Besong.ne faicte, et lui donne ses ordres pour la journée, tandis qu’elle s’en va à la messe. La servante, en allant à la boucherie, rencontre le fol auquel elle demande un remède pour le mal qui la tourmente :
(') Trois petites gravures oblongues, sur bois, au titre. Quatre feuillets. Quarante-six lignes à la page.
Le mal d’amours si fort me blesse, Que je ne scay que j’en feray,
Et croy fermement qu’en mourray Se n’en suis bien tost assouvie.
LE FOL
11 vous fault de lhuyle de rains, Par ainsy vous serez guarie,
Et puis prendre la raverdie Avecques quelque verd gallant.
Revenue à la maison, Besongne faicte trouve que le mal qui la tourmente, la rend incapable de rien faire. Le Fol vient de nouveau lui donner des conseils qu elle déclare vouloir suivre.
Allons nous en, nous deulx ensemble
Devant que ma maitresse vienne.
LE FOL
Adieu, Messieurs, et vous souviengnc
De plusieurs chambrières folles.
Et prenez en gré nos parolles.
FINIS
Imprimé a Lyon. (Sans autre indication.)
Ce bebat ht la nourrice et bc la djambrtère. 51 trois pcrsonnaiijcs : Ccstaôsaooir la Nourrice , la (Cl)ambricrc et 3aS]amîCô (').
La chambrière se plaint de la légèreté de langue de la nourrice sur le compte des chambrières. Johannes écoute, une cornette de femme sur le visage, pour ne pas être reconnu, toutes les injures qu’elles se disent.
Je ne demande, par sainct George,
Aultre desduyt que les voir battre.
Il se déguise en sergent, et lorsque les deux femmes en viennent aux coups, il les arrête et veut les mener en prison. Mais elles tournent leur colère contre lui, le battent, lui arrachent son déguisement et le reconnaissent. Alors tous trois font la paix et boivent ensemble.
(') Deux gravures sur bois, à la fin de la pièce. Quatre feuillets. Sans indication. Soixante-neuf lignes à la page.
farce nouüdle bcs cljambcrtèreô qui Dont à la me 00e be cinq t)eure&, pour apoirbc Tcau bcniete.îl quatre personnages, (Eestassaocir: Domine 3 ol) année , troussetaqueue, iTa Nourrice et Saupicquet (' }.
Toute la pièce se compose d’un dialogue d abord entre deux domestiques qui vont à l’église, et racontent en chemin ce qui se passe chez leurs maîtres ; ensuite entre le curé et ces mêmes domestiques, qui se plaignent de ne pas recevoir assez d’eau bénite à leur gré. Ce dialogue est, d’un bout à l’autre, rempli de mots à double entente, et passablement libres, comme le lecteur pourra en juger par les extraits suivants :
SAUPICQUET.
Troussetaqueue, liastons nous vistes,
Si voulons estre a Tenue beniste De cinq heures, il nous fault partir.
TROUSSETAQUEUE.
Saupicquet, pour vous advertie En da je suis toute fresche.
SAUPICQUET.
Ma maistresse est femme de pied,
(') Deux gravures sur bois au titre. Quaire feuillets. Sans indication. Cinquale-six lignes à la page,
Et n’a garde de faire telz veux,
Elle en logeroit avant deux,
Que son logis ne fust fourny.
TROUSSETAQUEUE .
Si est mon maistre bien garny De vitailles pour un repas.
Il luy dit : viendrez vous pas Coucher tost en vostre lieu?
Nenny, j’av promis a Dieu À madame saincte Ny touche De ne coucher, mais bonne bouche, Jamais avec mon mary,
Les vendredis et samedv,
Se disoit ma maistressc ; adonc,
Dist mon maistre, je m en vois donc Coucher avec Troussetaqueue Nostre chambrière.
SAUPICQUET.
Si la queue Fust dressée, tu eusses je croy Esté bien fiere, mais par ta foy, L’eusses tu pas bien voulu ?
TROUSSETAQUEUE.
Pourquoy non, s’il fust venu ?
Oue mon maistre m’eust accollée,
J’estois maistressc.
SAUPICQUET.
A la voilée,
Se fait de bons marchez sans double.
Monsieur et madame j eseoute Aucunes fois quand sont couchez,
Ma maistressc dit : approchez,
Mon amy, et pour ce matin N’oubliez pas le picotin.
Et mon maistre répond toujours :
Mamye nous sommes en decours, Attendre fault la plaine lune Et le croissant.
LA NOURRISSE
Je suis venue assez a temps Pour aller ensemble a la messe De cinq heures.
DOMINE .JOHANNES
Asperges me, Domine, vsopo et lavabis me, Miserere mei Deus,
Approchez vous ; qui dit j’en vculx ?
Gloria patri : n'en vient il point?
TROUSSETAQUEUE.
Nous sommes venus bien a point
Pour l'eaue beniste recevoir ,
Des premières.
LA NOURRISSE
J'en veulx avoir,
Devant qu’il y ait plus grand foulle.
SAUPICQUET.
Vostre eauc beniste bien me coulle,
Domine Johannes, jettez fort.
DOMINE JOHANNES
Mesdames vous avez grand tort.
TROUSSETAQUEUE.
Tu lavabis me hardicment.
DOMINE JOHANNES
Attendez chascun en aura.
Mais je ne puis tout faire ensemble.
Asperges, je croy qu’il vous semble Que mon eaue fault; non fait jamais.
SAUPICQUET.
Encore Domine Johannes,
Asperges me hardiment et lavabis me.
TROUSSETAQUEUE.
Jettez plus fort.
Vostre asperges est par trop court.
DOMINE JOHANNES
Approchez vous près.
Mon coup ne s’estend pas si loing.
SAUPICQUET.
Par ma foy, je y mettray la main ,
Se ne faictes vostre devoir.
TROUSSETAQUEUE.
Geste folle veut tout avoir.
Sainct Jehan, j’en auray comme vous.
SAUPICQUET.
Au moins maniez le tout doulx ;
Vous y allez moult rudement.
Si vous rompez l’instrument De messire Jehan, quel dommage Se seroit.
LA NOURRISSE
Et si en auray je.
SAUPICQUET.
S’elle l’avoit en son benoistier,
Elle aymeroit plus cher mourir, Que l’oster, et y deust-il pourrir.
DOMINE JOHANNES
Par ma foy je ne scaurois Ainsi fournir a toutes trois ;
Plus n’ay d’eaue a mon benoistier.
Moralité nouoelle be© enfant© bc Maintenant qui ©ont be© e©eolter© be 3abien qui leur monstre a jouer aur carte© et aur beî, et entretenir Cumre, bont l’ung nient a tjonte, et be Ijonte abesespoir, et be be©e©poir au gibet be perbition. (Et l’aultre ©e eonoertiet a bien faire. €t e©t a treize personnage©. Ccstassanoir :
Ce fol.
Maintenant.
Mignotte.
l3ort abnis.
instruction.
iinet1 premier enfant.
Malbuict, ©econb enfant, discipline.
3abien.
Curure.
üjoute.
désespoir.
|Jerbhion ^‘).