MESTIER
Pour conclure nous avons pou d’acquest Qui des pieça nous a baille chagrin ;
Pas ne convient que face gros excès,
De mendions je vois prendre le train.
FINIS
Ca utc et l)g6ioirr bu numUmfo rtcl)c (‘). trehe pergonnatgee,
Cc6ta60üiioir :
Ce Ülftulüatô rtd)f.
Ca femme bu mattluaiô rid)c.
il* e Cabre.
Ce |j)rcsd)rur.
Srotemnut.
alripeî (Cuisinier.
Dieu le père.
ÎÜapl)ael.
71 bradant.
Cucifer.
ôatlgm.
Hal)ouart.
Tlgrappart ^ ').
Un sermon sert de prologue à la pièce. Le prêcheur y développe le sujet du mauvais riche, d’après l’évangile de St-Luc :
(•) U existe une moralité du Maulvais riche et du Ladre, à 12 personnaiges, in-4° gothique ; un exemplaire a été payé !,8G0 francs à la vente Keveil, par 31. de Soleinne; revendu 600 francs. On en connaît une autre édition in-10 goth. (vers 1550), et il en a été fait deux réimpressions, à Aix en 1825 et à Paris en 1855. Cette moralité augmentée, changée et portée à 18 personnages, a reparu à Paris et à Rouen ( voir le Manuel du Libraire, t. III, p. 455). Consulter aussi l 'Histoire dit Théâtre français, par les frères Parfait, t. III, p. 94-97.
(2) Douze feuillets. Gravure sur bois au titre. Quarante-six lignes à la page.
— us —
Homo quidem erat clives qui induebatur purpura , et epulabalur q uotidie splendide .
Mes chers gens, reste parolle Que nul ne doibt tenir pour folle,
Que jay cy devant proposée,
Dessus levangile est trouvée Ainsi que sainct Luc le tesmoigne,
Qui fut présent a la besongne,
Quant Jésus Christ nous enseigna Ceste parolle
Et tout cela verrez vous faire,
Mais qiril vous plaise de vous taire,
Sans faire noise ne content,
Aflin que cest esbatement Se puist parfaire et accomplir,
Ainsi que nous avons désir.
Priez pour moy je vous en prie ;
Dieu vous gard tous de villenie.
Commence qui doibt commencer.
Là dessus Trotemenu entre en scène, et se plaint de ce qu’il doit se lever si tôt, pour aller recevoir les ordres de son maître. Le mauvais riche lui dit qu’il veut vivre plantureusement et se vêtir de drap de pourpre et de soie, puis il lui donne l’ordre d’aller à la cuisine s’enquérir si le dîner est prêt.
Trotemenu part, et revient annoncer que son maître est servi. Le mauvais riche et sa femme se mettent à table. On frappe à la porte, et Trotemenu dit que c’est un pauvre :
Qui vient tous les jours a disner.
Le maître ordonne qu’on le chasse. Le ladre insiste et demande quelques miettes seulement. On lâche les chiens sur le pauvre, mais ils ne font que lui lécher les mains et les jambes.
Le maître s’irrite. Le pauvre invoque Dieu et le prie de le prendre en son paradis où l’orgueil et la dureté de cœur sont inconnus. Dieu a pitié de lui et ordonne à Abraham de l’cxauj cer ; mais auparavant il en voit Raphaël pour conforter le ladre. Satan aperçoit le messager ailé, et craint que l’âme de Lazare ne lui échappe. Il court réclamer sa proie, mais Raphaël le i chasse.
Alors Satan et son collègue Rahouart vont trouver le mauvais riche, assurés qu’ils sont que celui-la leur reviendra. Dans l'intervalle, Lucifer commande que Satan et Rahouart paraissent devant lui, et leur reproche d’avoir, par négligence, lai ssé échapper l’âme du Ladre, puis il les fait battre pour les punir.
Raphaël emmène cette âme à Dieu, qui veut qu’elle soit placée dans le sein d’ Abraham. Cependant le mauvais riche se sent mal, et demande qu’on le porte sur son lit. Il croit que c’est le ladre qui lui a apporté cette maladie. Sa femme demande qu’on aille voir s’il est parti, et Trotemenu vient annoncer qu’il est mort, et que son corps est étendu sur les degrés de la porte.
Le mauvais riche est de plus en plus malade :
Pas ne vivray jusqu'à demain,
La douleur me tient en la teste.
Lucifer ordonne à Satan d’aller s’emparer de lui. Celui-ci et Rahouart partent :
De ce crocq l’iray accrochant,
Puis sera mis en ceste hotte,
Lt affin qu’on ne le nous oste Nous le lirons estroictement.
Le mauvais riche meurt. Les deux démons apportent son âme à Lucifer qui dit :
Or ça, va tost sans faire domaine,
Mettre ceste ame en la chauldière Ou il n’a clarté ne lumière ;
Poncez de bien le tourmenter De ce ne vous vueillez lasser.
Le mauvais riche se lamente et implore Abraham qui lui explique que son repentir est inutile maintenant, et qu’il n’avait qu’à mieux observer les préceptes de Moïse et des prophètes, lorsqu'il était sur la terre. Abraham termine son allocution et Sa pièce, par ces vers :
Car par eulx pourront eonquester La joye qui ne peut frner.
Laquelle joye vous ottroyt.
Par qui tout scait et par tout voyt,
Qui vit et régné, rognera In seculorum seeuîa.