LE CUL
Et je y seray, vueillés ou non, Par droict civil ou droict canon.
Vous ne me scauriés débouter.
Par le Charbieu, je iray monter Par dessus, et tenir estatz Droictement en pontificatz, Comme l’ung des sens de nature.
l’homme.
Or en faietz a ton adventurc Je ne men mesle plus avant.
le cul.
Je vous deffie des ceste heure Et pour moy tenir au dessure ,
Ton chasteau je voys préparer ,
Et si très bien clorre et serrer ,
Que personne n’y entrera.
L’homme bientôt se plaint et se lamente. Les sens ont beau crier et tempêter, l’ennemi résiste. Enfin après avoir inutilement livré un assaut à la place, tous sont forcés de faire amende honorable, et de demander pardon à celui qu’il méprisait naguère.
L HOMME
On peult bien juger
Qu'il n'est roys, tlucz, comtes, empereurs, Marquis, ne chevaliers d’honneurs, Femme, ne homme, tant soit-il, nul Qu'ils ne soyent subjectz au cul,
Comme nous avons cy monstre ,
Et atant fin ; prenez en gré,
Car faict l’avons d’entente lye ,
Pour resjouyr la compaignye.
FINIS
Imprimé nouvellement à Lyon, à la maison de feu Barnabe Chaussard, près nostre Dame de Confort. L’an mil cinq cens quarante et cinq. Le ix jour de septembre (l).
(') La Moralité joyeuse du Ventre , des Jambes , du Cœur et du Chef ) dans le Recueil de Farces et Moralités, Paris, Techener, a plusieurs rapports avec celle-ci, et présente une conclusion analogue :
. . . . les membres divisés
D'avec le corps, sont rendus inutiles.
iTe bebat bu Corps et be l’3lme(I).
Cv commence le débat du corps et de rame.
Une grant vision Est en ce livre escripte.
Jadis fut révélée A Dom Philibert lhermite Qui fut si très preudhom Et de si grant mérite, Quoncques par luy ne fut Faulce parolle dicte.
Il estoit grant ail siccle,
De grant estraction,
Mais pour fuyr le monde Et sa déception,
A luy fut revelée La dicte vision ;
Tantost devint hermite En grand dévotion.
Par nuyt quant le corps dort,
Et Paine souvent veille,
Advint a ce preudhom Une très grand merveille,
Car il vit ung corps mort Murmurant a son oreille,
Et Pâme d’aultre part Qui du corps se merveille.
{ ) Huit feuillets. Sans aucune indication de lieu, ni de date. Quarante-six lignes à la page.
Suit une discussion dialoguée entre lame et le corps, dans laquelle l’acteur et les diables viennent quelquefois émettre leur opinion.
ifc Cljnmlter qui bonna m femme au bgabk. H biv peraonnaigea* Ccôtaôôauoir : îficu te |J ère. U astre Dame. (Gabriel. îtapljaël. £t (H!)eualtcr. 6a femme. escu^er. 3nll)enor, cseuuer.
JTe {Jipcur et ie Dgable (').
Le chevalier (2) se vante à sa femme de ses richesses et de son pouvoir. Elle lui donne des conseils de pitié et d’humilité. 11 lui impose silence. La femme se lamente de voir les prodigalités de son mari, adresse ses prières à la Vierge, et puis se rend à l’église.
Le chevalier est trompé par ses écuyers qui le volent, aidés d’un pipeur qui joue avec leur maître et lui gagne tout. Le chevalier se lamente, sa femme le console. Le diable intervient et le tente. Il résiste d’abord, mais enfin il signe le pacte que lui propose le démon, et dont une des clauses est que le chevalier livrera sa femme. Pour remplir cette clause, le chevalier conduit sa moitié au lieu indiqué par le diable. En route, elle s’arrête, dans une chapelle, pour prier.
La Vierge implore Dieu en faveur de la châtelaine, et elle va prendre sa place. La Vierge sort donc de la chapelle au, lieu de la femme du chevalier, et vient trouver ceiui-ei :