ÉLECTRICITÉ
qu'il sera tenu très-luisant pour empêcher le calorique de beaucoup rayonner dans la division qui a besoin d’une température moins élevée. Deux cuillères, l’une en argent et l’autre en bois, plongées aux trois-quarts et en même temps -dans la même eau bouillante, présentent une très-grande différence de conductibilité : la première sera trop chaude pour pouvoir la tenir, tandis que celle en bois sera à peine tiède. De cette conductibilité différente, peut se tirer un enseignement pratique pour la confection des bâches et des serres. Ainsi, le fer est meilleur conducteur du calorique que la pierre ou la brique ; le bois, au contraire, est le plus mauvais conducteur. Le fer, cependant, présente le grand avantage de l’économie et de la durée. De doubles parois en bois, à quelques centimètres d’écartement, dont l'intervalle est rempli de mousse, de sciure, ou même de poussière de charbon, conserveront beaucoup mieux la chaleur que des parois en pierre, briques ou fer. Les bâches en bois sont réellement les plus avantageuses pour l’horticulteur ou le maraicher, à moins qu'il n’entoure de fumier les bâches en fer.
On sait aussi que le moindre abri en paille, en toile, en feuilles sèches et en verre préserve souvent de la gelée des plantes un peu délicates (1).
HUITIÈME CHAPITRE
Électricité.
L'électricité est un fluide impondérable, invisible (extrêmement subtil), que nous développons par le frottement de plusieurs corps, qui acquiert ainsi la propriété d'attirer les uns et de repousser
(4) Nous n'avons pas à nous occuper dans ce moment du chauffage des bâcheset des serres, mais on trouvera dans le 4% volume de ma Flore des Jardins, les développements essentiels sur ces objets.
ÉLECTRICITÉ. 19 les autres. Malgré les magnifiques applications qu'on vient de faire de ce corps à la télégraphie, nous sommes bien loin d'en apprécier toute l'importance, non-seulement quant à l'industrie, mais encore sur la vie animale et végétale. Peu d'expériences très-concluantes ont été faites à cet égard, mais on est naturellement porté à croire que l'électricité joue, sur les êtres organisés surtout, un rôle aussi important que la lumière et le calorique.
Les métaux, la paille, l’eau etl'atmosphère humide sont de bons conducteurs d'électricité ; tandis que le verre, la soie, la résine et l’air sec la retiennent dans le corps qui en est chargé. Si l’on voulait chercher les effets de ce corps d’une subtilité incompréhensible, 1l faudrait avoir soin d'isoler la plante.
On sait, d’ailleurs, que dans des temps d'orage, avant même que l'éclat de la foudre se fasse entendre, et qu’une pluie, qui souvent tient en dissolution des matières fertilisantes, les jeunes branches des arbres prennent un accroissement très-rapide et visible, pour ainsi dire, car ces branches s’allongent parfois de 45 à 30 centimètres en quelques heures.
D’après quelques expériences, faites par M. BECKENSTEINER, de Lyon, des graines anciennes, humectées d’eau, placées pendant quelques heures dans un courant électrique, germent; tandis qu’une partie de ces mêmes graines non soumises à l'électricité, mais d’ailleurs dans toutes les mêmes circonstances, ne germent pas. Il serait très-important de répéter ces expériences, qui assureralient
la germination et permettraient souvent d'utiliser d'anciennes graines que l’on pourrait se procurer.