‹ Description culture et taille des muriersChapitre 16 sur 85 · CALORIQUE · texte numérisé non relu

CALORIQUE

très-vague, et ce n’est réellement qu’au moyen du thermomètre que l'on peut en apprécier la température. Tous les corps (inertes surtout) sont plus ou moins avides de calorique : ainsi du marbre, du bois et du Hiége placés pendant plusieurs heures dans un milieu (ou espace) également chauffé, produisent, sur la main qu'on y appliquera, une sensation de température bien différente, quoiqu'ils soient également chauds (thermométriquement). Cela vient de ce qu'ils sont plus ou moins avides de calorique, et qu'ils l'enlèvent plus ou moins rapidement aux corps plus chauds qu'eux, qui les environnent. Ce corps s'y trouve à l’élat latent (caché), et peut parfois devenir appréciable dans diverses combinaisons. Ainsi, de l'eau froide et de la chaux au même degré, en contact l’une à l'autre, ont trop de calorique pour la nouvelle union qui s'opère, et abandonnent la chaleur qu’elles ont en excès. De l’eau et de l'acide sulfurique, à température égale, mélangés, développent subitement une très-grande chaleur (80 à 90° centigrade). Au contraire de la glace à 0, sur laquelle on jette du chlorure de sodium (sel de cuisine), ilsse refroidissent subitement et gèlentles liquides que l'on met en contact avec eux. De la glace marquant 0 au thermomètre et de l’eau à 60 degrés, mélangées à poids égal, marquent encore 0, jusqu'à ce que la glace soit entièrement fondue. Ainsi, les 60 degrés de chaleur qu'avait l'eau ont été ramenés à l’état latent (caché) par la fusion de la glace.

Tous les corps peuvent donc contenir une certaine quantité de calorique, sans que nous puissions d’abord l’apprécier, et tous l'abandonnent plus ou moins rapidement, suivant qu'ils sont plus ou moins bons conducteurs de calorique. Si l'air est calme, les surfaces polies retiennent plus de chaleur que celles qui sont rudes, raboteuses ou mattes : ces corps présentant réellement plus de surface ; elles se refroidissent également, au contraire, si l'air est agité. On peut done faire des applications de ces faits dans nos appartements, dans nos serres : ainsi, si un tuyau métallique, supposé d'égale épaisseur dans toute sa longueur, doit chauffer deux locaux, et que l'on veuille surtout obtenir des températures inégales, il faut qu'il

soit raboteux dans celui que l'on veut tenir plus chaud, tandis

Page 1