‹ Description culture et taille des muriersChapitre 29 sur 85 · DEUXIÈME DIVISION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME DIVISION

Voyons d’abord les différences que présentent les corps organisés d'avec la classe de ceux dont nous avons esquissé les principaux caractères dans le milieu atmosphérique, aqueux et terrestre.

La’science qui s'occupe de la structure du globe sur lequel nous vivons, et des corps'dispersés sur sa surface, des phénomènes dont la plupart d’entr'eux sont le siége, des caractères propres à les disünguer les uns des autres et du rôle qu'ils jouent dans la création," est désignée sous le nom d'Histoire naturelle. Son domaine est immense, et son importance ne le cède pas à son étendue.

Quelques hommes , auxquels les sciences sont peu familières , n'y voient qu'un recueil de faits propres à piquer la curiosité, à exercer l'intelligence, ou bien ils la considèrent comme une étude aride de noms techniques et de classifications arbitraires. De pareilles assertions ne peuvent avoir leur source que dans l'ignorance; Car, celui qui a la moindre notion d'histoire naturelle ne peut se refuser à en reconnaitre l'utilité. Les beautés harmoniques de la création sont bien au-dessus de ces inventions de l’homme, et l'étude de la nature ramène sans cesse à de hautes méditations. La connaissance de nous-mêmes et des objets qui nous entourent n’est

PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES 1409 pas faite seulement pour satisfaire ce besoin de savoir, qui se développe toujours à mesure que l'intelligence grandit, elle est la base indispensable de bien d’autres études ; elle est éminemment propre à donner au jugement cette rectitude sans laquelle les qualités les plus brillantes perdent-leur valeur, et égarent plus souvent qu’elles ue conduisent à un but utile. L'histoire naturelle doit constituer un des éléments de tout système d'éducation, non pour faire de chaque jeune homme un naturaliste, car une science aussi vaste nécessiterait un temps dont toutes les études classiques ne permettent pas de disposer. Ce que tout homme doit savoir, ce n’est pas le caractère de chaque genre de plante, de chaque partie du corps de l'homme, ce serait s’assujettir à un travail qui ne laisserait aucune trace durable, ni utile ; mais ce qu’il importe de lui donner, ce sont des notons justes sur les grandes questions dont les sciences naturelles cherchent la solution : sur la constitution du globe et ses révolutions physiques; sur la nature des plantes et des animaux ; sur la manière dont s’exercent les fonctions de ces êtres, et sur les principales modifications qui se remarquent dans leur structure. Ce sont là des connaissances qui, une fois acquises, ne s'oublient guère , qui doivent servir de base aux études spéciales de quiconque veut devenir naturaliste, et qui suffisent aux hommes dont les occupations ne se lient pas d’une manière intime aux sciences : ce sont, par conséquent, des notions générales qu'on doit chercher à graver dans l'esprit des jeunes gens.

Jusqu'à présent, nous ne nous sommes occupé que des corps inertes, dont les parties constituantes ne sont soumises qu'aux lois de la physique et à celles de la chimie; nous avons actuellement à étudier une seconde branche, dans laquelle les lois de l'affinité sont singulièrement modifiées par l’action de la vie.

Lorsqu'un corps minéral se forme, il naît ordinairement de deux ou de plusieurs autres corps qui, par leur nature, différent essenliellement de la sienne, et qui se combinent en raison de leurs affinités chimiques. Un être vivant, au contraire, n’est jamais le produit de ces combinaisons spontanées ; il ne peut se former que

sous l'influence d’un corps vivant, semblable à lui et qui l'a précédé, et la force vitale se transmet par une succession non interrompue d'individus qui naissent les uns des autres et qui se ressemblent. Le chlorure de soude {sel commun) se formera toutes les fois que l'acide chlorhydrique rencontrera de l’oxide de soude ; ces substances n'auront nullement besoin d'un sel semblable préexistant pour former un autre corps. Une plante ou un animal, au contraire, n’est jamais créé ainsi ; il doit participer à la vie de parents qui l'ont nécessairement précédé. Les êtres doués de la vie ont besoin d’une impulsion étrangère. Les corps inertes paraissent dans un état de repos intérieur; leurs molécules constituantes sont en repos (apparent). Sile volume du corps augmente, c’est par d’autres corps semblables qui se superposent. Tout corps vivant est, au contraire, intérieurement en mouvement molécula#re, par suite duquel les particules dont il se compose se renouvellent incessamment. Toujours , il ajoute à sa propre substance des molécules nouvelles qu'il prend hors de lui. Cette espèce de tourbillon constitue le phénomène de la nutrition, et sa continuité est l’une des conditions de vie pour l'être organisé. C’est de ce mouvement moléculaire que dépend l'accroissement ou la diminution des êtres organisés. Quand ils diminuent, c’est parce que la quantité de matière expulsée excède celle des molécules nouvelles qui s’assimilent, et quand ils s’accroissent, c’est par intussusception (pénétration à l'intérieur) , et non par Juxta-position, comme dans les minéraux. Les matériaux, ajoutés à leur masse, ne s'appliquent pas à la surface de ceux qui les ont précédés, mais pénètrent dans la profondeur de leur substance, pour s'interposer entre les molécules déjà existantes, et ils remplacent celles que le travail nutritif rejette. Après avoir existé pendant un temps,dont la limi te extrème est jusqu’à un certain point déterminée pour chaque espèce , les corps vivants périssent, tandis que les corps bruts existent tant qu'une force étrangère ne vient pas les détruire. Leur durée n'a pas de limite, et ils ne portent en eux-mêmes aucun principe de destruction. Tout corps vivant est, en quelque sorte, prédestiné à

PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES. 114 acquérir une forme générale déterminée, qu'il n'offre pas lorsqu'il commence à exister, mais qu'il dévoloppe peu à peu. Cette forme n'a rien de la simplicité géométrique que nous offrent les minéraux. Chaque être vivant est assujetti à des limites qu'il ne peut guère franchir, et une force intérieure tend à déterminer son accroissement jusqu'à ce qu'il approche des limites, qui varient suivant les espèces. Pour les corps bruts, il en est tout autrement: leur masse n'a point de limites. Un marbre, par exemple, pourra exister également bien sous la forme d’un fragment microscopique ou sous celle d'une montagne. Une plante, un oiseau n'atteindront des dimensions déterminées et ne dépasseront jamais certaines limites que la nature à assignées à leur croissance. Un corps brut pourra être divisé mécaniquement sans que les portions, ainsi séparées, changent de nature et perdent leurs caractères ; les diverses parties d'une même masse ne sont point nécessairement liées. Chez les êtres organisés, au contraire, diverses partigs réunies par la nature constituent un ensemble nécessaire à l'existence de chacune d'elles, un tout distinct de ce qui l’environne, et qui ne peut être divisé au-delà d'un certain degré sans cesser d'exister. Les corps organisés sont nécessairement constitués par des parties solides et des parties liquides ; ces dernières sont en profusion dans tous les points de

leur masse, et les parties solides affectent la forme de lames minces, ou de filaments disposés de manière à circonscrire des cavités plus où moins rapprochées. Mais dans les minéraux, on ne voit jamais une organisation semblable. Ce monde de conformation est une condition d'existence pour tout être vivant. En effet, pour assurer à Ces corps une forme quelconque, il leur fallait des parties solides, soit pour faire pénétrer dans leur tissu des substances étrangères , soit pour entraîner au dehors les particules qui devraient en être éloignées. Il fallait aussi des fluides, car eux seuls offrent assez de mobilité dans leurs molécules pour se prêter 4 un pareil mouvement. Un corps brut peut être formé de molécules d’une substance simple (le fer et le soufre) , tandis qu'il n'en

est pas ainsi pour les êtres vivants, qui sont toujours d’une composition chimique fort compliquée.

Voyons actuellement comment les végétaux se distinguent des animaux. Dans le plus grand nombre de cas, cette distinction est facile ; il arrive cependant d'en rapporter quelques-uns à l’une ou à l’autre de ces grandes divisions. La plante n’a que des organes de putrion (racines, tiges, feuilles) et de reproduction (fleurs). Nous savons que chez les animaux la vie existe au moyen d'organes plus compliqués : outre ceux de nutrition et de reproduction , comme dans les plantes, ils ont encore des organes propres de circulation , de locomotion, de respiration et des organes sensitifs. Les animaux peuvent pourvoir à leurs besoins, sentir le plaisir et la douleur, changer de place en leur masse ou par quelques-unes de leurs parties sans cause extérieure ; les végétaux sont réduits à la vie organique probablement sans éprouver de sensations , seules dues à la présence des appareils nerveux.

Nous savons quels sontles caractères distinctifs entre les minéraux, les végétaux et les animaux, que l’étude des corps inertes se nomme Minéralogie , que celle des végétaux se nomme Botanique (ou Phytologie), et qu’enfin l'étude des animaux est désignée sous le titre de Zoologie. Nous n'avons donc plus, pour la partie qui nous est dévolue, qu'à nous occuper de botanique, en restreignant encore, le plus possible, cette partie à l'étude des Hüriers. Nous devons donc prendre une idée nette des organes des végétaux, et apprécier leurs fonctions. Le tableau ci-joint servira de cadre pour les développements que nous sommes dans la nécessité de donner, mais que nous abrégerons le plus possible.

HIT ONU SPACE SAS EU 4 e

L'ile

Cult: Mür. p. 143 (1865).

Exoderme, .

Mésoderme. Graine, Derme, Endoderme, dernier bourgeon Hile et micropile. La graine tenait au carpe par un funicule, ( cordon du romeau par Racine, ombilical) plus ou moins long. fleuraison Tige ; préalable. Embryon, Cotyles ; Albumen (souvent ):

Racine, =

axe descendant de la plante, servant à l'absorption de la sève.

Corps.

ColleL.

Ramifications»

Branches.

A feuilles.

Bourgeons (sans fleuraison préalable), 4 A fleurs. A feuilles et à fleurs.

Tige, Guticule et épiderme, lenticelles.

axe ascendant de | Ecorce. Enveloppe utriculaire. ‘ la plante por- Utricules et fibres. (= Liber.) > tane E AOAEUE Canal utriculaire (ou DA EAnÈE médullaire ), = ) Utricules centrales ou lé Î : 8.

Bois. TOIES dans Dicoty Couches ligneuses; Rayons utriculeux.

Feuille, organe ordinaire | Utricules (—cellules = | TEE :

Tissu utriculaire ou cellu- vert, servant | Pétiole. . laire des auteurs. ) essentiellement | L'me; lamelles, fibration. Lesvégétaux formésd'utricules à l'évaporation Stipules, stipelles. 17 seules sont dits utricalés de l'eau et au | Stomates (sur face inférieure ordinairement ). (Bryncées, Agarica- Méposement de céemjett:) formant les l'oxigène. organes Bractées et bractéoles.

ORGANES ee omposé Pédoncule et pédicelle.

composés SIMPLES { Onglet, E ï £ = . 8 des de | elles libres, unis ou adhérents; (unis, et alors tube et où Fe Sépales. Lame et lamelles, lames. ) végétaux, enr | Appendice (quelquefois ), ÉLÉMENTAINES. modification * du tels que : rameau et de Onglet, ; ; ja feuille rudi- | Pétales. Lame, libres, unis, et alors tube et lames, ou adhérents. | m es, ser- / (anpendice, 2 ) Fibrilies ET FIBRES ( — {| vant à la pro-\ Filet, | libres, unis ou bien adhérents. vaisseaux des auteurs ). ; | duction de la | Étamines. Anthère et quelquefois appendice, Sont toujours jointes par les graine ou de | Pollen, utricules, etles plantes sont |} l'œuf végétal. Carpe, libre, et alors nécessairement collamellaire, dites atriculo-fibrées). Style, ablamellaires. Bords porte-graine distants l'un de | pels: l’autre.

Stigmate, | unis, et alors ( cellamellaires. Bords porte-graine unis l'an à l'autre, Inuflorescence ES anlitetres 5 : e CA NET $ Air loieides Fleurs solitaires, en grappe simple ou composée, ou bien en cime, Fruit Un seul carpel, libre d'union et d'adhérence. (Pois, Froment.)

es nersetan. À Plusieurs carpels libres. ( Æncolie, ) pue DES | Plusieurs carpels unis. (T'ulipe, collamellaire, Frolette, blamellaire. } et essentierte- | Corpelsunisetadhérents/aux organes extérieurs, (Campannlacées. )

ment le carpe. Capilel=. Plusieurs carpels, appartenant à la même fleur, qu'ils sotent libres, unis ou adhérents.

} Droit.

Courbé.

Graine, Enveloppé par l'albumen. (/ernoncule.)

dernier terme de | Enveloppant l'albumen. (Myctage Belle-de-Nuit.) la fleur, consti- Plaqué sur l'albumen, (/roment.) tuant un .em- | Colle ( = Cotylédon), un ou plusieurs. bryon. — libreou rarement unis.

Racine au hile.

— à l'extrémité opposée au hile.

Sommet des cotyles et de la racine au hile.

Œnf végétal, dernier terme de la fleur, et la reproduisant sans embryon connu,

Tels que les Polypodineées , Bryacées, elc., qui ont'besoin d'une incubation préalable avant l'apparition même rudimentaire de l'embryon:

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