‹ Description culture et taille des muriersChapitre 32 sur 85 · UTRICULES · texte numérisé non relu

UTRICULES

d'autres fois elles semblent doublées par intervalles de petites bandelettes. Ces fils ou bandelettes décrivent en général une spirale à tours plus ou moins rapprochés. On s’est assuré que ces apparences diverses ne caractérisent pas constamment différentes espèces d’utricules, mais que la même peut offrir successivement des apparences variées, suivant l’époque à laquelle on l’examine. Ces recherches, faites par À. DE JUSSIEU, que ses amis regretteront longtemps, nous apprennent qu'au moment où nous commençons à apercevoir celte utricule, elle est sous la forme d’un petit suc formé par une membrane simple, dont la substance, d'abord molle et humide, se sèche insensiblement et durcit. Elle peut persister dans cet état, en changeant seulement de volume et de forme; mais d’autres fois, à une époque ultérieure, il s’en forme une seconde sur toute la surface interne. Cette nouvelle membrane ne paraît pas identique avec la première dans son mode de développement; car, au lieu de s'étendre et de doubler complètement cette première, elle se rompt en divers points. Dans ceux-ci, la première n’est pas doublée par la seconde. De là résulte cette inégalité d'épaisseur à divers endroits de la surface. Plus tard, on observe encore d’autres couches successives internes.

Les utricules paraissent remplies tantôt d'air, tantôt d’eau, le plus souvent d'un liquide déjà un peu élaboré et qui offre une certaine viscosité. On y trouve fréquemment de petits granules mobiles, opaques ou sans couleur, qui sont de nature amylacée et qui portent le nom de Fécule. Ces grains sont plus particulièrement contenus dans quelques parties du tissu utriculeux, comme dans les cotyles dits charnus surtout et dans l'albumen farineux des TRITICACÉES (Graminées). On trouve aussi dans les utricules de petits globules, le plus souvent appliqués contre les parois ; ils se colorent ordinairement en vert, lorsque la partie de la plante qui les porte estexposée à la lumière directe, et restent incolores lorsqu'elle en est privée. Ce sont eux qui donnent la teinte verte aux organes foliacés : les utricules qui les renferment étant transparentes. Ces globules, nommés Chromule ou Chlorophyle, paraissent être d’une nature résineuse ; ils changent de couleur en automne et passent quelquefois au rouge

UTRICULES. 117 où au jaune (vigne), tandis que très-jeunes ils étaient d’un jaune verdâtre. D’après DUTROCHET, ils s'encroûtent de matière ligneuse, et le bois perd successivement de sa première demi-transparence,

On rencontre assez souvent des cristallisations dans les cavités des utricules et dans les grands vides ow lacunes qu’elles laissent quelquefois entr'elles. Il s'y forme, pendant l'acte de la végétation, un certain nombre d'acides particuliers aux végétaux, comme l'acide oxalique, malique, etc., et la plante puise l'acide carbonique dans l’eau, ainsi que l'acide silicique. D'une autre part, le sol contient en solution des alcalis minéraux, tels que la chaux, la potasse etla soude, qui sont absorbés et circulent avec la sève. Ces diverses substances doivent souvent se rencontrer dans les nombreuses cavités de la plante, et si les corps qu’elles contiennent ont des degrés d’affinités convenables, ils pourront se cristalliser en sels, de nature et de forme diverses. Il semble, au premier coup-d'œil, que ce soit là une opération purement chimique qui a lieu dans les utricules , comme elle aurait lieu dans tout autre récipient où ces solutions se trouveraient ,en présence, el comme on observe des cristaux, d'autant plus multipliés que les utricules sont plus avancées en àge et que l'activité vitale est plus affaiblie, on est confirmé dans l'idée que leur formation est du domaine des forces inorganiques, et non de celles de la vie. Cependant, plusieurs considérations viennent à l'appui de l'opinion contraire, et surtout l'observation de M. PAYEN, que les cristaux ne se forment pas et ne flottent pas librement dans l'utricule, mais qu’il existe un appareil particulier qui les produit et les contient. Une utricule renferme un ou plusieurs cristaux ; leur volume permet quelquefois de déterminer leur forme, mais le plus souvent ils sont réunis en grande quantité, et leur petitesse rend leur détermination difficile. Hs affectent deux dispositions : ils sont parallèles ou rayonnants.

Le tissu utriculeux forme à lui seul le cylindre utricule du centre des tiges et des rameanx du Sureau noir, que l’on désigne sous le nom de Moelle, mais qui ne ressemble que par le nom à celle des animaux et à celle du Froment Pétanielle CTriticum turgidum

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et de bien d'autres plantes. Dans sa jeunesse, cette moelle est extrèmement tendre, succulente et verte; en un mot, elle est dans toute son activité vitale ; tandis que, plus tard, elle ne présente plus que des utricules sèches et dans lesquelles la sève passe à peine.

Cet organe élémentaire, ou simple, forme, par son énorme abondance, la presque totalité des portions charnues ou succulentes des Pêches, des Abricots, des Melons, des Pommes, des Poires, etc. C'était avec la partie utriculeuse du Souchet à Papier (Cyperus Papyrus), que les Égyptiens formaient leur papier. Ils enlevaient, de la partie utriculeuse de cette plante des marais, des lames trèsminces qui étaient placées bord à bord ou croisées, puis comprimées et enduites ensuite, afin d'empêcher l'encre de pénétrer et de s'étendre (boire). C'était ainsi que se faisait l’ancien Papyrus.

Un autre papier complètement utriculeux est préparé de nos jours aussi sous le nom de Papyrus. I est retiré par les Chinois d’une plante aquatique connue des botanistes sous le nom de Sesbanie des marais où Eschinomène des marais (Sesbania paludosa |. On enlève la partie verte qui entoure les utricules, et en coupe circulairement cette masse utriculeuse cylindrique, de manière à Jui donner les diminutions d’une feuille de papier à lettre. Ce papier, finement utriculeux, est d’un beau blanc, demi-transparent ; 1l sert aux Chinois à dessiner des oiseaux, des papillons, etc., et en Europe, où il nous arrive en assez grande quantité, à faire des pétales de Roses et de Camellius, qui sont d’une grande fraîcheur.

Les poils qui couvrent les graines du cotonnier, ainsi que de ceux des surfaces poilues des végétaux, ne sont formés que d’ütricules placées bout à bout. Leur forme et leur apparence sont très-diverses.

2° $. Niéats.

Nous avons vu que, dans le plus grand nombre des cas, les utricules sont adossées les unes contre les autres, et qu’entr’elles, il existe Loujours un intervalle plus ou moins distinét, qui donne passage à la sève où liquide nourrissier du végétal. Ce sont ces

MÉATS. 119 intervalles qui ont recu le nom de Méats {Ils sont grands dans les cas où les utricules sont plus ou moins à sphériques et surtout peu nombreuses, À plus petits dans le cas où elles sont M hexagones, octogones ou cubiques.Mais A ces méats existent (toujours, c'est par d eux que circule essentiellement la sève.

À Les flèches qui sont représentées dans lcette fig. 3, y sont placées pour indi- À quer la circulation du liquide séveux.

me 2 D'après ce qui vient d'être dit sur Fig. 3. | ces utricules, et sur les vides qui existent toujours entr'elles, on comprend que pendant la vitalité de ja plante, elles sont toujours plus où moins humectées par la sève. DurrocHET a désigné sous le nom d'Endosmose (prononcez Indosmose), l'introduction du liquide dans ces utricules, et sous le nom d'Exosmose, sa sortie.

En prenant une vessie, en la remplissant à moitié de lait ou d'eau gommée, elle est ensuite liée et plongée dans de l'eau; celle-ci s'introduit à travers les parois de cette vessie par endosmose ; l'inverse a lieu si le liquide le plus dense (le plus consistant) est hors de la vessie, c'est alors par exosmose qu'il en sort. Il en arrive autant pour les utricules microscopiques des plantes : si l'eau monte en quantité entre les intervalles des utricules où méats, celles-ci se gonflent, et les organes composés qui les forment se tendent, prennent de la fermeté ; si, au contraire, l’évaporation des feuilles et des partiés vertes est grande, la partie la plus liquide sort des utricules, alimente l'évaporation et les organes sont flasques.

Nous compléterons à l'article Feuille cette partie de la nutrition.

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