‹ Description culture et taille des muriersChapitre 36 sur 85 · FIBRILLES ET FIBRES · texte numérisé non relu

FIBRILLES ET FIBRES

composés de plantes, où elles se trouvent plus ou moins parallélement entr'elles ; leurs extrémités amincies sont engagées entre les extrémités d’autres fibrilles. Leurs parois sont généralement assez épaisses, plus fermes que celles des utricules. Elles paraissent membraneuses et formées d'une seule lame, mais on croit qu'elles s'appliquent successivement de nouvelles couches intérieures , comme on l’a observé dans les utricules ; de sorte que l'axe, creux d’abord, se rétrécit de plus en plus, de manière à les faire paraître pleines et solides. Ce tissu se présente alors sous une apparence compacte, dans laquelle les parties pleines l'emportent de beaucoup sur celles qui sont vides. Les méats ou vides que laissent les fibrilles entr'elles sont extrêmement étroits.

D’après ADR. DE JUSSIEU, si l'on examine une plante (au microscope) peu de jours après sa naissance, on n’y trouve aucune trace de fibrilles , et c’est plus tard encore que les parois perdent leur homogénéité et s’allongent. ‘

Ces fibrilles (vaisseaux des auteurs) présentent un certain nombre de modifications que nous ne suivrons pas dans ce travail, car il ne pourrait être utile dans le but pratique que nous nous sommes proposé. Cependant, nous devons ajouter que quelques-unes de Z ces fibrilles renferment des espèces despirales qui, quand la paroi se rompt, se détendent brusquement: c’est ce que les observateurs ont nommé des trachées. D’autres fois, ces prétendus vaisseaux paraissent rayés, annelés et ponctués.

Nous verrons par la suite, entraitant de la Sève élaborée, qu'un ordre de fibrilles contient des sucs imitant souvent du lait (Euphorbes et Chélidoine) : c'est ce que les botanistes nomment laticifères.

Nous avons vu qu'on nommeFébres des fibrilles unies entr'elles

FIBRILLES ET FIBRES 125 par un tissu utriculeux fin. Ces organes, plus solides, plus tenaces, constituent les parties les plus dures du végétal. D'abord trèsdélicates , insensiblement les matières salines, charboneuses , s'accumulent, et quelques-unes des parties qu'elles constituent offrent une solidité souvent très-grande. Ainsi, le Chanvre et le Lin, plongés dans l'eau ou déposés sur des prés humectés, montrent des parties bien différentes les unes des autres. Celles qui sont plus délicates et plus tendres se séparent d'autres qui sont plus dures. D'abord , l'écorce quitte Le bois, qui est composé d’un tissu plus solide. Par le rouissage, les fibres fines, mais trèsrésistantes de l'écorce, ne se trouvant plus liées ensemble par les utricules, beaucoup plus faciles à se décomposer, se séparent les unes des autres ; on les peigne, et elles forment notre filasse de Chanvre et de Lin. (Voir l’article Ecorce.)

Les fibres forment, en général, la partie solide des plantes; elles affermissent les tiges et leurs ramifications, de manière à résister plus facilement à l’action du vent et au choc des corps étrangers. Elles facilitent l'élévation des plantes, le développement des bourgeons, celui des feuilles, et concourent à la santé des plantes et à leur multiplication.

Quelques auteurs ont cherché à se rendre compte de l'union des utricules, des fibres et des fibrilles : suivant les uns, elles sont d'abord presque fluides, se rencontrent et s’agglutinent ; d’autres ont pensé qu'elles épanchent une matière collante qui les unit. Des membranes aussi minces, aussi perméables, laissent transuder des liquides plus ou moins collants, qui doivent se renouveler continuellement par endosmose et exosmose, et que cette matière doit être cause de l'union de ces organes.

C'est à ce petit nombre d'organes élémentaires que se bornent ceux qui sont très-saisissables à La seule vue. Nous allons les voir constituer les racines, les tiges etleurs ramifications, former l'écorce, le bois et les feuilles, ainsi que tous les organes floraux.

Mais, auparavant, cherchons à comprendre les fonetions des

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