FIBRILLES ET FIBRES
utricules , des fibrilles et des fibres. L'eau et les substances gazeuses salines qu'elle contient en dissolution constituent la sève. Elle est absorbée par les tissus délicats et utriculés qui se forment incessamment à l'extrémité de chaque ramification de racine. Elle parcourt les méats ou vides inter-utriculaires ou interfibrilleux, et en outre les traverse par endosmose, et parcourt ainsi tout le végétal en s'évaporant, en partie , lorsqu'elle trouve des organes verts. Après avoir subi dans tout ce trajet de nombreuses modifications, soit en dissolvant les substances qui ont commencé à s'organiser, soit après avoir subi de nouveaux changements par l’action de la lumière , par la décomposition de l'acide carbonique dont le carbone se fixe , tandis que l’oxigène se dégage dans l'air, la sève prend bientôt une plus grande consistance : elle s’est organisée et elle a nourri les nouveaux organes qui se sont formés. Cette sève, épaissie, redescend plus particulièrement par l'écorce d'utricule en utricule, et entr’elles, probablement pendant la nuit, temps pendant lequel l'ascension de la sève aqueuse est lente ; cette sève élaborée va alimenter essentiellement les racines. (Voir à l'article Nutrition pour plus de développements.)
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DEUXIÈME SECTION
Les organes élémentaires que nous avons dû d’abord étudier forment, en s’arrangeant diversement, des organes très-visibles : les organes composés. Leur ensemble constitue la plante.
La première période de l'existence d’une plante se passe dans le fruit qui la précède. Elle tient encore à l'être auquel elle ressemblera : cet être rudimentaire est l'embryon; son premier principe est l’utricule. Quelques autres organes semblables viennent se grouper autour d'elle sans annoncer encore une forme bien déterminée, et l'embryon apparaît graduellement. La petite racine se forme, le ou les cotyles naissent de dessus un petit corps opposé à la racine : c’est la tige.
À côté du cotyle unique dans les Monoeotylés (fig. 9), ou entre les deux cotyles des Dicotylés (fig. 10), qui sont toujours opposés (en vis-à-vis), se trouvent parfois des feuilles rudimentaires. Ainsi, les trois appareils d'organes réellement fondamentaux du végétal existent déjà à la maturité de sa graine : la racine, la tige et les feuilles (1). La racine est déjà bien distincte; mais la tige et
(4) Ces trois organes se trouvent toujours enveloppés dans une membrane particulière ou derme que nous étudierons plus loin.
les premières feuilles ou cotylés sont très-souvent alors confondues. Ces organes aériens constituent le premier bourgeon de la plante (Gemmule des botanistes). La racine descend perpendiculairement dans la terre et se ramifie diversement; la tige s’allonge plus ou moins dans l'air; simple d’abord {le plus souvent) , elle porte des feuilles; de l’aisselle de chaque feuille naït un bourgeon qui se développe aussitôt dans la plupart des plantes herbacées qui, au contraire, semble rester stationnaire, pendant l'hiver, dans les arbres. Enfin, après avoir produit des ramifications successives, un ou quelques bourgeons , au lieu de continuer à produire autant de branches, sont transformés en autant de fleurs.
Voici d’abord, en attendant plus de développement, quelques exemples de ces embryons soumis à la germination :
Germination d’une monocotylée, présentant inférieurement la racine couverte de ses fines ramifications nommées chevelu; à gauche, est le cotyle, qui part d'une tige extrèmement courte, cachée par la base du cotyle ; et enfin, en haut et à droite, une jeune feuille qui part un peu audessus du cotyle, qu'on regarde ordinairement comme la première feuille de la plante.
Embryon droit dans un grand albumen charnu :
racine vers le hile et à la partie pointue laquelle tenait au funicule. Autour de l’albumen est le derme.
Embryon courbé dépourvu de son derme, (peau), et dont la racine correspond à deux des bords des cotyles. — Voir aussi pl. 1, fig. 7, 8, 9 et 10, pour l'embryon des Müriers.
— Coupe transversale du même embryon, privé également de son derme.
Germination de deux dicotylés. Les cotyles sont obovales dans la fioure de droite, et presque circulaires dans celle de gauche; et sur la tige, manifestement allongée, au-dessus
N de la naissance des cotyles, sont
des feuilles composées.
Voir, en outre, la graine et l'embryon du Mürier, pl. 1, fig. de 7a41.
PREMIER CHAPITRE
Graine.
La graine est vraiment le premier bourgeon dû à une fleur qui l'a précédée. On a toujours voulu établir des rapprochements entre les animaux et les plantes, on a dit que la graine était l'œuf végétal. Nous, au contraire, nous trouvons entre ces deux corps des différences majeures : dans l'œuf, nous ne voyons aucune trace d'organe qui rappelle l'animal ; dans la graine, les organes sont sensiblement distincts et reconnaissables.
-Cet état primaire de l'être nous présente dans les végétaux deux états bien distincts, qui nous permeltent d'établir deux grandes divisions : les SEMINIPARES, qui produisent des graines (que l’on a déja nommé aussi Phanérogames), et d'autres OVIPARES, qu'on à nommé aussi Cryptogames. Ces dénominations sont plus directe- æ meni appliquées aux végétaux. On nomme VIviPARES, les animaux qui viennent au monde avec tous leurs organes, el OYIPARES, ceux qui n'y sont déposés qu'à l’état d'œuf, lequel a besoin pour se développer du concours des grands agents atmosphériques : l'air, la chaleur et l’eau.
Nous étudierons particulièrement la graine après la fleuraison, contentons-nous de quelques points principaux qui la caractérisent. Depuis le moment où elle apparaît à peine dans le fruit, jusqu'à sa maturité, elle est fixée dans la cavité de ce fruit, au moyen d’une espèce de petite corde que l’onnomme fænmieule, par laquelle elle reçoit sa nourriture, jusqu'à ce qu’elle puisse se suffire à elle-même, et souvent alors elle s'en détache. Isolée de toute autre partie qui lui est essentiellement étrangère, elle offre à son extérieur une peau plus ou moins dure, qui l’isole pendant plus ou moins de temps, c’est son derme (pl. 1, fig. 6 et 7). Sur un des points de sa surface, on observe une cicatrice où aboutissait la petite corde ou funicule, par où entrait sa nourriture : c’est le Bille (pl. 1. fig. 7, en haut à gauche).
GRAINE. 191 Plus tard, nous étudierons en détail ce derme ou peau de graine. Qu'il nous suffise pour le moment de savoir que toute la surface du derme peut être pénétrée par l’eau, excepté par son hile ou cicatrice. Ce derme est formé de trois membranes : à l'extérieur l'exoderme, au-dessous est le mésoderme et intérieurement se trouve l’endoderme. Mais, dans beaucoup de cas, ces trois membranes sont tellement unies les unes aux autres qu'on ne peut les distinguer que difficilement.
Sous cette peau, ou pour parler plus exactement, dans ce sac clos, se trouve l'Embryæn, constitué par la racine, la tige, le ou Les cotyles. Dans ce même sac se trouve parfois un Corps, pour ainsi dire surnuméraire, l'allbuamen (pl. 1, fig. 8-10 et fig. 40 du texte). Cette graine, isolée du fruit, tombe sur laterre. Sielle est en contact avec l'air, humidité et la chaleur, elle germe. Si au contraire, ces trois agents de la vie n'existent pas autour d'elle ou que l'un d’entr’eux manque; elle peut se sécher ou se décomposer.
Les graines varient beaucoup de forme, de volume et de surface ; nous ne pouvons nous en occuper ici avec beaucoup de développements, cependant nous devons présenter quelques-uns des points principaux.
La oraine (isolée de toute partie qui lui est étrangère) présente une enveloppe qui la protége pendant un certain temps : c'est son derme (pl. 1, fig. 7). Cette partie, dans quelques graines un peu volumineuses, est formée de trois membranes très-distinctes : dans celle de la courge (Cucurbita maxima), Yextérieure porte le nom d'exoderme (peau extérieure aussi désignée sous le nom de teste), dessous est le mésoderme (peau du milieu de l'épaisseur), endoderme (peau intérieure), lequel est en contact avec l'embryon (s'il n’est pas lui-même enveloppé par l’albumen). (Voir aussi fig. 40 de la gravure page 174.)
L'embryon est droit dans les Amandes, sa racine occupe une extrémité, et le sommet des cotyles l’autre, sans aucune courbure. Dans les Pois, les Haricots et les Mâriers, il est courbé. (PI. 7, fig. 8,9, 10 et fig. 14 dans le texte, p. 129).
Nous avons vu (pag. 3) que le milieu atmosphérique est formé d'azote, d’oxigène, de vapeur d’eau, de quelques millièmes d’acide carbonique, de parcelles d’ammoniaque et diode, et qu'il est traversé par la lumière, la chaleur et l'électricité. L'action de plusieurs de ces corps sur la graine est bien connue. On sait que l'eau, tenant en solution de l'air, pénètre le-derme ; elle arrive dans l'embryon, l'oxigène se combine avec l'excès de carbone de la graine et forme de l'acide carbonique ; mais comme la combinaison de ces deux corps ne peut se faire sans développement de chaleur, la température environnante s'élève, l'embryon se gonfle, il rompt son enveloppe, la racine paraït, et, comme sa dernière extrémité s'allonge, de nouvelles uiricules incessamment formées absorbent de l’eau et les corps qu'elle tient en solution, la plante continue son développement; la petite tige s’allonge de son côté dans toute sa longueur, et alors le ou les cotyles sortent de terre (Haricot et Mürier), ou bien elle ne s’allonge qu'au-dessus des cotyles qui restent en terre { Pois et Fèves).
Mais souvent les graines ne se détachent pas dans l'intérieur du fruit et tombent avec lui, s’il ne s’en trouve qu’une {dans ce fruit), alors, presque toujours, on nomme graine ce qu'on devrait nommer fruit. Beaucoup de plantes sont dans ce cas : ce que nous nommons graine dans le froment est véritablement le fruit. Après l'avoir écrasé, on en sépare les diverses parties : le grand albumen, à la base duquel est plaqué le petit embryon, est écrasé et réduit en farine, tout ce qui ne peut passer par le blutoir est le son. Mais ce son offre deux apparences très-différentes : l’un est en petites plaques minces, et garnies à leur face interne de débris de l’albumen (farineux), c’est là le derme ; c’est absolument le même organe que la pellicule comme faïencée du Haricot; l'autre, en plaques plus larges et plus épaisses, lisses à leur face interne, est le gros son, ou botaniquement parlant le carpe (le même organe que la cosse ou gousse du haricot). En nous occupant de la graine de Mürier, nous trouvons aussi ces deux enveloppes ; mais encore moins faciles à voir dans ce Mürier que dans le Froment. Dans les fruits à noyau qui, le plus souvent,
GRAINE. 133 n'ont qu'une graine, ce n’est pas tout le carpe (ou enveloppe de Ja graine) qui persiste, mais seulement l'endocarpe ou l'enveloppe la plus intérieure du carpe ou noyau. Dans les Pomacées, la complication est encore bien plus grande.
Iest bien prouvé actuellement que si l’un des trois puissants agents de la nature mañque, la germination n'a pas lieu. Ainsi, on a soin de sécher lentement les graines, et une fois dans cet état, plusieurs se conservent (dans leur vie léthargique ou latente) un certain nombre d'années; ou bien, si elles sont placées profondément dans le sol, hors du contact de l'air ou de l’eau, elles restent encore dans cet état léthargique ; mais si l’on vient à retourner cette terre, et qu'elles soient S6umises à l'action de ces trois corps, on voit apparaître une abondante végétation, qui était inconnue jusqu'alors dans ce lieu.
Il est des graines (en prenant toutefois ce mot d’une manière très-générale), qui perdent très-vite leur faculté germinatrice : les Chênes sont dans ce cas. Ceux d'Amérique, dont les glards (qui sont ici de véritables fruits), nous sont envoyés dans des caisses mélangés (par couches) avec de la terre un peu humide ; ils germent pendant le trajet et nous les plantons en les déballant. Si on les avait envoyés comme notre froment, en sacs ou en caisses, ils ne germeraient pas. Il en est de même pour nos glands d'Europe : s'ils tombent de nos arbres, ils sont couverts naturellement de feuilles humectées, en contact avec l'air et la chaleur ; nous les trouvons germés au printemps. Si les glands avaient été conservés dans nos habitations comme la majorité de nos graines, ils n'auraient pas germé au printemps, malgré que nous les eussions convenablement placés pour faire développer leur embryon.
D'autres graines, au contraire, présentent de longues années de longévité léthargique. Nous ne devons que constater ces faits, sans avoir, dans le but essentiel que nous avons à poursuivre, à citer de nombreux exemples. x
Mais, ce que nous devons répéter ici, c’est qu'il faut queles graines mürissent lentement, et qu’elles se sèchent graduellement. Une fois
bien sèches, elles doivent êtres conservées dans un vase dont l'air ne serenouvelle que difficilement. En les semant, on doit les recouvrir d'une petite quantité de terre fine et légère, oubien d’un peu de terreau ou de sable. Si elles sont grosses, elles peuvent être placées à 6 ou 8 centimètres de profondeur ; il faut les préserver d’une trop grande humidité, de trop de chaleur et surteut de là gelée.
Quant à celles du Mürier (ou réellement aux fruits du Mürier, car on sème ses carpes ou fruits du botaniste, voir cet article plus loin), on peut les mettre en terre aussitôt après leur récolte, même entourées de leur partie succulente si l’on veut (il est cependant préférable de les en priver). On peut aussi les garder jusqu’au printemps suivant. J'en ai vu qui ont gerniéraprès deux ans de conservation.
Si on doit les conserver pour ne les semer que l'année suivante, on peut faire sécher un peu les fruits, afin de laisser la graine compléter sa maturité, puis les laver en les frottant. On fait écouler l'eau, on les passe dans une seconde, puis on les met sécher sur du papier à l'ombre, au grand air. Après plusieurs jours de parfaite dessication, on les conserve.
On pourrait bien faire le semis des fruits immédiatement après leur récolte, mais comme plusieurs graines de Müûriers se trouvent dans un même épi, les plants qui en naîtraient seraient trop rapprochés et se gèneraient pendant leur développement.
Si la terre ou le terreau dans lequel on a fait le semis est suffisamment humecté, on se dispense de l'arroser, ce que l’on doit cependant faire quand on voit que le sol se dessèche trop. Si la terre dans laquelle on a semé est extrêmement légère, on la tasse au moyen d’une planche trouée au milieu à laquelle on adapte un manche. G
L'humidité, unie à la substance farineuse de embryon et de l’albumen du Mûrier et parfois à quelques principes huileux, devient émulsive et est utilisée par la jeune plante, La fonction du derme est d'isoler l'embryon des agents atmosphériques trop actifs sur lui, s’il était à nu, et en outre de lui transmeitre graduellement le liquide
RACINE. 135 nécessaire. On a pu faire germér des graines que l’on avait privées du sommet de la racine rudimentaire et du sommet des cotyles ; mais un cotyle entier ou des portions un peu considérables enlevées empêchent la jeune plante de se développer, ou bien souvent elle meurt bientôt après.
Huit à trente jours après, si Ja température e et les arrosements ont été convenables,on voit appar aître une tige blanche, très-tendre, du volume d'un fil et terminée par deux petils cotyles obovales, entiers, opposés, verts (que l’on prendrait véritablement pour les premières feuilles) (pl. +, fig. 44). Alors on doit avoir grand soin de la préserver des limaces surtout, qui leur font de grands ravages de nuit où de grand matin. On entoure ordinairement le semis d'un bourrelet de sciure de bois, qui se colle à ces petits mollusques sans coquille, ce qui les empêche d'aller plus loin. Mais un meilleur moyen est de disperser, sur le sol qui porte le jeune plant, du coak en poudre grossière au moyen d’un tamis. Ces mollusques sont blessés par les petites pointes de cette espèce de sable et ils ne passent pas plus loin.
Cette substance, conseillée par B4RiLLET-DEscHAwPs, a le grand avantage, sur la sciure, de rester toujours granuleuse ; tandis que la sciure mouillée se couvre bientôt d’une couche comme glaireuse, ga ne blesse plus ces animaux dévastateurs. Ce moyen, bien Boile
a appliquer, doit être employé sur tous les semis.
DEUXIÈME CHAPITRE
Racine, PI. I, fig. 11 et 12.
La racine est l'organe ordinairement souterrain, qui tient à la base de la tige, croît constamment de haut en bas par ses extrémilés libres, dont les angles, formés par ses ramifications , sont toujours en haut. Elle ne verdit pas à l'air, et si elle vit plusieurs années, elle s'organise à la manière des tiges des Dicotylées, dans
cette grande classe que nous étudierons bientôt. Les utricules terminales augmentent incessamment ; elles sont essentiellement perméables, étant d'abord d’une délicatesse de tissu extrême et, pour ainsi dire, aqueuses. Alors, elles s'insinuent entre les moindres molécules terreuses et les plus étroites fissures des rochers. Avec l’âge, ces racines acquièrent des fibrilles qui s’engagent entre les utricules et forment bientôt, par leur nombre, des fibres. Leur volume augmente aussi par l'accumulation graduelle des substances solides qu'y laisse la sève, dont nous verrons qu'une grande quantité s’évapore par les feuilles. Nous avons déjà ditque c’est par les dernières extrémités de ces racines, continuellement jeunes , nouvelles et très hygroscopiques, qu'elles absorbent les plus grandes proportions des substances nutritives dont la plante a besoin.
On nomme collet le point de jonction entre la base de la tige et celle de la racine. Ce point n’est souvent très-manifeste que pendant les premiers jours du développement de la jeune plante ; plus tard, dans les arbres surtout, il est impossible de distinguer la place qu'il occupait.
La seconde partie de la racine est ce que l’on nomme le corps, qui, le plus souvent, se divise et forme ses ramifications.
Peu après la germination, les jeunes ramifications sont couvertes d'un fin duvet, et bientôt elles en développent des nombreuses, qu'on nomme le chevelu.
La racine et la tige, dans tous les cas, ne peuvent se confondre : la première a ses angles de ramifications en haut et les tiges en bas, et la seconde porte seule les feuilles. La figure ci-contre, appartenant à une dicotylée, offre des racines au-dessus d’une courte tige, d'où partent les,cotyles ; vers le sommet de cette AN tige sont deux feuilles alternes et composées.
Fig. 13:
Celte figure, au contraire, représente une PA germination de MONOCOTYLÉE, dont les racines, M couvertes de poils absorbants, sortent d'autant : de gaines. Une ligne transversale indique le À] collet de la plante; au-dessus de ce point part la première feuille, et derrière est la partie féculente du grain du blé.
Toutes les racines ne naissent pas de l'embryon: il s’en développe.aussi souvent sur les parties aériennes de la plante, principalement sur les tiges et sur leurs ramifications ; on les nomme surnuméraires (ou adventives). Nous verrons à l’article Bouturage et Marcotte qu'elles jouent alors un rôle non moins important que les racines embryonnaires.
Les racines absorbent essentiellement, par leur dernière extrémité, les liquides qui les entourent, et cela sans pouvoir faire un choix. C’est ordinairement (comme nous l'avons souvent dit) de l'eau qui contient en dissolution des gaz, des matières salines et des débris organiques également dissous. Les corps pulvérulents, tels fins qu'ils puissent être, n’y pénètrent jamais. À peine y voit-on quelques matières colorantes s’y introduire.
Si le liquide qui entoure les racines est trop épais, l'absorption ne peut plus avoir lieu, le végétal languit et meurt si de l’eau ne vient s’y ajouter. Les jardiniers disent alors que la plante a été brûlée.
La plante peut être empoisonnée par les substances vénéneuses (pour elle) que l’eau contiendrait.
Les racines ne paraissent pas seulement destinées à l'absorption ; elles exsudent, probablement pendant la nuit, des liquides qui,
déposés graduellement dans le sol, seront plus ou moins favorables aux plantes qu'on y placera immédiatement après elles, mais qui sont souvent nuisibles à elles-mêmes. On sait que les FABACÉES
(ou Légumineuses), telles queles Pois, Lupins, Fèves, Vesces, ete., déposent dans la terre une matière favorable aux TRITICACÉES (ou Graminées) ; on sait, contrairement aussi, que les PAPAVÉRACÉES laissent dans le sol un principe nuisible aux plantes qui leur suecèdent immédiatement. Cette terre n’est point épuisée par la culture des Pavois, d'autres végétaux peuvent y vivre; mais ce sol est imprégné pour un an ou deux de substances nuisibles, qu'on n'a encore pu apprécier chimiquement , et qui sont détruites par le lavage causé par les pluies et par la décomposition : c'est ce que l'on nomme un terrain effrité (mais non épuisé).
On confond souvent les tiges souterraines avec les racines : ainsi, ce que l’on nomme des racines de Chiendent, de Fougère, de Réglisse, les Pommes de terre même, sont de véritables tiges, allongées et enflées. Ces mêmes parties de plantes, nommées incorrectement racines, ont leurs véritablesracines. Les Ognons el les Jacinthes sont des bourgeons souterrains vivaces et nullement des racines. Ces deux dernières plantes ont leur véritable tige souterraine, qui porte les feuilles et les fleurs, et donne naissance annuellement aux vraies racines.
TROISIÈME CHAPITRE
La tige est la partie de la plante qui porte les feuilles , les fleurs et les fruits. Elle s’allonge seulement, chaque année, par une partie nouvellement ajoutée à la précédente, qui ne grandit plus; les marques faites à distances égales s’écartent d'autant plus pendant celte nouvelle végétation, qu'on examine les rameaux nouveaux vers leur sommet, tandis que tout ce qui était formé les années précédentes n’augmente plus qu'en diamètre. On sait que sur ce développement de l'année apparaissent les feuilles, et à l'aisselle de chacune un bourgeon.
Lorsque l'embryon commence à apparaître ; sa tige est, comme
toutes les autres parties, entièrement formée de tissus utriculeux ;
peu après, quelques fibrilles se groupent en plusieurs faisceaux
cireulairement disposés, et à leur centre se trouve le tissu utriculeux seul (ou moelle).
Voici comment sont placés les organes constitutifs, la première année de l'existence d’une tige (qui surtout deviendra ligneuse) :
En dehors,
y -.. 6si la première couche d'écorce.
y Ensuite la première année de la couche j ... ligneuse avec ses prolongements utriculeux Xe rayonnants.
... Tout le reste est le tissu utriculeux central (ou moelle).
Cette figure est considérablement grossie.
L'organisation que présente ce dessin est celle d’un végétal DICOTYLÉ, grande division à laquelle appartiennent les Müriers, qui doivent nous occuper spécialement. |
Les faisceaux fibreux sont séparés les uns des
Fig. 15. autres par des bandes d’un autre tissu utricu-
leux, beaucoup plus fin et plus dur. Ces rayons servent à établir, depuis le issu utriculeux central, les communications latérales et radiaires, jusque et y compris l'écorce. °
Nous avons vu que ces rayons primaires s'étendent du tissu utriculeux central jusqu'à l'écorce, et à travers elle-même, mais ensuite 1l s’en forme souvent de nouveaux qui prennent naissance aux nouvelles couches fibreuses annuaires. Nous verrons quelques lignes au-dessous la suite de cette modification ligneuse.
Celle des Monocotylées est toute différente.
D'abord, ce que l’on considère comme l'écorce n'est qu'un tissu utriculeux, peu garni de fibres, qui n’augmente pas en volume chaque année. L'intérieur présente des fibres spiralées dont la
disposition est très-difficile à comprendre. Elles sont dispersées dans une grande masse de tissus utriculeux.
Un grand nombre de ces fibres réunies se dirigent horizontalement pour aller former une feuille qui, tôt ou tard, se désarticule de cette espèce d’écorce. A l'extrémité de chacune de ces fibres se trouve une légère tuméfaction, dont part supérieurement
une fibre semblable à la précédente, qui se
A \ courbe en un tour plus ou moins complet de spire, 3 AU
É | et qui, jointe à d’autres également disposées, vont #! donner naissance à une autre feuille. La base de chacune de ces fibres donne aussi naissance à un AA filament descendant, qui ressemble à une pelite Jracine, etse perd dans le tissu utriculeux où
re NE) ere NY # Fe
NN
toutes les fibres ascendantes ou descendantes
A sont comme noyées. Au lieu de trouver au centre 1 de ces tiges de MONOCOTYLÉE une agglomération de fibres compactes, c’est, au contraire, circulai- À rement qu'elles sont comme chassées.
1 Ces recherches sont dues à M. HEYLAND, dessinateur-botaniste genevois.
. Ja figure 46, beaucoup moins grossie, présente l’arrangement transversal d’une même tige.
LOF Er
L'organisation dieotylée que nous avons commencé à exposer est celle de toutes les plantes ligneuses de France. On voit se former, entre l'écorce et le bois, deux zûnes ou couches nouvelles : l’une corticale, qui s'applique à la face interne de l'écorce
TIGE. 141 précédemment formée et augmente son épaisseur sans indiquer le plus souvent de point de contact; l'autre qui s'applique sur la face extérieure du bois (de la première année). Elle est plus particulièrement formée de fibres et présente à sa face interne une très-légère et compacte couche utriculeuse qui, dans beaucoup d'espèces d'arbres, indiquent les limites et les couches ligneuses de chaque année. Quand aux couches d'écorce, elles sont à peine visibles ; | elles sont organisées comme il vient d'être dit, excepté que chacune d'elles n’a pas la cuticule que porte seule la première. Les couches ligneuses et corticales continuent ainsi chaque année à se former, et chacune d’elles est beaucoup plus longue que celle qui a précédé. On doit se figurer comme deux sériesde cônes très-prolongés, pleins dans leur partie supérieure, creux dans l'inférieure, qui s'emboîtent chaque année entre le bois et l'écorce de l'année précédente, et qui augmentent annuellement l'épaisseur du tronc et de ses ramifications. |
Ces couches ligneuses varient beaucoup d'épaisseur, suivant que l'année a été plus ou moins favorable à la végétation, ou que les racines plongent dans un sol meilleur ou plus mauvais, perméable ou non à l'humidité et à l'air. L
L'écorce est d’abord très-lisse dans beaucoup d'arbres, mais elle devient bientôt rugueuse dans le Mûrier, sa cuticule et quelques couches d'utricules (épiderme) sousjacentes se déchirant. Cette rugosité est encore augmentée par les lenticelles nombreuses qui se sont.élargies, ce qui donne un aspect roussâtre et comme subéreux aux Müûriers. Avec le temps, ces rugosités deviennent graduellement plus profondes, et après 15 à 20 ans, elles se confondent avec de nombreuses et profondes crevasses.
D'ailleurs, dans la plupart des arbres, les couchés ligneuses les plus internes prennent souventune texture plus ferme, plus colorée : c'est ce que l’on nomme bois parfait (cœur du bois), c’est celui dans lequel les fluides circulent peu, et quoique sa solidification continue, elle est lente. Les couches les plus extérieures, ou aubier,