‹ Description culture et taille des muriersChapitre 60 sur 85 · MURIER NOIR · texte numérisé non relu

MURIER NOIR

FEUILLES en cœur, courtes et très-larges, fortement fibrées, dernières ramifications des fibres accusées par un point au milieu de presque toutes les mailles du réseau , profondément échancrées à leur base, épaisses et très-rudes à leur surface supérieure surtout, soit par les poils courts et raides qui les couvrent, soit par les petites bullations qu'elles présentent, bordées de larges dents obtuses , inégales , plus rarement lobées que dans le Murier blanc. Pétiole court, cylindrique , à peine creusé d’un léger sillon en dessus; stipules très-grandes, lancéolées, à dorsale trèsmarquée.

FLEURS disposées en gros épis laineux d’abord, à sépales larges, obtus, laineux, surtout au sommet.

FLEURS CARPELLÉES nombreuses, serrées; séigmates trèsgrands, partant immédiatement de dessus le carpe, et couverts sur toute leur surface de papilles très-marquées.

ÉPIS DE FRUITS très-gros, luisants, d’un noir violet et d’une grande succulence.

Ce grand et bel arbre paraît être aussi originaire de la Perse et de la Chine. On en trouve encore quelques-uns dans les cours de plusieurs constructions rurales ; il est peu cultivé pour la nourriture du ver-à-soie, qui mange sa feuille, mais que l’on accuse de produire une soie plus grosse que celle obtenue par le Mürier blanc. Il paraît qu’anciennement le Mürier noir était assez souvent cultivé, car OLIVIER DE SERRE (sous Henri IV) disait : Si vous avez des Müriers noirs, conservez-les; mais si vous en plantez de nouveaux, faites choix du blanc. Il trouvait aussi, que le Mürier noir poussait trois fois moins vite que le blanc, et que la soie que produisait le noir était plus grosse. On sait que le choix de la variété du Mürier blanc influe aussi sur la finesse de ce fil précieux, que le Mürier multicaule le produit plus fin que les autres. D'ailleurs, le Märier noir pousse moins vigoureusement et donnerait probablement une trop petite quantité de feuilles.

Les fruits de ce Mûrier sont employés pour la confection du Sirop de Müres ; ils sont aussi très-recherchés par la volaille.

229 MURIER NOIR DENTÉ.

Cette espèce, étant peu cultivée, ne présente que peu de variétés. Cependant, dans la jeunesse de l'arbre , il produit souvent des feuilles profondément lobées, mais toujours bien différentes de celles du Mürier blanc. D'ailleurs, son bel embranchement et son large feuillage devraient le faire entrer dans nos jardins paysagers.

M. HEDDE pense que le Märier noir a été porté d’Espagne à Sainte-Croix-de-Ténériffe, lors des premiers temps de la colonisation , et des îles du cap Vert au cap de Bonne-Espérance.

Cette espèce devient toujours plus rare dans nos cultures. Il y a un demi-siècle , on en trouvait de très-grands et très-volumineux individus dans des cours de maisons de campagne. On en rencontre encore quelques-uns dans les Cevennes. Le Bombix du Mürier mange très-bien sa feuille, quoique très-dure. On assure que le ver-à-sole qui s'en nourrit produit une soie plus grosse, moins souple , et conséquemment moins recherchée. Son emploi serait, par suite de cela, plus restreint. Ce Mürier, parfaitement distinet, comme espèce, des nombreuses variétés du Würier blanc, se feuillant un peu plus tard que ce dernier, serait moins sujet à la gelée ; mais il offrirait peut-être l'inconvénient de pousser moins vigoureusement dans sa jeunesse, et d’être plus long à fournir une nourriture abondante. D'un autre côté, ses feuilles, dures, rudes et épaisses se conserveraient plus facilement après avoir été cueillies.

Les fruits du Mürier noir sont très-recherchés par la volaille, mais n'ayant pas été semé dans beaucoup de climats et de terrains divers, il n’a pu présenter que très-peu de modifications ou

de variétés.

Ses fruits servent aussi à faire le sirop de Müres des pharmacies.

Var. 4. Muürier noir denté (Morus nigra dentata).

Dexrs des feuilles larges à leur base, mais non lobées. Cette forme est la plus fréquente.

MURÎER NOIR LOBÉ. — MURIER ROUGE. 223

Var. 2. Murier noir lobé (Morus nigra lobula).

FEUILLES plus ou moins profondément lobées eten outre dentées, surtout dans les jeunes branches qui partent au niveau de Ja terre.

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