‹ Description culture et taille des muriersChapitre 83 sur 85 · CO LS · texte numérisé non relu

CO LS

Piléthore des Müriers,

Nous avons déja signalé à l’article Taille les engorgements séveux que présentent souvent les Müûriers du Midi de la France, dont on coupe chaque année les branches, après en avoir récolté les feuilles. On taille les branches de l’année si courtes que, par l'abondance de sève, des rudiments de bourgeons se développent aussitôt. Malgré cette utilisation trop partielle de la sève, qui reste quelque temps sans s’élaborer, les tissus ligneux s’engorgent et le liquide se fait jour par quelques-unes des plaies. D'un autre côté, si cet écoulement ne peut s'établir naturellement, l'écorce se soulève et les feuilles jaunissent ; elles tombent avant le temps, si l'on ‘ne remédie pas à cet engorgement général , en faisant une profonde incision longitudinale à l'écorce. (Voir l’article Taille, p- 297.)

Si d’ailleurs l'arbre ne reprenait pas de la vigueur peu de temps après, il faudrait voir si le mal ne viendrait pas des racines.

Carie du Murier.

Nos Müriers greffés ne sont pas encore assez anciens pour présenter des plaies profondes de pourriture dans leur tronc ; mais le mal se prépare, et les grandes et nombreuses entailles que nous faisons à de grosses branches, qui ne peuvent être recouvertes assez vite par l'écorce pour que le bois mis à nu ne se décompose pas graduellement. C'est ce que les tailles inconsidérées que nous faisons subir à nos Müriers amèneront nécessairement.

En traitant l’arbre dès sa jeunesse par la taille en vert, ou autrement dit en coupant les branches qui ont à peine une année d'existence après la 3° de la base, on évitera ces grandes blessures.

D'ailleurs , s’il fallait couvrir des plaies qui ne.pourraient se cicatriser facilement, on devrait avoir recours ou à la cire à greffer, ou à l’onguent de Saint-Fiacre, ou bien, si les blessures, les caries ou

les déchirures étaient très-grandes et très-profondes, on devrait les maçonner avec du plâtre, des briques, des pierres, et recouvrir le tout de craie délayée dans l'eau et teintée en gris ou couleur bois. Ces derniers pansements sont un peu grossiers, mais ils intercepteront au moins le passage de l’eau, et le tronc se décomposera moins vite.

Hanneton commun (Melolontha vulgaris).

Le Mûrier n’a jamais été attaqué dans ses feuilles par l'état parfait du Hanneton; mais sa larve y fait de grands ravages sous terre ; elle ronge dans les pépinières l'écorce de ses racines et détruit souvent des plantations presque entières.

Aussitôt qu'on aperçoit les feuilles de cet arbre se faner, il faut creuser autour des racines, et très-souvent on y trouve la larve du Hanneton qu'on nomme vulgairement ver blanc ou turc. Il faut la détruire le plus possible.

Si l’on a aperçu cette larve dans le terrain que l’on voudrait planter en Mürier, il faut, en même temps qu'on sème ou qu'on plante ces arbres, y disséminer des Laitues, qu’elles recherchent. Si l’on voit quelques-unes de ces plantes se faner subitement, on peut être bien sûr que leur mort n’est due qu'à la présence souterraine de cet insecte, et des recherches attentives en feront sûrement découvrir.

Rhizoetonie? du Mürier (Rhizoctonia? Mori).

Je n'ai pas eu l’occasion de voir, depuis quelques années, une matière pulvérulente blanche qui s’observe parfois sur les racines des Müûriers, laquelle présente des rapports avec la Rhizoctonie de la Luzerne, ce qui est un point à étudier. Quand on voit les feuilles de cet arbre se faner tout-à-coup , on doit en découvrir les

racines; si elles sont comme couvertes de craie , 1l faut aussitot avoir soin de détruire complètement les racines, même l'arbre, en creusant promptement, afin d'empêcher le mal de se propager sur les racines voisines. On doit, en conséquence , les suivre avec la plus grande attention, et ne pas replanter de Müûriers dans ce lieu avant qu'il se soit écoulé un nombre d’années assez grand pour présumer qu'il n’en reste plus dans le sol. Il serait convenable de mélanger la terre avec une certaine proportion Ge chaux vive dans l'endroit où ont poussé les racines du Müûrier, que l’on doit détruire de suite en les brûlant.

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