LE 14 JUIN
PAR l’ordre du roi CHARLES X '
SOUS LE COMMANDEMENT DU GÉNÉRAL DE BOURMONT l’armée FRANÇAISE VINT ARBORER SES DRAPEAUX RENDRE LA LIBERTÉ AUX MERS DONNER L’ALGÉRIE A LA FRANCE
Dans les premiers jours de janvier 1846, Mgr Dupuch, premier Evêque d’Alger, a découvert sur un lieu élevé, au bord de la mer, où étaient les ruines curieuses d’une église chrétienne détruite par les Vandales et par les flots, la massue, hérissée de pointes de fer, instrument du supplice de Saint Januarius et le vas sanguinis de ce martyr, sacrifié vers l’an 410, ainsi que le témoignait une inscription fruste en mosaïque, placée sur ces restes qu’avait recueillis la pieuse dame Sabine, en cet endroit. Mgr Dupuch a cru y retrouver les Casæ favenses du sommaire n" 138 de Morcelli.
. Population, 31 Français, 10 Etrangers.
3° STAOUELl, est une plaine de 48 kilom. carrés, solitude couverte de broussailles que la culture élague et repousse
chaque jour* liacliée de ravins, refuge des sangliers et rendez* vous des chasseurs, qui y trouvent du gibier en grande quantité. C’est là que les Français, après lenr débarquement, livrèrent la bataille qui leur a ‘ouvert la conquête de l’Algérie. Une croix de fer sur un socle de pierre, indique ce lieu mémorable. Les RR. PP. Trappistes ont obtenu, par arrêté ministériel du 11 juillet 1843, d’élever, sur une concession de 1,020 hectares,' un monastère de leur Ordre, dont l’Evéque d’Alger a posé la première pierre, le 14 septembre delà même année, sur un lit de boulets ramassés a l’endroit môme qui fut le théâtre du combat. La consécration de l’édifice, qui fut érigé en abbaye, a eu lieu le 30 août 1845. L’oued Bridja à l’E., l’oued Boukara a l’O , étaient les limites de la concession, qui a été agrandie
Le bâtiment principal du monastère forme un rectangle de 48 mètres de longueur sur 12 mètres de hauteur. La cour intérieure est occupée par un jardin entouré d’un cloître à deux rangs d’arcades au rez-de-chaussée et au premier étage. La chapelle occupe toute une aile. La cuisine et le réfectoire sont au rez-de-chaussée; les dortoirs et l’inlirmerie au premier étage. Les murs sont couverts d’inscriptions qui r ippellent le néant et les misères de la vie, entre autres : S’il est triste de vivre à la Tra'^pe, qu'il est doux d'y mourir ! — et d’écritaux qui indiquent à chaque Religieux les corvées du cloître et les travaux extérieurs de la saison.
A gauche de l’abbaye est la ferme, grande enceinte de 60 mètres carrés, formée par les écuries et les hangars de l’exploitation agricole. — A droite sont les ateliers et autres dépendances, forge, serrurerie, charronage, menuiserie, boulangerie, buanderie, laiterie, basse-cour. Le cimetière est aussi de ce côté. En avant est un autre corps de logis, dont l’entrée est formellement interdite aux femmes. Là les voyageurs reçoivent gratuitement l’hospitalité pendant trois jours. — Quant'’ on en a franchi la porte, on aperçoit en avant de l’abbaye, un bouquet de palmiers qui ombrage une statue de la Sainte Vierge dont le nom, sous le titre de i^lotre Dame de Staouéti, est le vocable de la maison. Le mur de clôture haut de 2 mètres et demi renferme 50 hectares, le verger, les vignes, l’orangerie. Les eaux ont été recueillies et desservent toutes les parties du monastère; dirigées sur un aqueduc de 11 mètres de hauteur, elles viennent faire mouvoir deux moulins, et alimentent encore les fontaines du nouveau village. En dehors de la clôture, 400 hectares sont défrichés. Le miel, le lait, le beurre y sont excellents, la viande est succulente, ün compte 108 Religieux, dont 22 Pères de chœur. Ün employé 20 ouvriers civils, et tous ceux qui, sans ouvrage, viennent" y travailler pour le vivre et le couvert.
Une hôtellerie louée à un restaurateur, vend à manger aux pèlerins. La route d’Alger a Koléa i)asse devant la porte de l’abbaye.
üa décret impérial du 24 mars 1855, a décidé la création, à 18 kilom. d’Alger et à 2 kilom. N. de la Trappe, entre le couvent et la presqu’île, d’un centre de population. Les Ponts-et- Ghaussées ont amené les eaux de Toned Boukara par un barrage de retenue, au-dessous du moulin des Trappistes, qui les conduit dans une construction en forme de marabout, d’où elles sont réparties en une fontaine qui débite 100 mètres cubes d’eau en 24 heures, et en un canal d’irrigation qui reçoit 500 mètres cubes, durant le même temps. Un abreuvoir et un lavoir, complètent les travaux qui concernent les eaux. 597 arbres d’essences forestières ont été plantés sur la place et dans les rues du village. Population, 242 Français, 90 Etrangers. A 6 kilom. de la Trappe, on quitte la route de koléa pour prendre, un chemin de 3 kilom. qui conduit à Sidi-Ferruch. Une inscription placée sur une petite pyramide, à la rencontre des deux routes, indique au voyageur le chemin à prendre.
4“ ZERADLA, situé à 4 kilom. de la mer, sur la rive droite du Mazafran, au N. d’un cours d’eau et à 12 kilom. IN.-E. de Koléa, — à 26 kilom. d’Alger, a été créé par arrêté du 5 septembre 1844. Une conduite en maçonnerie, de 1,400 mètres, amène l’eau jusqu’au milieu du village où s’élève une église. 11 y a aussi une école de garçons. Un puits circulaire de 20 m. de profondeur, donne encore une eau excellente. Un pont met Zeradla en communication avec Douaouda et Koléa. L’Empereur se dirigeant vers cette ville, a traversé Zéradla le 6 mai 1865. Les habitants au milieu de fortes broussailles, existent de leur industrie de bûcheron, et sont au nombre de 174 Français et 72 Etrangers. Ils ont presqu’entiêrement défriché les teVrains qui leur ont été concédés. Il y a 356 Arabes.