COMMUNE DE DELY-IBRAHIM
Dely-Ibraliini est assis sur un plateau élevé de 200 à 275 mètres au-dessus de la mer, dont les brises le rafraîchissent constamment, à 11 kilom. S.-O. d’Alger, à 39 kilom. de Blida.
Dely- Ibrahim était un avant-poste surveillant la plaine de Staouéli et de Sidi-Khalef. En 1832, des émigrants alsaciens, réunis au Havre pour se rendre
en Amérique, furent amenés en Algérie et concoururent aux premiers essais de colonisation, que le duc de RoTigo tenta à Kouba et à Dely-Ibrahim. La commune y a été instituée par le décret impérial du 31 décembre 1856.
Dely-Ibrahim compte 135 Français, 154 Etrangers. Plusieurs d’entre eux étant protestants, ils ont un pasteur de leur culte, un temple et une école. Les Catholiques ont un curé qui dessert une jolie église dont le clocher est orné d’une horloge retentissante. Il y a une école mixte. 121 Arabes sont aux environs.
Le Bassin de la Chasse, distant de 1,600 mètres, un autre à 850 mètres du village, un troisième plus rapproché (250 mètres), qui fournit 4,000 litres en 24 heures, et enfin une fontaine entourée de 40 platanes, sur la place, abreuvent suffisamment Dely-ïbrahim , que des sources soigneusement recueillies viennent mettre enfin à l’abri des inquiétudes de la sécheresse. On voit un buste en bronze du Maréchal Pelissier. Des cultures en céréales, en tabacs, en fourrages, et de remarquables vignobles, dont les vins sont estimés, se montrent aux alentours et principalement dans une grande ferme, parfaitement entretenue, qui dépend de l’Orphelinat fondé en ce quartier par le consistoire protestant d’Alger, où sont 71 élèves.
Les sections communales de Dely-Ibrahim sont :
1° DRARIA, fondé par décret du 10 janvier 1842; 11 est situé à 14 kilom. S. d’Alger, à 205 mètres d’altitude. De belles maisons de campagne décorent le paysage. Un mur d’enceinte, que vient baigner l’oued Kerma, donne au village la forme d’un
carré long, qui se termine en pointe vers le S. La fontaine, ombragée de saules-plenreurs, et le lavoir public, occupent cette saillie. Des bâtiments communaux, une école, une jolie église offrent depuis longtemps, l’apparence de la France dans ce joli endroit, où les cultures des céréales, du tabac, du colon, de la vigne, et l’exploitation de six carrières de pierres, d’une qualité fort estimée, ont fixé 180 Français, 240 Etrangers, 377 Arabes. Dans cet ensemble, doit être comprise la population de Kadous, qui est annexé à Draria.
Kadous, à 9 kilom d’Alger, créé par arrêté du 22 avril 1835, est un hameau de quelques fermes et de jolies propriétés particulières, élevées sur un terrain excellent où, du temps des Maures, on construisait une sorte de poterie pour les conduits et canaux (Kadous), dont le nom est resté à la localité.
2° EL-ACHOUR, situé à 2 kilom. de Dely-lbrahim, sur le versant d’une colline, à gauche de la route d’Alger à Douéra, à moitié chemin de l’un à l’autre de ces deux points, est fertile en fourrages. Les sources de l’oued Kerma y prennent naissance et alimentent une jolie fontaine. Il y a un lavoir, de nombreuses et belles plantations publiques. — Eglise, presbytère, école, — un moulin. Ce village a été créé par arrêté du 20 avril 1842. Sa population est de 151 Français, 58 Etrangers.'
3“ ÜULED FAYET, ancien avant-poste, actuellement un des plus jolis séjours du Sahel, un des plus fertiles eu cultures maraiclières, et où les bestiaux sont élevés avec le plus de bonheur. Ce village a été créé par arrêté du 2 décembre 1842. C’est un losange dont l’Haoucli Deschiaoud forme l’angle N., situé à 16 kilom. S.-O. d’Alger, à 3 kilom. de Dely-lbrahim et à 1,220 mètres de la route de Douéra. 11 est assis sur une éminence, à 249 mètres au-dessus de la mer, pourvu d’eau, entouré d’un ravin, et voisin de quelques palmiers. De ces crêtes, la vue s’étend sur Cliéraga, la plage et Dély- Ibrahim. On y trouve tous les bâtiments communaux. La population est de 186 Français, 42 Etrangers, 24 Musulmans.
COMMUNE DE DOUERA.
Douera est situé sur le Saltel, à 180 mètres au-dessus du niveau de la mer, par 0^37’ de longitude O., et
36«40 de latitude N., à 23 kil. d’Alger, à 13 kil. de Boufarik, à 27 kil. de Blida.
Le pays est fort accidenté , il y a peu d’arbres. De vastes pâturages, de belles cultures, d’autant plus difficilement obtenues que l’eau est moins abondante dans la localité, entourent la ville, dont le périmètre affecte la figure d'un carré long.
Douéra n’était qu’une agglomération de gourbis au milieu d’une petite propriété, lorsque les Français, se dirigeant sur Blida, y passèrent dès 1830. On s’occupa, en 1835, d'y établir un poste pour surveiller la plaine de la Métidja. Le 21 décembre 1842, un arrêté fixa la délimitation de son territoire. La municipalité y fut constituée en 1850. La'secousse du tremblement de terre du 2 janvier 1867 à fortement ébranlé beaucoup de maisons.
Il existe une Justice de paix et une lieutenance de gendarmerie. La religion catholique a un curé et un vicaire, et le culte protestant, un pasteur. La population est de 1026 français, 229 étrangers, 11 juifs, 320 musulmans. Le pénitencier militaire enferme 600 sujets.
Les rues sont régulières, mais encore à l’état d’ébauche en plusieurs endroits, quelques unes ont été empierrées. La plus belle est la nue d’Alger, traversant toute la ville en ligne droite et bordée d’arbres. Des jardins sont enclos dans le corps même de la ville, qui est toute de construction européenne. L’église est bâtie sur une élévation ; on y parvient par un large escalier. Elle est de bon goût et surmontée d’un haut clocher,
avec horloge. Le temple protestant est une construction bien située, auprès d’une fontaine abondante. Il y a d'autres fontaines à la porte d’Alger, à la porte de Blida; celle de la place du Marché est alimentée au moyen d’une pompe puissante. Elles débitent 15 m. cubes d’eau par 24 heures, dans les plus fortes chaleurs. La place de l’ancien marché, où l’on parvient par des marches, et celle du camp, sont les espaces les plus 'développés de cette petite localité.
Dans l’ancien camp se trouvent quelques constructions où des prisonniers sont retenus, et où l’on entrepose quelque matériel appartenant au service de la Guerre.
Un fort bel hôpital est le plus important établissement de la ville. 11 comprend un hospice pour les vieillards et incurables. Un abattoir, simple baraque en planches, est établi hors de l’enceinte II existe deux écoles primaires pour les garçons : une pour les Catholiques, l’autre pour les Protestants. Une école communale pour les jeunes filles, qui reçoit en pension, et une salle d’asile , sont tenues par des Religieuses. Un marché est abondamment pourvu tous les malins. Un Comice agricole dit du Sahel , se réunit chaque mois.
Il y a une Société de secours mutuels. L'industrie particulière consiste en céréales, bétail, tabac; — crin végétal; — moulin à vent. Le principal et le meilleur hôtel est celui dit du Sahel, rue d’Alger. C’est là que s’arrêtent et se croisent les diligences. Là aussi est un café. On trouve à louer des voitures et des chevaux. Les.
environs ne présentent que des coteaux et des ravins.
Les routes qui viennent aboutir à Douéra sont celles d'Alger à Blida, celle d’Alger par Crescia, et celle de Sain te- Amélie , avec embranchement sur Saint-Ferdinand. '
La route de Cherchel, par le pied du Sahel et aboutissant à Koléa, est jalonnée de belles fermes dont les terrains sont en pleine culture et donnent de belles récoltes.
Les sections communales de Douéra sont :
l® BABA-HASSEN, situé à 5 kil. N. de Douéra, à Î75 mètres d’altitude, est un joli village, ])resqu’entièreraent conquis sur les broussailles et les palmiers-nains, riche en tabac, oliviers, vignes et cotons, ün y remarque des cultures de nopal (opuntia coccinîUiferaJ . Il y a trois fontaines d’une eau excellente, un abreuvoir et un lavoir. — Po|ulaîion, 166 Français, 49 Etrangers, 19 Musulmans.
2“ GRESGlA, à 4 kil. E. de Douéra, village qui a été créé par arrêté du 5 juillet 1843, sur remplacement de l’ancien haouch Ben Kadéri , où l’on avait établi un poste de surveillance dont les constructions importantes ont été concédées aux colons. Il y a une chapelle. Ce village est répandu sur les altitudes de 169, 206, 208, 211 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les broussailles y font place, chaque jour, à des cultures fructueuses. Le canton jouit d’une grande fertilité.
Population, 174 Français, 59 Etrangers, 275 Musulmans.
3“ MAHELMA, à 9 kilom. 0. de Douéra, sur une altitude de 200 mètres. G’est l’ancien poste des Zouaves au temps des Turcs.
Les troupes que la France entretient sous le même nom, ont été longtemps cantonnées sur ce point. Une pyramide, que ces militaires ont élevée au-dessus d’une fontaine et qu’ils ont décorée d’un écusson portant un coq gaulois et d’une inscription, conserve le souvenir de leur séjour et de leurs travaux dans cet endroit. 11 y a là un mamelon, assiette de l’ancien camp dominant un ravin qui va à la Métidja et un autre à Staouéli ; il commande aussi la magnifique vallée du Massafran, coulant à ro. Le village a été bâti, en six mois, par les soldats disciplinaires, et fut peuplé, en partie, de colons militaires. 11 y a sur la place une fontaine recouverte d’un dôme. Un bois de
trembles sert de promenade publique. Maison commune, chapelle, école mixte. Le foin, le tabac et la vigne y prospèrent. Le défrichement est difficile sur ce sol couvert de palmiersnains, dont les habitants obtiennent beaucoup de crin végétal.
Population; 271 Français, 28 Etrangers, 239 Musulmans.
4“ SAir<TE-AMÉLIE, à 6 kil O.-N. de Doiiéra, et à 3 kilde Mahelma, sur remplacement du haouch Ben Omar. Sainte- Amélie est une localité pittoresque et fertile, coupée par de frais vallons, et abreuvée par de nombreuses fontaines coulant sous des palmiers. On a trouvé d’intéressantes ruines romaines ci l’ombre de ces arbres et dans le voisinage de ces cours d’eau : une mosaïque avec inscription latine, des salles bien conservées, avec leur pavage en carreaux vernissés. Les légendaires ont prétendu y retrouver le palais d’une fée célèbre par sa beauté et ses grâces de syrène, qu’on appelait la princesse Métidja. Le village a une église et une école mixte. La population est de 103 Français, 36 Etrangers, 238 Musulmans.
5® SAIiXT-FERDlNAIND, à 8 kil. N.-O. de Douéra, sur un plateau de 120 mètres d’altitude, au centre du Sahel, dominant la plaine de Staouéli, est un beau et riant village; on y élève beaucoup de bétail. Au temps de la guerre , c’était là le repaire des brigands qui désolaient les entours d’Alger. L’arrêté du 16 janvier 1843, y créa le centre de population qu’on y voit aujourd’hui. Les condamnés militaires en ont élevé les maisons pour les colons qui sont venus s’y établir. On y voit une sorte de château, maison de plaisance couverte d’ardoises et décorée d’écussons sculptés. Des Jardins entourent cette propriété.
Une colonne et une belle croix en fer sont aussi des monuments de la localité. II y a une église et une école mixte.
A 1 kii., on rencontre la ferme dite la Consulaire , hameau formé pour cinq familles, sur les fondations d'ime ancienne maison romaine affectée, aux temps antiques, à l’exploitation agricole de ces contrées. Sur une tour adossée aux constructions, les armoiries du maréchal Bugeaud, entourées d’instruments aratoires, ont été sculptées.
A 1,200 mètres 0. de la Consulaire on trouve le marabout, dit à' Aumale, qui est à une égale disîance de Sainte- Amélie et de Saint- Ferdinand (2 kil.). Autour de ce marabout en maçonnerie, parfaitement conservé, et auprès d’uue belle fontaine, cinq maisons doubles ont été groupées.
La population de St -Ferdinand est de 124 Français, 87 Etrangers, 6 Arabes.
Les annexes de ce centre sont :
Ouled Mendü élevé à 156 mètres au-dessus du niveau de la mer. C’est une ancienne redoute. Un marabout et les quel-
(jues tentes d’une tribu formaient toute son importance, quand lés Ponts-et-Chaussées vinrent y construire des baraques, en 1838. Une pierre tumulaire, élevée sur les corps massacrés d’une petite troupe d’artilleurs surpris au flanc de ce coteau par les Arabes, en 1841, est un monument qui perpétuera le souvenir des dangers qu’on courait naguère, en traversant ces localités aujourd’hui si paisibles et si fréquentées.
Population : 282 Arabes.
SI- Jules, 17 habitants
Ben-Chaban, 57 Français, 3 Etrangers.