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COMMUNE DE LA RASSAÜTA

La Rassauta est située à 18 kil. E. d'Alger, sur uu coteau qui incline vers la Métidja; au pied, à l’E., coule l’oued el-Khremis en détours sinueux, avant de se jeter dans la mer.

La Rassauta était une belle propriété de 11,069 hect. 58 cent., ancien haras des Turcs, où s’élèvent deux constructions propres à recevoir des troupes. En 1836, M. le prince de Mir, Général polonais, réfugié, avait obtenu la concession de ce vaste domaine pour y faire des essais de grande culture qui ont échoué. Par ordonnance royale, du 22 décembre 1846, un centre de population indigène, destiné à recevoir la tribu des Aribs, fut délimité à 1,600 hectares sur ce territoire.

Des exploitations agricoles ayant été suivies avec succès dans ce canton fertile par plusieurs Européens, l’administration y fut établie par décret présidentiel du 22 août 1851. — La commune y a été constituée par décret impérial du 31 décembre 1856. Les 24 et 25 mai 1865, l’Empereur allant à Fort-Napoléon et au retour, a traversé le territoire de la Rassauta et de la Maison- Carrée.

La population est de 316 Français, 474 Etrangers, 700 indigènes y compris la population de la Maison- Carrée, dans la prison de laquelle sont 602 individus.

Des travaux considérables de construction et de

culture ont été exécutés par les colons, à qui la route d’Alger, qui se bifurque sur leur territoire pour se continuer à gauche vers Dellis, à droite sur le Fondouk, offre de faciles débouchés. On y compte des exploitations isolées , concessions ou acquisitions, sur plusieurs desquelles l’éducation des chevaux et des bestiaux se fait dans de grandes proportions.

L’annexe de la Rassauta est la Maison- Carrée. Un fort qui portait ce nom, construit en 1724, était une espèce de caserne d’où les Turcs tombaient à Timproviste sur les tribus pour les châtier et les forcer à payer l’impét. Après 1830, cette construction crénelée, sur un monticule, fut appropriée pour défendre le passage de l’Harrach et surveiller le côté L. de la Métidja. Elle est devenue le lieu de détention pour les condamnés arabes, sous le nom de Maison centrale de l’flarrach.

Un village répandu autour, à 12 kil. E d’Alger, sur la rive droite de l’Harrach, fut fondé par décret présidentiel du 22 août 1851.

Le 18 septembre 1860, Leurs Majestés l’Empereur et l’Impératrice arrivèrent dans le voisinage de la Maison-Carrée où les attendait une fête arabe, dans laquelle les goums se livrèrent , en leur présence , au jeu national et guerrier de la fantasia. — simulèrent l’attaque d’une caravane et des chasses au désert. Les principaux chefs indigènes vinrent offrir à l’Empereur des chevaux magnifiquement harnachés, et à l’Impératrice des présents de leurs pays.

Entre Kouba et l’Harrach, à l’entrée de la plaine de la Mér tidja, une compagnie possède une importante usine pour la fabrication des papiers. Cette société ayant obtenu une chute d’eau près du Gué de-Constantine et de la route d’Alger à Rovigo, a construit un canal de 4,000 mètres qui lui permet, a\ec l’aide de la vapeur, de fabriquer 1,000 kil. de papier par jour. II y a une station du chemin de fer, et un peu plus loin un pont de pierre sur rHarrach.

La section communale de la Rassauta est :

FORT DE-L’EAU, à 18 kil. d’Alger. Un décret présidentiel du 11 janvier 1850, a créé, sur 500 hectares du domaine de la Rassauta, et à 3 kil. de ce point, un centre de 50 feux, exclusivement habité par des Mahonnais. Ce village est d’une propreté charmante, selon les habitudes de ces nationaux sobres et laborieux. Tout-à-fait approprié à leurs usages, ce centrea une jolie chapelle. Ün désirerait y voir des arbres. Les hameaux

de la Maison -Blanche, à l’endroil où la route se bifurque, et celui du Retour de La Chasse, dépendent de ce centre.

La populaliou totale est de 185 Français, 582 Etrangers, 776 Arabes.

COMMUNE DE ROUIBA.

Houïba, village sur un mamelon à 25 kilom. E. d’Alger, traversé par la route de Dellis, et créé par décret impérial du 30 septembre 1853, a été reconnu commune en plein exercice par le décret du 22 août 1861. — On y parvient par la route d’Alger au Fondouk, que l’on quitte à la maison du Retour de la chasse, en prenant à gauche, et l’on traverse l’oued el- Khremis sur un pont. Il n’y a pas d’eau courante dans celte localité et les puits à noria y suppléent. Sur la place une pompe, dite Castraise, remplit deux bassins et un abreuvoir. Des platanes et ormeaux ont été plantés par l’administration. Les colons, dans une vaste plaine sans arbres, s’adonnent principalement à la grande culture. De belles fermes se font remarquer. Il y a, à Rouïba, un marché du samedi fort fréquenté. La population est de 118 Français, 288 Etrangers, 654 Indigènes. Les 24 et 25 mai 1865, l’Empereur allant à Fort-Napoléon et au retour, a traversé Rouïba.

La section communale de Rouïba est :

Âl>' T’AiA, centre de population sur la plage de la baie Est du cap Matifou, entre l’oued el-Khremis et le Bon Douaou, a 31 kilom. E. d’Alger, créé par décret impérial du 30 septembre 1855. Des arbres, — ormes, platanes et saules de toute beauté,

üMt été plantés autour des sources de la localité. Les fruits f sont excellents 11 y a un réservoir situé à un niveau supérieur au village. L’ouverture d’un canal de dérivation porte les eaux à un bassin de partage, d’où une conduite en fonte alimente une belle fontaine en pierre de taille, avec abreuvoir et lavoir couvert. Divers canaux d’irrigation atteignent les jardins contigus aux liabitations. Une chapelle et une maison commune complètent les constructions élevées par l’administration. La route du Fort-de-l’Eau situé à H kilomètres, traverse le village, se dirigeant sur Rouïba. A droite sont des fermes importantes. La population est de 77 Français, 699 Etrangers, 372 Indigènes.

Les annexes d’Aïn Taïa sont :

1“ Aïn Beïda, hameau de 40 feux, qui a une fontaine et deux bassins.

^‘‘MatifoUyà.^l kil d’Alger, autre hameau, abreuvé par de pareils aménagements, non loin d’une fontaine nommée ochrob ouhereub

dire : Bois et vas-Ven, parce que

la fièvre y prenait, autrefois, ceux qui s’arrêtaient sur ses bords. Aous ne saurions garantir du même malheur, aujourd’hui, ceux qui s’y rafraîchiraient.

A un quart d’heure de marche, vers le S., s’étendent, — sur un emplacement oblong de près d’une lieue, que la côte escarpée limite au N. -E., — les ruines de Rusgunium, ville romaine, dont les débris ont servi à la construction de la plupart des vieux édifices d’Alger. On voit encore des voûtes, restes d’anciens bains, des tronçons de colonnes, des mosaïques, de profonds fossés, des traces de fondations, dont les pierres ont été arrachées. Non loin est une carrière dont les produits ont dû être employés à rembellissement de cette antique cité. Au N. est un bon mouillage par les vents d’E. et de N.-E., sur un fond de sable et de vase, par 10 à 12 brasses d’eau. C’est là ([ue Charles Quint rembarqua les débris de son armée, sur la (lotte de Doria, en 1541, et jeta de dépit, dit-on, sa couronne dans la mer; — avis aux plongeurs.

La population d’Aïn Beïda et de Matifou est de 8 Français et 84 Etrangers.

COMMUNE DE ROYIGO.

Rovigo est sitiîé à 30 kilom. S. d’Alger , entre l’Arba

el Soîima, près de l’endroit où l’Harrach débouche dans la plaine.

Ce village qui porte le nom du duc de Rovigo, qui fut Général en chef de l’armée en Algérie, de décembre 1831 à mars 1833, a été commencé en 1849 el inauguré en 1851, au voisinage de l’ancien camp de l’Harrach. Il a été constitué en commune de plein exercice par décret du 22 août 1861 .

La population est de 277 Français et 79 Étrangers. Les Indigènes sont au nombre de 1,279. Il y aune maison commune, une église, une salle d’asile, un lavoir couvert et deux bassins.

Rovigo est un endroit fécond où l’on élève beaucoup de bétail. Des oliviers nombreux ombragent le pays. Le canal de dérivation des eaux de Thiammémin y assure la salubrité. Il y a un moulin à farine. Le plâtre qu’on lire de la localité est très-beau et dessert toute la province.

A 2,700 mètres du village, sur la rive gauche de l’Harrach, sont les sources d'h'ammam. Mélouan, qui sont analogues à celles de Balaruc, Lucques, Bourbon-ies-Bains, et sont d’une efficacité constatée dans les maladies de la peau, les rhumatismes, les engorgements abdominaux, principalement de la rate et du foie. Des sources nombreuses qui sourdent à Hammam Melouan, deux sont abondantes : la source de la Koubba de Sidi Sliman, la plus chaude, dans un bassin de deux mètres de long, sur un mètre de large et de soixante centimètres de profondeur— et la source du Puisard. L’eau est d’une amertume fraîche, analogue à la saveur de l’eau de mer, d’ailleurs limpide, claire, inodore, très-légèrement onctueuse au toucher. La température paraît être, terme moyen, 39 à 40“ centigrade. Son analyse a donné une proportion considérable de sel marin : 26 grammes 50 centigrammes. Elle égale, ainsi, presque celle de la mer {Docteur Payn), Les Maures d’Alger en ont été de tout temps les visiteurs assidus, et depuis quelques années, beaucoup d’Européens malades s’y sont rendus et eu ont ob-

ienii deicellenis effets. La concession de ces eaux Üiermaïcs, avait été faite, à charge de construire près des sources une maison de santé. On a voulu que l’établissement à créer fût eu rapport avec les immenses et précieuses ressources des thermes, et avec le nombre considérable de malades qui, de tous les points de l’Algérie, de la France et de l’Angleterre, viendront, hiver comme été, y chercher la santé. Les Algériens auront ainsi à leurs portes, les moyens curatifs et le confort que l'on va, à grands frais, demander aux eaux de France et (t’Allemaine. La douceur de la température, la haute valeur thérapeutique des eaux, le puissant attrait du pays, l’extrême proximité d’Alger, — - tout concourt à assurer un brillant avenir à l’établissement (V Hammam Méloaan. f Guide à Alger ei ses environs i 18G4).

ABR01\DISSF1E^T M BLIBA.

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