COMMUNE DE MOUZAIA-VILLE
Mouzaïa-Ville est située au pied du versant septen- Irioiial de l’Atlas, sur la lisière méridionale de la Metidja, et sur la route de Blida à Cherchel, à 12 kilom. O. de Blida et à 5 kilom. de la rive gauche de la Chiffa.
Mouzaïa-Yille, créée par arrêté du 22 décembre 1846, près de l’emplacement d’un ancien poste romain, nommé Tanaramusa Castra, a été constituée en commune, par le décret du 31 décembre 1856. — L’Empereur, revenant de Miliana, le 7 mai 1865, a traversé cette malheureuse commune, alors florissante.
Le territoire de Mouzaïa-Ville a été le centre de la commotion épouvantable du tremblement de terre qui a ébranlé toute la région du petit Atlas le 2 janvier 1867. — Mouzaïa-Ville a été entièrement détruite ! Ses 175 maisons se sont écroulées en deux secondes, à 7 heures 15 minutes du matin. 48 habitants ont été tués, — plus de cent ont été blessés. — L’administration concourt avec ce qui reste de la population de ce canton, naguère heureuse, à relever de leurs ruines la ville et les villages circonvoisins ses annexes, presqu’aussi désolés qu’elle-même. Pour recommencer les travaux de reconstruction, toutes les maisons ont dû être démolies.
D’après les états fournis par la Commission d’expertise, instituée par le Gouverneur général, et approuvée par lui le 10 février 1867, les pertes s’élèvent à 693,841 francs.
Pertes immobilières . 603,266 fr. o.. r
, 693,841 fr.
— mobilières . 90,266 )
Mouzaïa-Ville est baignée par deux ruisseaux voisins, amenés au point culminant de son territoire par des aqueducs maçonnés de 5,993 mètres de développement, qui les reçoivent de deux barrages élevés en amont. Du côté de Blida, ils alimentent une fontaine et un abreuvoir. Un puits de 16 mètres donne aussi une onde abondante. Le territoire est fertile en fruits ; les vergers y sont magnifiques. L’administration a fait planter 795 arbres de diverses essences, qui ont parfaitement réussi.
On tire parti, pour les besoins de Médéa et de Blida, d’un gisement de plâtre, sur la rive droite de la Chiffa. 11 y a un marché arabe tous les samedis.
A Mouzaïa-Ville se rattachent :
1“ Bou-Roumi, colonie agricole de 1848, sur la lisière méridionale de la plaine de la Metidja, à 17kilom. ouest de Blida. Le palmier-nain a opposé de grands obstacles au développement agricole de ce centre de population. Un barrage établi au Bou- Boumi dès 1850, a permis d’amener, au moyen d’acqueducs maçonnés et couverts, de 5, 315 mètres de longueur, une quantité d’eau suffisante pour l’irrigation des jardins. Une fontaineabreuvoir et un lavoir couverts ont été construits. La grande route de Blida à Chercliell et à Miliana, traverse le village, où un grand nombre de maisons ont été détruites, 4 personnes tuées et 12 blessées. Le pont de pierres et fer a été considérablement endommagé, et celui sur l’oued Djer également.
2“ La Chiffa, village fondé par l’arrêté du 22 décembre 1846, près de la rive gauche de la rivière de ce nom, a son entrée dans la plaine, à l’endroit où la route de Blida se bifurque vers Médéa et Miliana, à 8 kilom. S.-O. de Blida. La localité Jouit de bons arrosages assurés par un canal de dérivation qui fertilise toute la partie basse du territoire. L’administration a fait planter sur les boulevards 370 arbres d’essences variées. Une fontaine-abreuvoir et un lavoir ont été construits.
La moitié des maisons a été renversée, le reste est lézardé.
La population de ces différents centres, aujourd'hui presque sans asile, était de 1,076 Français, 145 Etrangers, 8 Juifs, 206 Musulmans.
Les sections communales de Mouzaïa-ville sont :
1° EL-AFROUN, colonie agricole de 1848, sur la lisière méridionale de la plaine de la Metidja, au pied d’un mamelon, à 19 kilom. ü. de Blida. ün trouve, à cet endroit, des blocs de pierre très-dure et de grain très-fin, que l’industrie peut emer comme meules de moulins à farine. L’administration a
embelli les boulevards et la place du village, de 244 arbies d’essences différentes. Deux puits, deux fontaines-abreuvoirs et deux lavoirs couverts, desservent la localité. La plupart des maisons à été détruite. Sur cent, une seule, construite en chevrons de bois et en briques, a résisté.
Il a eu, dans cette catastropliev 12 personnes tuées et 50 blessées.
Les mêmes routes qui passent à Bou-Roumi, traversent El- Afroun, où la population était de 331 Français, 70 Etrangers et 59 Arabes.
2“ LES TRIBUS DU MüUZAIA, consistant en 2138 âmes.
3° L4 TRIBU DES HADJOUTES — 1523 individus, dont 27 Français.