‹ Description d'Alger et de ses environsChapitre 6 sur 28 · ORDO · texte numérisé non relu

ORDO

ICOSITANOR

h. SÎTTIVS. P. F. QVI CAECILIAÎNVS PRO PILIO PIENTISSIMO H. R. I. R.

D’où il résulte, suivant la traduction de M. Berbrvgger : que l’ordre des décurions d'Icosium a dédié celle inscription tumulaire à Julius Sittius Plocamianus, fils de Marcus Cæcilianus, qui faisait partie de la tribu Quirina.

Bibliothèque du (jouvernement général, contenant 6,000 volumes et des manuscrits précieux; cette Bibliothèque est ouverte au public, hormis les jours fériés, de midi à quatre heures, -- et de 7 à 10 heures du soir. — Elle est située rue d’Orléans, if 10.

L'industrie particulière compte sept imprimeries en caractères, qui sont plus que suffisantes pour les besoins du pays. Il y a aussi plusieurs imprimeries lithographiques et autographiques.

JOURNAUX ET REVUES. On Compte, en ce moment, à Alger, plusieurs publications périodiques: 1° le Bulletin officiel du gouvernement général de l’Algérie, — 2° le Moniteur de U Algérie, journal officiel paraissant tous les jours, excepté le lundi, — 3» le Mobacher, journal officiel arabe -français imprimé dans les doux langues, paraissant trois fois par mois, Celte

feuille est destinée à propager nos idées civilisatrices dans les populations indigènes, — 4° YAklihar, paraissant les mardi , jeudi, vendredi et dimanche, — 5° le Courrier de V Algérie, paraissant tous les jours, excepté le lundi , — 6^ la Revue africaine, journal des travaux de la Société historique algérienne, paraissant tous les deux mois, — la Gazette médicale de l’Algérie, paraissant tous les mois, “-8« le Bulletin de la Société d’agriculture, paraissant tous les trois mois,— 9» le Journal de la Jurisprudence de la Cour impériale, paraissant aussi tous les trimestres.

Enfin, la Colonie, le Chita7in, V Algérie, etc., feuilles littéraires et humoristiques.

msTaucTTON PU3X.i(^us:. Une école préparatoire de médecine et de pharmacie est instituée, par décret du 4 août 1857. En l’année scolaire 1865-1866, 31 élèves, dont 4 musulmans, ont suivi les cours. Il a été pris 69 inscriptions.

Le Lycée impérial, rue Bab-Azoun, est dans une ancienne caserne de janissaires, que l’on va démolir pour le prolongement du Boulevard. On compte plus de 650 étudiants.

Des ministres des différents cultes sont attachés à l’établissement. — L’enseignement comprend les langues française, latine, grecque, arabe, anglaise, belles-lettres, philosophie, mathématiques pures et appliquées, cosmographie, physique, chimie, sciences naturelles; le dessin d’imitation, dessin linéaire, le lavis, l'écriture, la musique vocale.

L’enseignement classique est réparti en trois divisions :

1° Division élémentaire; 2® Division de grammaire; 3" Division supérieure, qui comprend les quatre classes d’humanités et a pour sanction le baccalauréat ès-lettres.

Un cabinet de physique, des collections d’histoire naturelle.

et un laboratoire de chimie, permetlenl de donner aux cours de sciences !e développement expérimental qu’ils réclament.

En dehors de l’enseignement classique, il existe au Lycée un enseignement spécial pour les jeunes gens qui se destinent à des carrières où le titre de bachelier n’est point exigé. Une école primaire est aussi annexée au Lycée. Les pensionnaires et demi-pensionnaires prennent deux leçons de gymnastique par semaine. Ils reçoivent à l’infirmerie tous les soins que réclameraient leur éta"t de maladie. Il y a deux sorties par mois. Les élèves pensionnaires entretenus par le Lycée, payent 800 fr. par an et doivent, ainsi que les boursiers de l’Etat, fournir un trousseau. Les élèves entretenus par leurs parents, paient 740 francs par an. Les demi-pensionnaires payent 500 francs par an.

Les livres classiques, les papiers pour devoirs, dessin et écriture, les plumes et les crayons, sont fournis parle Lycée. Un arrêté du pouvoir exécutif, en date du 23 décembre 1848, a reconnu 52 boursiers, à trois quarts et à demi prix. Les externes surveillés payent 80 francs par an. Les externes libres, 100 francs par an dans la division supérieure, 80 francs dans la section de grammaire et 00 francs dans la division élémentaire.

On achève de construire sur la place Bab-el-Oued, le nouveau Lycée qui semble devoir être le monument le plus remarquable de la capitale de l’Algérie et recevra 800 élèves.

En creusant les fondations on a découvert, le 16 juin 1863, à une profondeur de 12 m. 50 cent, un caveau sépulcral nommé j)ar les anciens Sepulcrum familiare (tombeau de famille). — Cet hypogée voûté, haut de 2 m. 65 cent, et large de 2 ra. 24 c. a été conservé sous les constructions nouvelles. Il consiste en un petit couloir, contenant deux niches et séparé de la chambre sépulcrale par une porte en pierre, dont les pivots roulent dans des crapaudines creusées dans le seuil et le liteau. On descend trois marches pour parvenir dans la crypte voûtée dont les murs offrent des niches (columbaria) et une banquette de pierre (podium) sur les quatre faces. On y a recueilli deux lampes, dix-huit vases en verre (lacrymatoires) et quinze antres en terre, contenant des ossements calcinés. Celte sépulture date de l’époque des Antonins et n’a pas moins de seize à dixsept siècles.

Une chaire de langue arabe est tenue dans une des salles de la Bibliothèque de la ville, tous les jours, — * exceptés les jours fériés.

Diverses conférences sont ouvertes au public le soir : h cours d’instruction élémentaire pour les adultes, rue de l’Intendance, à l’école des Frères ; 2^ école préparatoire aux Arts-et-Métiers, rue Bab-el-Oued; 3“ orphéon dans une des salles de la Mairie. En outre un cours de mathématiques appliquées se tient dans le local de l’école préparatoire aux Arts-et-Métiers et des cours de littérature et de géographie ont lieu à l’école communale de la rue Socgéma.

Il y a, à Alger, cinq écoles primaires communales, qui sont situées : rue Mogador, rue de l’Intendance, rue Doria, rue Bélisaire et rue Soggéma, sous le dôme d’une ancienne mosquée. Les trois premières sont dirigées par les Frères de la Doctrine chrétienne. Les jeunes protestants ont une école qui leur est particulière, et qui se tient dans leur temple, rue de Chartres.

Quant aux écoles communales pour les jeunes ülles, elles sont tenues par les Dames religieuses de la Congrégation de St-Vincent-de-Paul, qui ont leurs classes au couvent de la Miséricorde, derrière la cathédrale ; elles ont aussi une salle d’asile en cet endroit, et une autre au faubourg Bab-el-Oued. Les Soeurs de la Doctrine chrétienne ont une école communale , rue Charles- Quint et une autre avec pensionicd et salle d’asile, rue des Mulets. Les demoiselles protestantes ont une école à part.

L’industrie privée a fondé une quantité d’autres établissements sous le titre d’écoles d’instruction élémentaire, ou d’écoles primaires, dont quelques-unes

préparent les sujets pour les humanités et les liautei^ études.

Plusieurs Dames ont ouvert de bonnes maisons d'éducation pour les Jeunes demoiselles.

Les Musulmans et les Israélites ont pareillement divers moyens d’arriver à l’instruction :

Un collège impérial arabe-français est créé à Alger, par décret du 14 mars 1857.

Ce décret dispose: Art. !«»• . Les jeunes Français

sont admis à suivre les cours du collège.

Art. 24. Les élèves qui auront subi avec succès, au terme de leurs éludes, un examen officiel, recevront un diplôme spécial, qui équivaudra au baccalauréat pour les emplois donnés en Algérie par le Gouvernement général.

Le collège arabe-français compte 1 66 élèves ; 99 pensionnaires, 67 externes.

L’école arabe-française, rue de la Porte-Neuve, reçoit 158 musulmans et 22 européens.

110 bourses d’apprentissage ont été distribuées à des sujets méritants, en 1866, sur la proposition de la Commission de patronnage.

Les demoiselles mauresques, au nombre de 200, reçoivent l’instruction dans deux ouvroirs.

Les jeunes Maures et Israélites ne manquent pas de petites écoles ouvertes dans les quartiers les plus fréquentés par leurs familles, où leur sont donnés, dans leur langage, les éléments de lecture pour leurs livres sacrés, et les premières instructions de leurs

religions. Une salle d’asile, pour les enfants musulmans, est fréquentée par 150 enfants.

Les Israélites ont deux écoles françaises : l’une située rue Bleue, sous le nom de Talmud Thora, donne, par souscription, à ses élèves les plus pauvres, la nourriture et l’habillement ; l’autre est rue Scipion, n® 4.

Les demoiselles Israélites ont une école française, lue Bélisaire, et une salle d’asile, rue Jean-Barl , fondées par M. H. Cohen Solal, et administrées comme r école du Talmud thora.

SOCIÉTÉS. L’arclîiconfrérie de la Sle-Vierge se réunit les dimanches et fêtes, à sept heui'es du soir, dans l’Église ISotre-Dame-des- Victoires , rue de la Kasha. — L’association des Dames de charité, se compose d’une réunion de personnes pieuses qui, sous la présidence de Lune d’entre elles, veille aux moyens d’existence et d’éducation d’un nombre de jeunes orphelines confiées aux soins des Dames du Bon-Pasteur, et s’adonne aux bonnes œuvres de toute espèce. — La société de St-Vincent-de-Paul compte quelques membres laïques recherchant les malheureux pour les secourir et les sustenter. — Le comité des secours pour les protestants travaille par les mêmes moyens et dans les mêmes intentions de miséricorde. — La société de St-FrançoiS“Régis s’occupe officieusement à régulariser les mariages des personnes qui veulent rentrer dans le devoir et reconnaître leurs enfants. Fondée le 17 décembre 1844, dans une période de dix ans elle a fait légitimer 1,083 unions ; en 1855, 202 mariages,

dont 109 à Alger, ont été régularisés. “ Les Italiens et les Espagnols ont de nombreuses congrégations et confréries, dirigées par les RR. PP. Jésuites. — Gomme réunion spéciale de bienfaisance, s’occupant de haute morale et de littérature philosophique, il convient de mentionner ici la Loge maçonnique chapitrale et aréopagite, sous le titre distinctif de Bélisaire, dont le local est au fond de l’impasse Navarin.

Les décrets des 6 octobre 1850 et 22 avril 1853, ont institué une Chambre Consultative d’ Agriculture.

La Société Impériale d’Agricullure, fondée par 30 membres, doit être mise en tête de toutes les réunions scientifiques, comme ayant été constituée par arrêté du maréchal Valée, en date du 25 octobre 1840. — La Société Historique Algérienne, s’occupant de recherches archéologiques relatives au pays, a été créée par arrêté de M. le Gouverneur-Général, du 7 avril 1856. Elle se réunit les premiers vendredis de chaque mois, à 8 heures du soir, dans une des salles de la Bibliothèque.

Alger compte trois sociétés de secours mutuels :

1« Arts et métiers, la première fondée à Alger, en 1858, par M. Malleval, facteur de la poste aux lettres ;

2‘» Société des médaillés de Ste-Hélène, créée par décret du 22 février 1862 ;

3“ La famille.

La société et cercle de climatologie algérienne, a son local rue des Trois-Coulears, n^ 19.

Il existe aussi :

La société des anciens élèves du Collège et du Lycée d’Alger.

La société des anciens élèves des arts et métiers.

La société des sauveteurs, inaugurée par M. Philippe, libraire.

La société des sapeurs-pompiers.

Le Cercle d’Alger a son magnifique local dans la maison Lesca, ayant vue sur le boulevard et sur la place du Gouvernement. Il est pourvu d’un ex(;ellent maître d’hôtel. Le Cercle du Commerce, composé des notables habitants et des principaux commerçants d’Alger, passage Napoléon, a vue sur la place du Gouvernement. On y reçoit tous les journaux et les publications mensuelles.

Il existe une société protectrice des animaux.

Les Musulmans ont des confréries religieuses, telles que celles des Aïssaoua, rue Sidi Boukdour, qui mangent des scorpions, des serpents, du fer rouge, des earreaiiK de vitres (c’est une chose à voir) ; celles de Moulai Taïeb, rue de la Mer Rouge, d’Abd er~Rahman Talebi, de sidi Mohammed Bon Koberin, etc.

Les Nègres idolâtres se rassemblent dans les rues Sidi Abdallah, Kataroiigil et impasse du Darfour, dans des maisons nommées zouzou^ où ils se livrent à des cérémonies bizarres, aux jours de leurs fêtes appelées dordoba , au milieu desquelles apparaissent chitan (satan), les djinn (les diables), et autres gens de fort mauvaise société.

THisATRE iMPiiRZAE. Cet édificc qui s’élève sut la place Napoléon, a été décrit ci-dessus, à rarticle monuments, page 124. On donne, sur ce théâtre, le grand opéra, l’opéra comique, la comédie, le drame, le vaudeville, — aux jours de dimanches, mardis, jeudis et samedis. Des bals, des concerts, des représentations extraordinaires d’artistes de passage, en tous genres, ont lieu aussi dans ce bâtiment. MM^s Laurent, Tedesco, Wertimberg et Juliette Boighèse, se sont f.'it entendre sur cette scène dans les divers genres d'iiUerprétation où elles excellent; Cabel a été l'objet d'on véritable triomphe.

Le célèbre Roger est aussi venu chanter dans cette salle, et y a été accueilli comme le mérite son talent.

Le vaisseau ne contient que 1,534 spectateurs, dont un certain nombre jouit exclusivement, à titre d'abonnement, d’une quantité fixe de places et de loges.

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