‹ Description d'Alger et de ses environsChapitre 7 sur 28 · PRIX DES PL.VGES · texte numérisé non relu

PRIX DES PL.VGES

Y COMPRIS LE CROIT DES PAUVRES, A RAISON DE 10 p. 0/0 :

Loge de balcon .

4 places, 13 fr.

Baignoire de pourtour .

Loge de premiru-c. . . .

— de seconde .

fO

Fauteuil d’orchestre . .

Stalle de balcon .

Stalle d’orchestre .

Stalle des premières .

Amphithéâtre des secondes..

Parterre .

Troisième .

On peut, (le midi à 4 heures, retirer au bureau de location, situé au contrôle du Théâtre, des billets d’entrée moyennant une augmentation de 0 fr. 55 c. Toutefois, en ce cas, les pla>

ces de parterre ne sont augmentées que deO fr. 10 c. et celles de deuxième et troisième de 0 fr. 05 c. seulement.

Le règlement du 30 Juillet Î85i, sur la police des Théâtres, est applicable à cet établissement.

PROMSSMASES. La place du Gouvernement forme un lieu de promenade très-fréquenté- Le Boulevard de l’Impératrice prolonge la plus agréable et facile excursion qu’un piéton, qui n’aime pas les accidents de terrains, puisse faire sans quitter la ville. La vue du port et de toute la baie intéresse une foule qui stationne incessamment le jour et même le soir le long des balustrades qui régnent par étages au-dessus du quai, le long de ce magnifique boulevard. La place Bab el- Oued offre aussi un bel espace et l’air frais de la mer, aux amateurs de la solitude. Le jardin Marengo, ainsi nommé d’un colonel qui i’a créé par le moyen des condamnés militaires qui étaient sous sa direction , s’élève en terrasse en vue de cette place, et entoure de ses fleurs et de sa verdure la mosquée de Sidi Abd er-Rahman et-Talebi. On y trouve des kiosques tapissés d’émail, — un buste colossal de Napoléon Rr, par Auguste Déligaud, en marbre blanc, et une colonne de même matière, commémorative des batailles de l’Empire, — des jets d’eau, — des parterres aux lignes droites, dessinés dans le goût de la France, et des allées sinueuses, dans le genre des jardins anglais.

HÛTEI.S. Alger est plein d’hôtels où les voyageurs de toutes les conditions et de toutes les fortunes peuvent .trouver ce qu’ils désirent, comme dans les plus grandes villes d’Europe, et au même prix.

Les principaux établissements de ce genre, et quelques autres, sont: les hôtels de la Régence, place du Gouvernement; d'Orient, boulevard de l’Impératrice; de la Porte de France, rue des Consuls; de la Marine, rue de la Marine; d’Europe, place Napoléon; de Génève, place de la Pêcherie; de Paris, rue Bab-el-Oued; des Frères Provençaux, rue Philippe, etc. On peut prendre pension, pour la nourriture, dans ces maisons, ou se faire servir à la carte et au prix que l’on veut.

On rencontre aussi des pensions bourgeoises, des restaurants nombreux de tous les étages et à tout prix. Les établissements en ce genre les plus connus, sont le Veau qui tête, rue Neuve-Jénina, — YOurs blanc, même rue et passage Martinetti, et l’hôtel Bazin, rue de la Marine.

Dans ces derniers temps, beaucoup de particuliers ont am*énagé des chambres garnies, dans l’espoir de les louer aux étrangers qui ont commencé à venir passer l'hiver en Afrique.

La taxe sur les loyers a été édictée par l’arrêté du pouvoir exécutif, en date du 4 novembre 1848 : le ministre en prescrivit l’application à partir de 1855. Elle est aujourd’hui exigée des habitants d’Alger, et payable par l'occupant.

BAXNS. Les bains, suivant l’usage européen , sont ceux du Bazar, rue de Chartres ; les bains français , rue du Soudan, et les bains de la Marine , dans la rue de ce nom.

Au:: abords de la plaine de Mustapha-Pacha, il existe

un établissement de bains de mer chauds et froids, réunissant tout le confortable que l’on puisse désirer: appartements meublés, restaurant et café.

Au quartier de l’Aglia sont les bains Perrin, bains de mer chauds et froids; au-dessous de l’esplanade Bab-cl-Oiied , les bains de mer Nelson. Un emplacement est réservé pour les personnes du beau sexe.

C'est ici le lieu de prévenir les amateurs de l’exercice du bain en plein air, que M. le Maire, considérant <îu’il appartient à l’autorité municipale de prendre toutes les mesures réclamées en pareil cas par la décence publique, a, par arrêté du 22 juin 1844, défendu de se baigner dans le port , et prescrit de prendre un caleçon à tous ceux qui voudraient nager dans l’espace compris entre l’hôpital du Dey et le champ de manœuvres de Mustapha.

Les bains maures, étuves curieuses à visiter et à fréquenter, si le tempérament s’en arrange, sont :

Les bains de la rue de l’Élat-Major, de la rue du Divan , de la rue de la Kasba , de la rue de Nemours, de la rue Porte-Neuve, des rues Sidi-Ramdam et Boutin.

Les bains maures ne ressemblent en rien aux nôtres, et méritent une description particulière:

Dans un vestibule couvert on trouve une estrade garnie de lapis et de matelas, dont on choisit un pour s’y reposer plus tard, après le bain; on dépose ses habits sur des rayons disposées à cet effet au-dessus des mmtelas. ün remet son argent et ses bijoux au maître du lieu, qui les garde üdèlement dans un coffre fermé. Les garçons de bains sont des jeunes gens de seize à dix-huit ans, qui ne portent, pour tout vêtement qu’un lambeau de toile bleue autour des reins, et pour chaussure, que des patins de bois, lis accoutrent de la même façon ceux qui se présenlent à l’établissement et s’abandoniieht à leurs soins, ils les conduisent par une galerie dont la

température est graduellement élevée, jusque dans une salle cbautfée à 30 ou 35°, au milieu de laquelle est une sorte de table en pierre recouverte de dalles de marbre. Le long des murs sont des niches où l’on peut s’asseoir, et plusieurs petites fontaines d’eau fraîche. On s’assied d’abord sur les dalles (!e la table de pierre, au-dessous de laquelle est le foyer, et bientôt on se trouve baigné de sueur Alors le baigneur vous étend sur le sol, pareillement pavé de marbre, et recouvert par lui d’qn linge cotonneux; il vous y frictionne avec une mousse savonneuse , et au moyen d’un gant en crin. On en éprouve, quelques instants après, un grand bien être. Après s’être lavé avec de l’eau tiède, s’être promené dans la salle, ou avoir recommencé plusieurs fois l’exercice déjà décrit, on SC revêt, avec l’aide du baigneur, qui vous essuie de linges bien chautfés, et on retourne dans le vestibule où on a laissé ses habits. Là on trouve un Ht tout garni , où l’on repose tant qu’on y prend plai-ir, recouvert d’un tapis do coton , et avec une pipe et du café, si on le demande. Le jeune homme qui vous a assisté au bain reste auprès de vous jusqu’au monnnit de votre départ, vnnis massant doucemei t et épiant vos moindres désirs. Le prix est de l fr '2o cent. Le bain est ouvert et toujours prêt de dix heures du soir à midi du lendemain. A partir de ce moment, les hommes sont (‘xclus, elles dames admises.

CAFÉS ET BR.ASSEIIZES. Les cafés les plus opulents à divers degrés, sont :

Les cafés de Bordeaux, Bosa, et le café Valentin, où se réunit la fashion, boulevard de l’Impératrice; on y déjeûne à la fourchette.

Le café d’Apollon, où l’on déjeûne aussi, magnifique d’ornementation et de peintures, — et le café de la Bourse, oû l’on déjeûne, dîne et soupe, — chacun à l’un des angles de la place du Gouvernement. Le café de Paris, rue Bab-el-Oued, au premier étage, oû l’on voit le portrait du roi Gambrinus. Le café de la Marine, rue de la Marine et boulevard. Le café de l’Europe et du Théâtre, place Napoléon. Le café Jean, place de la Mairie. Le café de la Perle, rue de la Flèche et rue de l'Ai-

gle, habilement dirigé par M. Mikridilz, est ce qu’on appelle un café chantant. Chaque soir on y jouit d’un spectacle récréatif et varié; souvent on y entend de fort belles voix et toujours des comiques désopilants.

La brasserie Kling, rue Cléopâtre, la brasserie centrale , rue de la Flèche, et celle du Cheval blanc, rue d’Isly, deux ou trois autres aux quartiers Bab-Azoun et Bab-el-Oued , sont les mieux en ce genre.

Un Tivoli existe à Mustapha ; en été s’ouvrent, à Babel-Oued, le Château des fleurs et le Théâtre Malakoff\ où l’on joue la comédie. Dans ces deux établissements, à côté l’un de l’autre, se donnent les fêtes de nuit à la vénitienne, les luttes d’hercules, et il y règne un entrain juvénil des plus ronflants.

Il n’y a plus à Alger de ces cafés maures où se montraient les danseuses du pays , où Garagouss lançait les lazzis de ses plaisanteries plus que croustilleuses, à travers le papier huilé de son théâtre. Son ombre s’est évanouie. On entend encore cependant delà détestable musique dans le goût des indigènes, dans un café en haut de la rue de la Kasba, et dans différents quartiers de la ville. Beaucoup de cafés maures sont répandus dans la ville, où l’on boit du café à la façon de Barbarie-

TRÉSOR ET POSTES. Le local où sont établis les bureaux est un bel édifice sur le boulevard de l’Impératrice.

Trésor. -- Les bureaux du Trésor sont ouverts au public (fêtes et dimanches exceptés), de 8 heures du matin à 10 heures, et de midi à 4 heures, pour les

paiements, et jusqu’à 3 heures seulement pour les versements et aussi bien que pour la délivrance, au pair, de traites à dix jours de vue, payables : soit à Paris, au Trésor, — soit à Marseille, à la Recette générale, — dont les coupures sont de 100 fr., 200 fr., 300 fr., 500 fr., 1,000 fr., 2,000 fr., 5,000 fr., 10.000 fr. et 20,000 fr. Les coupures de 20,000 fr., sur Paris seulement.

Les personnes. qui ont à prendre des traites sont tenues de se munir d’un bulletin écrit à l’encre et contenant l’indication de la somme versée, les coupures de traites, l’ordre — et le nom de la place sur laquelle elles ont à faire leur remise, soit à Paris, soit à Marseille.

Les traites sont déposées les jours de courrier, jusqu’à 9 h., pour Marseille, et 9 h. et demie, pour Paris.

La caisse des Dépôts et Consignations, annexée au Trésor, est ouverte jusqu’à 3 heures pour les opérations de recettes et de dépenses.

Postes. — Les bureaux de la poste aux lettres sont ouverts au public, tous les jours, de 7 heures du matin, à 6 heures du soir, en été, et de 8 heures du matin à 6 heures du soir, en hiver. Les dimanches et fêtes, jusqu'à 3 heures de l’après-midi, seulement.

Les paiements d’articles d'argent ont lieu tous les jours, jusqu’à 6 heures du soir, les dimanches et fêles, jusqu’à 3 heures du soir.

A l’arrivée de tous courriers de France, les bureaux sont fermés pendant le triage des dépêches. La distribution a lieu immédiatement après leur ouverture, et se continue sans interruption.

Pour les lettres à destination d’Alger ;

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