AE
La médaille de Sauromate II. pl. III. m. i.
est très-curieuse, parcequ’elle est sans avers, et qu’elle est composée de deux revers semblables à ceux des deux médailles du même roi que j’ai décrites dans un autre ouvrage 1 ''. Le goût du travail des deux côtés de notre médaille démontre qu’elle ne peut appartenir qu’à T. J. Sauromates H. On distingue dans le champ les traces presque effacées des lettres M H qui accompagnent toujours ce revers.
On remarque sur la médaille de Sa aromate III. pl. H!, m. 2 . des types que portent celles des règnes précédens ainsi que les médailles des rois du Bosphore postérieurs. La médaille décrite ici, est inédite: elle présente une particularité dans sa légende.
Les deux médailles de Rhoemétalces et de Rhescuporis IV. sont aussi inédites. Sur la première, pl. IH. m. 3. le buste qui surmonte le bâton d’ivoire est très-distinctement représenté. La seconde, pl. III. m. 4- est d’un règne trés-riche en médailles. B est difficile de dire ce qu’on a voulu représenter dans la contremarque de l’avers. D’autres contremarques des médailles du même Rhescuporis IV. ne portent pas des objets plus distincts: dans quelques unes il paroît qu’on a voulu figurer un fruit sur sa tige.
M Ll) A I L L j; s
DE CHERSOKÉSUS
VILLE DE LA ChKBSONÈSE - TauIUQUE
L B au haut. Figure dans un char attelé de quatre chevaux galoppans, tenant dans la main gauche les freins, dans la droite un fléau, et allant de gauche à droite.
XEP au bas. Cuerrier barbu, nu, tourné à gauche, la tête couverte d’un casque conique, un genou en terre, caché derrière un grand bouclier appuyé contre son genou gauche, tenant de la main droite sa lance. PI. II. m. i. AË. 5.
a. Tête laurée d'homme imberbe , tournée à droite.
XEP au milieu d'une couronne de lauriers. PI. II. m. a. Ab. 3J.
3. XtP. Tête laurée d’Auguste, tournée à droite; devant un bout de l’arc.
Mctoire ayant de longues ailes , habillée d'une longue tunique, la tête vue de profil et tournée à gauche, tenaut une couronne dans la main droite élevée, une palme dans la gauche, et allaut de droite à gauche. Dans le champ, à gauche, un monogramme. PI. II. m. 3. AE. 3*.
Chersonèse, comme l’atteste Pline*”, se distinguoit de toutes les villes de la péninsule Taurique et du Pont : elle avoit conservé les moeurs et les arts de la Grèce. Témoins les emblèmes qui se voient sur ses médailles. Le quadrige de l’avers de la médaille de Mgr. le Chancelier, pl. H. m. i. ainsi que le bige d’une autre médaille de Chersonése " 3 , rappellent les courses de chars qu’institua cette ville.
H est difficile de deviner ce que le guerrier du revers, un genou en terre et caché derrière son bouclier, doit signifier, d’autant plus que l’on ne sauroit trouver aucune relation entre lui et le quadrige de l’avers. Eckhel croyoit'<4 que c’est Achille célébrant les jeux à sa fameuse course, erreur adoptée, à mon grand regret, par MM. Sestini 1,5 et Mionnet*' 6 . La belle médaille dont j’ai donné ici la description, et plusieurs autres exemplaires de la même pièce, dont il est qnestion dans un autre mémoire"?, prouvent que ce guerrier est barbu, que c’est un homme dans l’âge viril dont le corps n’a point les formes idéales. Par con-
séquent, ce guerrier ne peut pas représenter Achille, mort dans la fleur de son âge. Il ne peut pas non plus être nommé ainsi, puisqu’il a un casque conique, qu’Achille ne porté jamais dans les monumens de l’antiquité, et que ce casque est l’attribut propre à Ulysse, donné quelquefois à Neptune. Remarquons encore que les villes grecques ne s’occupoient ni des dieux ni des héros étrangers, et que la course d’Achille, assez éloignée de Cliersonése, ne pou voit avoir aucun intérêt pour les Chersonésites. Mais ce qui achève de prouver que Le héros figuré sur les médailles de cette ville ne peut être Achille, ni avoir aucun rapport avec sa fameuse course, c’est que Pline " 8 , et les autres auteurs de l’antiquité, ne parlent que des courses célébrées par Achille sur cette langue de terre, et nullement d’exercices tactiques, auxquels doit appartenir l’attitude de notre guerrier. Au surplus cette langue de terre, célébré sous le nom de course d’Achille, ne se prétoit qu’aux exercices de la course, et c’étoit précisément sa forme allongée qui avoit fait inventer cette tradition "9. Je suis plutôt porté à voir dans ce
guerrier un ancien héros révéré dans la ville île Chersonèse, peut-être son fondateur, dont l’histoire ne nous a pas conservé le nom, mais en honneur de qui la ville célébroit peut-être des jeux solemnels, auxquels le quadrige de l’avers de la même médaille paroit faire allusion. Si le lecteur se rappelle que les chefs des colonies qui alloient s’établir en des contrées
lointaines étoient regardés comme les fonda-
teurs de ces nouveaux établissemens et qu’ils jouissoient dans la plupart des villes grecques de l’honneur du culte, l’explication du guerrier accroupi que j’ai proposée ne lui paroitra pas invraisemblable.
Aucun monument de l’antiquité ne présente si exactement l’attitude inventée par Chabrias que le revers des médailles de Chersonèse, qui portent le type du guerrier accroupi ; c’est ce qui a été observé déjà par Lessing ,J0 .
L’avers de la seconde médaille de Chersonésus offre une tête d’homme couronnée de lauriers. Les traits du visage ressemblent à Marc -Antoine. Si la découverte d’autres mé-
dailles de cette ville prouvoit , que cette effigie est effectivement celle de ce triumvir, on seroit alors fondé à supposer que c’est lui qui avoit gratifié Chersonésus du titre de tille libre ,aI .
La tête couronnée de lauriers de la troisième médaille de Chersonésus, est celle d’Auguste. L’objet devant de lui , n’est pas un /*fiius, mais le bout d’un arc que nous voyons aussi devant la tête d’Apollon sur une médaille de la même ville Le revers de cette dernière pièce porte une figure de Diane , type auquel on a substitué dans la nôtre une Victoire habillée , comme l’est Diane , d’une longue tunique. Le monogramme qui se trouve dans le champ du revers de notre médaille , est le meme que porte le revers de l’autre que j’ai citée.
D’ALEXIUS II. C O M N É K U S
J’avois publié en 1822 deux médailles en argent d’Alexius II. Comnéne ,aî , empereur depuis 1180 jusqu'à ii 83, et fils de Manuel I. Comnéne ; c’étoient alors les premières que l’on put attribuer avec certitude à cet empereur. Mgr. le Chancelier de l’empire possédant plusieurs médailles de ce souverain , a eu la bonté de me permettre de donner la description des plus remarquables. Les quatre suivantes différent par rapport aux légendes et aux accessoires de celles que j’ai décrites précédemment.
j. AL€ K M N . L’empereur Alexiui II. Comnène, la tête vue de face, richement habillé, monté sur un cheval allant de gauche & droite , tenant de la main droite , un sceptre.
OA €Vr . Saint Eugène, la tête nimbée et vue de . face , monté sur un cheval allant de gauche à droite , et tenant de la main droite , une croix.