INSCRIPTION
TROUVÉE DANS LES ENVIRONS DE l’aNCÏENXE Panticapaeum , EN I 8 2 3.
Je ne crois pas pouvoir mieux terminer ces recherches numismatiques qu’en faisant connoitre à mes lecteurs un monument découvert à Kertch dans l’été de i8a3. C’est une inscription qui n’est pas sans intérêt pour l’histoire du Bosphore. En voici la copie :
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Voici la même inscription , en petits caractères :
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Je la traduis ainsi :
L’antiste Phanomaque , Cia de Soos , consacre U Phoebus ce portrait , élevant un monument éternel à son père : pendant que Paerisade gouverne tout le pays entre les confins des Taures et les limites du Caucase >>i.
Il seroit difficile de remplir la lacune du premier hexamètre, qui est incomplet sur la pierre, avec d’autres lettres que celles que j’y ai placées. Le père de Phanomaque portoit probablement le nom de Soos, prononcé Sour-
Phanomaque qui, par cette épigramme, consacre à Phoebus la statue , le buste , ou le portrait de son père, étoit, à ce qu’il paroit, inspecteur ou conservateur du même temple d'Apollon dans lequel il avoit placé ce monument de sa piété filiale. Car le mot artistes, qui s’est conservé uniquement dans la langue latine , et que nous ne trouvons pas dans les monumens écrits qui nous sont restés des Grecs, ne signifie jamais un fonctionaire civil, mais toujours un homme chargé d’un emploi appartenant au culte. Au reste je n’ose pas décider, si le mot ANTISTAS doit être pris ici pour un participe , ou pour un substantif.
L’auteur de l’épigramme en parlant de Paerisade s’est servi du mot gouverner , parce que ce prince, roi des Sindes et des Maeotes, n’é-
toit qu’archonte des Grecs du Bosphore. Le mot de régner n’auroit pas convenu , puisque dans les monumens de Paerisade le titre d'archonte du Bosphore , comme dignité principale, précède toujours celui de roi des Sindes et des Maeotes. L’auteur ne pouvant non plus donner à Paerisade les deux qualifications d’archonte et de roi, a préféré celle qui étoit supérieure.
Cette épigramme nous indique l’étendue des possessions de Paerisade telle que nous l’avions trouvée dans les monumens de Comosarye, de Xénoclide et de Mestor. D’après ces quatre monumens , le territoire du Bosphore étoit borné à l’ouest par le pays des Scythotaures qui étoit voisin de Théodosie.
Pour les limites à l’est ou en Asie, l’inscription de Phanomaque les place au commencement de la chaîne du Caucase , à, côté où sont les montagnes des Tcherquesses. Il faut observer que les trois inscriptions citées ne nomment pas les pays , mais les peuples qui les habitoient, ce qui revient au même.
La chronologie, l’histoire du Bosphore, et celle de la Chersonèse -;Taurique , gagneroient beaucoup, si l'on prenoit des mesures pour rechercher toutes les richesses en inscriptions , en médailles et autres monumens que recèle encore cette terre classique. La dépense qu’exigeroit cette entreprise , tout à la fois patriotique et litéraire, seroit très-peu considérable, et cinq années suffiroient pour en voir la fin