‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 21 sur 61 · Gryphée arquée ; Gryphœa arcuata , Lamck · texte numérisé non relu

Gryphée arquée ; Gryphœa arcuata , Lamck

6r. testa ovatoroblongâ ^ valdè recurçdj subsymetricày apice obliqua^ transçersim rugosà^ anticè sublobatd; unco magno regulari intorto ; vahâ superiore minimâ opercularij plana,

LamcL, Anim. sans vert., tom. 6, pag, 198, n.°4'

Gryphœa incurva j Sow., Min. Conch.jfl. 112, fig. 1 et 2.

Parkinson, Organ. rem, y tom. 5, pag. 209, tab. i5, fig. 3.

Bourguet, Pétrif., pi. i5, fig. 92.

Blainville, Malac, pi. 69, fig. 4*

Defi*ance, Dict 'des sciences natur. , tom. 19, pag. 556.

Coquille très-commune, dont la forme régulière, fortement arquée et en apparence symétrique, se rapproche assez de celle de certaines Nautiles^ mais c'est la seule ressemblance que l'on puisse lui trouver avec ce genre. Cette coquille est ovale*oblongue, déprimée latéralement La valve inférieure, trèsgrande, est régulièrement arquée; son sommet, pointu, est fortement incliné en dessus, contourné en spirale et montrant une très-petite surface d'ad-

hérence. Il s'incline obliquement vers le côté antérieur : ce côté antérieur e^t indiqué par une sinuosité plus ou moins profonde, selon les individus; ce qui le sépare en un lobe semblable à celui d'autres espèces. Ce lobe est étroit, et outre le sillon longitudinal qui le sépare, il est indiqué par la sinuosité qu'offrent les stries d'accroissement. La surface supérieure du crochet présente un espace triangulaire, étroit, finement strié en travers, trilobé, donnant attache au ligament et indiquant ses nombreux àccroissemens. Le bprd inférieur de celte surface est sinueux, de manière à recevoir exactement le talon de la valve supérieure.

Autant la valve inférieure est grande, bombée, cymbiforme, autant la supérieure est petite, aplatie et operculiforme ; elle est ovalaire, subcarrée, pçu épaisse , le plus souvent convexe en dedans et concave, en dehors. Le bord supérieur, qui n'est guère plus épais que les autres, est comme tronqué et coupé en ligne droite ; une légère saillie le rend un peu sinueux. Cette saillie correspond à la base de l'espace triangulaire, fort court, qui donnait insertion au ligament Cette surface triangulaire est simple, non trilobée, striée en travers et circonscrite extérieurement par un sillon oblique assez profond ; la surface intérieure, onduleusè, est lisse et polie 5 on remarque sur le côté antérieur, fort près du bord, une impression musculaire petite^ arrondie et saillante ; en dehors cette valve est couverte de stries lamelleuses concentriques, qui indiquent les accroissemens. Les bords sont épaissis, coupés perpendi-

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culairement , si ce n'est dans le jeune âge , où ils sont minces ; la surface extérieure de la valve inférieure est, comme la supérieure , couverte de stries d'accroissement , le plus souvent lamelleuses, surtout dans le jeune âge : dans les vieux individus elles se changent en sillons irréguliers , mais il y a une variété constante de cette espèce, garnie en dehors de gros sillons arrondis, subréguliers, qui lui donnent un aspect fort remarquable. La cavité intérieure de la valve inférieure est p^ite, relativement à la grandeur de cette valve elle-même ; tout le crochet est rempli par la matière calcaire qu y a d^osée l'animal, de sorte que ds^ns les grands et vieux individus cette partie a jusque près d'un pouce d'épaisseur ; en dedans elle est lisse et présente sur le côté antérieur une impression musculaire peu saillante, airondie et correspondant à celle de la valve supérieure.

La Gryphée arquée est une des coquilles les plus communes ; elle se trouve dans certains lieux avec une telle abondance, qu'elle sert à paver -les routes: elle est éminemment caractéristique de la formation du lias et des argiles qui l'accompagnent Partout en Europe , où cette formation a été observée , on y. a rencontré la Gryphée af*quée : nous pourrions citer cinquante locaUtés où on la trouve en France, et il serait facile d'augmenter cette liste de celles non ioioins nombreuses d'Allemagne et d'Angleterre; mais nous croyons ces indications inutiles , puisqu'il su£5t de trouver le lias pour y rencontrer la coquille que nous venons de décrire.

1 3- Genre Huître ; Ostrea.

Caractères génériaues. Coquille adhérente, inéquivalve, irrégulière, à crochets écartés, devenant très-inégaux avec Page. Charnière sans dents. Ligament demi -intérieur, s'insérant dans une fossette cardinale des valves; la fossette des valves croissant avec l'âge comme leur crochet et acquérant quelquefois une grande longueur, dans la valve inférieure surtout.

Le genre Huître est aujourd'hui beaucoup mieux circonscrit qu'il ne l'était dans les dernières éditions du Systema naiurœ. Il suffisait à linné qu'une coquille n'ait pas de charnière articulée pour qu'elle fut introduite dans le^genre des Hmtres. Cette confusion resta jusqu'à Bruguière, qui , dans l'Encyclopédie, proposa les genres Peigne, Houlette, Lime, etc. , qui furent tous adoptés , et auxquels Lamarck ajouta les genres Valselles, Podopsides etGryphée, également. extraits deS'Huîtres. Les genres que nous avons cités, à l'exception du dernier, ne pouvaient rester avec les Hmtres, dont les caractères sont si tranchés, si faciles à saisir et à reconnaître. Nous avons vu, en parlant des Gryphées, quelles étaient les raisons qui ne nous permettaient pas «d'admettre ce genre autrement que comme section des Huîtres. Nous avons vu qu'elles appartenaient à ce genre par tous les caractères essentiels, dont quelques-uns avaient éprouvé quelques légères modifications., dont on retrouvait facilement la cause et la liaison.

Les Huîtres proprement dites, circonscrites à la manière de Lamarck , sont des coquilles de formes très -variables, recevant des causes environnantes des modifications nombreuses et profondes; nous croyons même que ces causes peuvent agir jusque sur les parties qui semblent les plus constantes dans les espèces, la charnière, la proportion relative des valves et les accidens qui se voient en dehors : cela ne paraîtra pas étonnant, quand on se souviendra que les Huîtres, vivant attachées sur les rochers, agglomérées entre elles, s'adaptent sur le lieu où le hasard les a placées, s'alongent, s'élargissent^ deviennent profondes ou s'aplatissent , selon que la place qu elles occupent leur permet de se développer plus librement dans un sens que dans l'autFe. Mous avons recueilli plusieurs individus de l'Huître comestible, qui vit abondamment sur nos côtes, qui se sont alongés et ont pris la forme de THiutre de Virginie : le talon s'est alongé, celui de la valve inférieure s'est creusé en gouttière plus profonde qu'elle ne l'est ordinairement; l'impression musculaire est devenue plus étroite et beaucoup plus latérale. Ces modifications sont telles, en un mot, que si on trouvait un grand nombre de ces individus, on n'hésiterait pas à en faire une espèce. Sans doute que des causes sans cesse agissantes dnt pu perpétuer des modifications qui dans le principe n'avaient été qu'accidenteUes , et si un tel principe d'action a pu agir sur des êtres peu variables par leur nature, à plus forte raison, sur les Huîtres , qui se nK)difient avec une si grande facilité.

Les coquilles du genre qui nous occupe ont un aspect tellement particulier, qu'il est presque impossible de ne les pas reconnaître : elles sont irrégulières, inéquilatérales , inéquivalves; presque toutes forment des lames imbriquées plus ou moins nombreuses et saillantes; la charnière est très -simple^ sans dent, linéaire, quelquefois présentant une gout^tière sur la valve inférieure , à laquelle correspond une proéminence de la valve supérieure. L'extrémité supérieure de la coquille se termine en un talon plus ou moins alongé, résultant de l'accroissement de l'animal, qui s'avance insensiblement dans sa co^ quille , déplaçant son muscle d'attache et le ligament des valves. Ce talon, ordinairement pointu , quelquefois extrêmement long dans certaines espèces, est toujours plus .grand dans la valve inférieure que dans la supérieure, ce qui a fait dire à Lamarck que l'Huître, en s'accroissant, entraînait avec elle la valve supérieure; mais nous rejet.ons cette opinion , parce que nous nous * sommes assuré' par l'observation que là- différence dans la longueur du talon des deux valves tient uniquement à ce que les lames d'accroissement dans la supérieure sont plus fines et plus serrées que dans l'inférieure, cjuoiqu'elles soient en nombre égal dans les deux valves.

Les Huîtres proprement dites , les Gryphées non comprises, pourraient se partager en trois groupes : 1 ."* celles qui n'ont aucun pli sur l'une ou l'autre valve; 2!" celles qui ont la valve inférieure seule plissée; 3.^ enfin, celles qui ont les deux valves pUssées.

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Parmi les mollusques il en est peu qui s'offrent dans les couches de la terre avec autant de constance et d'abondance que les Huîtres : elles se montrent des premières dans les plus anciennes couches qui contienn^it des corps organisés^ et on les re* trouve ensuite dans toutes les autres formations supérieures, dans lesquelles elles forment souvent des Uts ou des bancs fort épais , dont quelques-uns peuvent être considérés comme étant encore en place. Celte abondance des Huîtres fossiles, comparativement à beaucoup d'autres genres, tient bien probablement à ce qu'elles sont indissolubles dans toutes. les couches qui les recèlent, ce qui les a mis à l'aigri d'une destruction aussi fréquente que les restes d'autres mollusques. Cette propriété dépend sans doute de la composition chimique du test^ composition qui est due entièrement à l'animal.

Nous sommes persuadé que le genre Huître deviendrait fort utile au géologue, s'il était mieux connu dans la distribution de ses espèces; fossiles; mais la détermination des espèces étant fort difficile par l'incertitude des caractères , il deviendra presque impossible de faire un fréquent usage du genre dont nous nous occupons , avant que la science ne possède une monographie complète et bien faite de ce gpnre tout à la fois si nombreux et si intéressant.

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PL. i5, fig. 5.

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