‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 33 sur 61 · Genre Planorbej Planorbis · texte numérisé non relu

Genre Planorbej Planorbis

Caractères génériques. Coquille discoïde , à spire aplatie ou surbaissée, ^et dont les tours sont apparens en dessus et en' dessous. Ouverture oblongue, lunulée^ très -écartée de Taxe; le bord droit jamais réfléchi. Point d'opercule..

Une coquille discoïde est celle qui est aplatie également des deux côtés, dont la spire, enroulée sui: un plan horizontal , n'est pas saillante au-dessus du dernier tour. De ces coquilles discoïdes les unes peuvent être parfaitement symétriques et les autres avoir la spire un peu plus saillante d'un côté que de l'autre ; c'est ce qui a lieu le plus ordinairement dans les Planorbes : au contraire ^ les Ammonites, les Nautiles, etc., sont toujours symétriques. Nous ne sommes plus au temps où les conchyliologues confondaient les Planorbes et les Ammonites dans un même genre. Personne n'ignore aujourd'hui que dans les uns il n'y a. jamais de cloisons, tandis qu'il

' ( 47 ) y en a constamment dans les autres. Tout le monde sait aussi que les Ammonites sont des coquilles dont les types vivans n'ont pas été retrouvés jusqu'à présent, tandis quenous.voyons tous les jours en abondance les Planorbes dans nos rivières et nos étangs.

LesPlanorbes ne peuvent vivre. que dans les eaux douces et sojit les compagnons ordinaires des Limnées, des Ancyles et autres coquillages lacustres; il est tout naturel de les retrouver à Tétat fossile environnés des dépouilles des êtres qui ont vécu avec eux. Lorsque dans une même couche on ne trouve que ces dépouilles d'animaux lacustres y on peut être assuré que cette couche toute entière est due à l'eau douce; si cette couche- n'a pas été recouverte par un dépôt marin , on peut être assuré que sa formation a eu lieu sous l'influence de l'eau douce exclusivement ; mais si cette couche est de peu de puissance et qu'elle soit intercalée eijtre des couches marines , on peut être assuré , malgré ce fait curieux qu'elle ne contient aucune coquille marine , qu'elle a été cependant déposée au sein de là mer, qui en a reçu les matériaux transportés par un affluent d'eau douce. Cependant 9 dans l'une et l'autre circonstance, on trouvera dans la couche dont il s'agit des Planorbes^ des Limnées, etc., et quelquefois les mêmes espèces se montreront dans les deux circonstances que nous venons de signaler.

Nous ne connaissons de véritables Planorbes fossiles que dans les terrains tertiaires. Les espèces sont distribuées d'une manière assez constante, et sont limitées dans des bassins de même époque, qu'elles

ne franchissent pas ordinairement; c'est ainsi que les espèces des environs de Paris ne sont pas les mêmes que celles de l'Italie, de Bordeaux ou de Dax- Celte règle générale n'est pourtant pas sans exception; car quelques - unes des es{)èces de Paris se montrent en abondance dans les grands dépôts lacustres de l'Auvergne, et celles de l'Alsace pourraient bien n'être que des variétés des mêmes types. On compte vingt -neuf ou trente espèces de Planorbes fossiles dans les auteurs; mais ce nombre doit être réduit, car plusieurs espèces se trouvent reproduites sous plusieurs noms.

PL. 1 , fig. 9. Planorbe arrondi ; Planorbis rotundatus^ Brong.

P. testa discoideâ y lœvigatd substriatdve ^ supernè subplandy subtus concavd; anfractibus sex rotunrdatis; aperturd obliqua, semilunarL .

Brong., Ann. du Mus., tom. i5, pag. 570, pL 22,

Planorbis similis, Fer. y Mém. géoL, pag. 6ï,n.** 1.

Planorbe arrondi, Brard, Ann. du Mus., tom. 14» pi. 27 , figi 19 et 20..

Nobis^ Descript. des coq» foss. des environs dé Paris, tom. ï , pag. 83 , n.° 2 , pL 9, fig. 7 et 8.

Var. ^, nob., Testa minore, subsymetricd.

Planorbis- rotundatus y Fér.^ loc. ^iL, u.^ 2.

Var. j6, nob., Testa ultirno anfractu majore.

En comparant le Planorbe arrondi aux espèces qui par la taille l'avoisinent le plus, on reconnaîtra

bientôt qu il a des caractères constans à l'aide desquels on le distinguera facilen>ent II est discpïdç , aplati, régulièrement enroulé horizontalement, concave des deux côtés ^ mais plus en dessous qu'en dessus; tous les tours de spire, depuis le premier, sont égsJement visibles des deux côtés; ils augmentent lentement de diamètre, et le dernier est proportionné aux précédens. Ces tours de spire, au nombre dé six ou sept y sont arrondis ,. convexes , réunis par une suture assez profonde et simple ; ils sont embrassans, c'est-à-dire qu'ils se recouvrent mutuellement en partie. Le dernier tour, régulièrement arrondi, est également convexe des deux côtés. Il né présente pas, comme dans quelques çspèces, un aplatissement sensible en dessus; il se termine par une ouverture oblique, semi-lunaire, uii peu plus large que haute , à bords simples , à peine éyasés. Cette coquille est ordinairement lisse; quelques individus, surtout les plus grands, sont striés vers Touvertùre : ces stries , quoique régulières , sont dues aux accroissemens.

M. dé Férussac cite l'analogue vivant de cette espèce. On voit en effet dans les collections, sans désignation de localité, une coquille qui a beaucoup d'analogie avec la fossile, mais que l'on ne peut regarder cependant comine un analogue parfait L'analogie est plus complète entre notre variété A et le Planorbis orienialis^ Lamk., qui a été rapporté de l'île de Scio par Olivier.

Le Planorbis rotundatus ne se trouve pas seulement dans le bassin de Paris , il se montre dans les

rastes dépôts lacustres de l'Auvergne, et peut-èlre les grands Planorbes du terrain d'eau douce de Boux^willer en Alsace ne sont-ils qu'une forte variété du même type. Si Ton trouvait dans- ces localités d'autres espèces analogues avec celles des environs de Paris , On pourrait en conclure que tous ces dépôts lacustres appartiennent à une même époque.

Aux environs de Paris, le Planorbe arrondi peut caractériser les terrains d!eau douce qui sont côntOTiporains du gypse, tels que les marnes calcaires qui lui sont inférieures et supérieures , ainsi que le terrain d'eaii douce supérieur ou les meulières, dans lesquelles il est répandu avec abondance.

Nous avons une fois rencontré cette coquille à Valmondois, dans le grès marin supérieur; mais comme dans cette localité on trouve des galets formés avec des marnes du gypse, il est très -probable qu'il en a été arraché et mélangé avec les coquilles marines.^

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