Genre Limnée,; Limnœa
Caractères génériques. Coquille oblongue, quelquefois turrictdée, à spire saillante. Ouverture entière, plus longue que large ; bord droit, tranchant; sa partie inférieure remontant sur la columcDe et y formant un pli très -oblique et rentrant dans l'ouverture. Point d'opercule. •
Comme les* Planorbes , les limnées habitent exclusivement les eaux, douces et ne sont pas moins abondantes qu'eux sur presque tous les points du
globe. Ce sont généralement des coquilles minces , alongées, quelquefois turriculées» k spire toujours pointue, même quand le dernier tour est globuleux. Leur ouverture, plus ou moins ample, quelquefois évasée, l'est phis particulièrement à la base. Cette base est arrondie, continue, et le bord, en sre joignant à la columelle , s'infléchit en dedans et produit un pli tordu sur lui-même qui constitue la columelle elle-même. La base de l'ouverture est toujours entière , ne présentant jamais ni échancrure ni troncature* Il est bien essentiel de ne pas oublier ces caractères ; 'car on arriverait, comme Lamarck en a donné l'exemple, à confondre des coquilles de différens genres avec celui-ci.
Les Limnées se rencontrent en assez grand nombre à Tétatfossile^ et exclusivement, jusqu'à présent, dans les terrains tertiaires; eUes y a<;cômpagnent les Planorbes et ne donnent en général aucune indication de plus qu'eux ; elles peuvent leur suppléer; mais il est très-rare de rencontrer un de ces genres sans l'autre.
PL. 1, fig. lo et 11.
Limitée alongée; Limneus longiscatusj Brong.
X. testa elongatdy subturritdj aeuminatdj lœ^igatd; aperturd obliqud^ ovato-acuid^ basi subdi- Jatatd; columelld marginàtdy basi contorta-plicata.
Brong. , Ann. du Mus. , tom. 1 5 , pag. 37 3 , pi. 22 , fig. 9.
Brard ; Ann. du Mus. , tom. 14» pi. 37 , fig. 1 4 et 1 5.
Nôbis, Descript. des coq. foss. des env. de Pans, tom. 1 5 pag. 92 , n.° 1 , pi. 1 1 5 fîg. 3 et 4-
Cette espèce est la plus grande parmi celles des environs de Paris ; sous ce rapport elle se rapproche du Limneusstagnalis^âont elle diflPère par ses autres caractères. Elle est alongée, étroite, subturriculéej le detniér tour, quoique grand relativement aux précédens , n'est pas enflé et disproportionné comme dans la Limnée des étangs ; la spire est composée de sept à huit tours lisses, légèrement convexes, à suture simple et peu profonde; le dernier» plus .grand que tous les autres réunis, se termine par une ouverture à peu près égale à la moitié de la hauteur totale de la coquille. Elle est ovale-oblongue , pointue postérieurement , oblique à Taxe longitudinal, légèrement évasée à la base, et ayant à la columelle un pli oblique et tordu assez saillant La surface extérieure, toute lisse, ne présente que quelques ondulations longitudinales ou quelques stries d'accroissement.
Cette 'Limnée se trouve dans le bassin de Paris dans les marnes blanches calcaires qui sont audessous du gypse, à la Villette, à Saint -Ouen, et audessus de cette formation , à Belleville et à Pantin.
Quelques fragmens d'une Limnée, recueiUis en Auvergne avec le Planorbis rolundatus ^ nou^ ont été communiqués par M. Murschisson, savant géologue anglais : ces fragmens paraissent appartenir à l'espèce que nous venons de décrire; cependant nous aurions besoin d'individus plus complets pour décider cette question. .Cette Limnée, ainsi que le Planorbe arrondi, peuvent servir à caractériser l'un
ou l'autre les marnes du gypse, et indiquer la place qu'il devait occuper lorsqu'il vient à manquer dans la série , ce qui a lieu quelquefois.
23, Genre Mélanie; Melania.
Caractères gérhériques. Coquille turriculée; ouverture entière , ovale ou oblongue, évasée à la base ; columelle lisse, arquée en dedans; un opercule corné.
Linné confondait les Mélanies ayec beaucoup d'autres coquilles dans son grand genre Hélice, et Bruguière, sans que la méthode y ait beaucoup gagné, les plaçait dans le genre Bulime. Lamarck fit donc une chose utile en établissant le genre Mélanie pour des coquilles qui ne sont pas terre3tres comme les Bulimes et les Hélices, et qui, quoique vivant dans les eaux douces, se distinguent éminemment de tous les autres genres que l'on y rencontre avec elles.
Les Mélanies sont des coquilles alongées, turri- .culées, étroites et très-rarement ovalaires et un peu élargies ; presque toutes sont couvertes d'un épiderme noir ou d'un brun foncé, ce qui a valu au genre la dénomination iqu'il porte. H se distingue particulièrement par la forme de l'ouverture, qui est entière, ovale -oblongue, sans échancrure ni troncature à la base, mais l'ayant seulement évasée et versaiité. Ce caractère de l'ouverture entière empêche que l'on puisse confondre les Mélanies avec les Mélanopsides, et surtout avec les Cérites;.
Tel que 'Lamarck l'a cpnçu , le genre Mélanie contenait des coquilles mannes et des coquilles fiuviatiles ; c'est principalement parmi les espèces fossiles que ce mélange pouvait se remarquer; les espèces marines ont pour la plupart une forme qui leur est particulière, et cela a aidé à en former un genre à part sous le nom de Rissoa. Ce genre, composé de petites coquilles, se reconn£at à la forme de la lèvre droite de l'ouverture, qui fait une saillie au-dessus de celte ouverture. Cette lèvre droite est ordinairement épaissie , arrondie et non tranchante, comme dans les Mélanies.
Si les Rissoas sont assez faciles à distinguer des Mélanies propreqient dites^ on . éprouve beaucoup plus de difficultés pour séparer sur des motifs plausibles des coquilles marines qui ont conservé les caractères des Mélanies. On a la conviction que ces coquilles sont marines, parce qu'on les trouve en grande quantité et exclusivement dans les terrains marina. Nous pouvons citer comme exemples les MeJania çosiellata et lactea , qui se voient partout où il j a du calcaire grossier et jamais dans les terrains lacustres. purs. Ces espèces ne sont pas les seules que nous pourrions indiquer; quelques-unes qui vivent dans nos mers se retrouvent fossiles en Italie, dans le Piémont et en Sicile. Pour celles-là du moins leur origine marine n'est pas douteuse; mais malgré cela doiventrelles être rejetées des Mè* lâïiies? M. de Blainville a essayé de les introduire dans le genre Phasianelle ; mais ce rapprochement n'est pas admissible qtiani à présent Pourquoi n'y
aurait-il pas des M élanies marines comme il y a dés Paludines marines, des Nériles d'eau douce et marines, des Moules d'eau douce et marines, etc.? Quoiqu'il ne répugne pas à la raison d'admettre des Mélanies marines, on ne peut cependant actuellement le faire que d'une manière conjecturale; on ne pourra se décider que d'après la connaissance des animaux.
Il est remarquable que dans les eaux douces où sont les Mélanies, on ne rencontre le plus ordinairement ni Paludines, ni Limnées, ni Planorbes^ mais en abondance des Mélanopsides et des Néritines : à la place des Mulettes on rencontre des Cyrènes. Ces associations d'espèces, qui ont lieu dans l'état de vie, se retrouvent encore lorsque les races ont été enfouies et sont devenues fossiles ; on ignore totalement les causes qui les produisent Pourquoi dans certaines eaux ne voit -on que Paludines, limnées, Mulettes^ et dans celles d'un pays limitrophe ne rencontre-t-on que Mélanies, Mélanopsides, Néritineis et Cyrènes? Il est bien difficile de résoudre ce problème. .
Les espèces fossiles de Mélanies sont nombreuses; elles se distribuent dans divers terrains : nous en connaissons plusieurs dans les terrains secondaires, et notamment dans l'oolite ferrugineuse des environs de Caen. ir en existe sept à huit espèces; on doit s'attendre qu'elles n'ont auV5utie analogie avec les espèces des terraini plus modernes , et encore moins avec celles qui sont actuellement vivantes. Ge qui paraîtra incroyable, c'est que quelques-unes
de ces espièces de l'oolîte ont conservé des couleurs. Il nous a fallu plusieurs exemples de ce fait des plus curieux pour ne pas latlribuer au hasard. Un autre motif nous engage encore à l'admettre ; car les couleurs dont il s'agit ont la plus grande analogie avec celles que nous observons sous Tépiderme de plusieurs Mélanies ou de quelques Mélanopsides.
Dan& les terrains tertiaires les Mélanies sont très -abondantes, et se rencontrent, comme nous l'avons dit 9 aussi bien dans les terrains lacustres que dans ceux de mélanges, et dans les marins les espèces ne se confondent pas; certaines sont propres aux terrains lacustres; d'autres, au contraire, le sont aux terrains marins. Les deux espèces dont nous allons parler appartiennent à ces deux sériés dis* tinctes et pourront aider à les caractériser.
PL. 2, fig. 6 et 7- '