BucARDE poruleuse; Cardium porulosurriy
Lamk.
C. testa rotundatd^ cordiformiy œquUaterOj costis planulatisy medio biparlilisy lamelld recta ^ basi porulosd; margine profundè denticulato.
Lamk., Ânn. du Mus., tom. 6, pag. 34^» '^•^ ^ » et tom. 9, pi. 19, fig. 9, a, b.
Ibid,^ Anim. sans vert., tom. 6, \^ part, pag. 18, n.°4.
Brander, Foss, ffani.y tab. 8, fig. 99.
Sowerby , Min. Conch. , pi. 54o , fig. 2.
Seba, Mus.j tom. 5, pi. 106, fig. 47 à 60.
Nobis, Desc. des coq. foss. des envir. de Paris, i3.* livrais., pi. 5o, fig. i à 4*
Var. /3, nob. , Testa obliquiore; lamellis basi integriSj margine dentatis.
Var. «y, nob.. Testa minore; lamellis basi integris, regulariter squamoso^nodosis.
Nous ne pouvons que répéter ici ce que nous disons de cette espèce intéressante dans notre ouvrage sur les fossiles des environs de Paris ; nous avons fait remarquer qu'étant universellement répandue dans les terrains marins de ce bassin, elle peut être considérée comme une des espèces qui caractérisent le mieux Fépoque de ce terrain tertiaire.
On la remarque en effet dans toutes les formations marines, depuis la plus inférieure jusqu'à la dernière. On remarque aussi que pendant la longue
période de son existence elle a subi des influences assez constantes pour en être altérée d'une manière invariable, et présenter ainsi, selon lage des couches où on Tobserve, des variétés constantes; on pourrait même arriver à ce résultat que 1 âge d'une couche érant donné , on pourra déterminer d'avance la variété du cardium porulasum qu'on y trouvera. Voici à cet égard ce que nous avons observé:
dans les terrains marins les plus anciens , les sables du Soissonnais, cette coquille n'acquiert qu'un petit volume; les lames sont peu élevées, jamais poruleuses à la base; mais granuleuses, et même écail* leuses à leur bord libre. En passant dans le calcaire grossier, proprement dit, mais dans les couches les plus inférieures, cette coquille prend son plus grand développement; les lames restent courtes; elles sont quelquefois découpées dans toute leur hauteur, et les pores de la base sont très -petits: dans tous les cas les lames sont fortement striées latéralement, et irrégulièrement dentelées sur le bord libre. Parvenue dans le centre et la partie supéiîeure du calcaire grossier, la Bucarde poruleuse conserve une taille assez grande; mais ses lames élevées, régulières , élégantes , sont percées à la base d'un grand nombre de pores ou plutôt d'arceaux réguliers , ce qui leur donne de la ressemblance avec de longs aqueducs en miniature ; cependant elle est encore susceptible de varier, et l'on retrouve à Grignon des individus qui , quoique plus grands , rappellent ceux des couches les plus anciennes, comme pour constater par leur présence que les uns et les autres dé-
pendent de la même espèce. Une fois parvenue hors du calcaire grossier , dans les grès marins , soit supérieurs, soit inférieurs , elle ne varie plus; elle reste avec ses grandes lames, telle à peu près que nous l'avons vue dans les parties supérieures du calcaire grossier.
La bucarde poruleuse est arrondie, globuleuse, cordiforme , assez mince et fragile; elle est presque équilatérale , rarement oblique; ses crochets, assez grands, sont saillans, recourbés, opposés; il en part en rayonnant trente à trente -huit côtes aplaties, séparées entre elles par un sillon plus ou moins profond. Chaque côte est partagée dans le milieu par l'insertion d'une lame saillante-, tantôt poruleuse à la base , tantôt entière et granuleuse ou écailleuse à son bord libre; ces lames descendent du sommet jusque sur le bord de la coquille. Ce bord est découpé en autant de grandes dentelures qu'il y a de côtes. La charnière est droite, étroite; elle présente sur chaque valve une dent cardinale conique, en crochet, et à côté une cavité de la même forme. Les dents latérales sont aplaties , lamelleuses , et surtout l'antérieure , qui est la plus saillante.
Les variétés se distinguent : la première, par sa taille toujours plus petite, par une forme plus oblique et par ses lames nombreuses , non poruleuses et dentelées au bord libre. La seconde, par sa taille également petite, et surtout par ses lames nombreuses, courtes et régulièrement noduleuses ou écailleuses, et jamais percées de pores.
- Celte espèce se trouve dans tous les terrains marins des environs de Paris ; les variétés appartiennent aux parties les plus inférieures de ces terrains (Bra* cheux , Abbécourt, le Soissonnais): on la rencontre également à Valognes et dans l'argile de Londres et de Barton. Cette argile, comme on le sait, remplace ou est l'équivalent du calcaire grossier parisien.
Les grands individus ont cinquante-deux millimètres de long; les plus grands des variétés n'ont que trente-cinq millimètres.