‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 40 sur 61 · Genre Natice; Natica · texte numérisé non relu

Genre Natice; Natica

Caractères génériques. Coquille subglobuleuse, eu^iliquée; ouverture entière, demi -ronde. Bord, gauche oblique , non denté , calleux : la callosité modifiant I ombilic et quelquefois le recouvrant* Bord droit tranchant, toujours lisse à Tintérieur.

Le beau genre Natice est presque aussi nombreux en espèces fossiles qu'en espèces vivantes; les terrains tertiaires, si riches en corps organisés fossiles, sont ceux qui en recèlent le plus, et peut-* être les contiennent-ils, exclusivement ; car il n'est pas bien certain que l'on puisse mettre au nombre des Natices ^es coquilles globuleuses qui , provenant des terrains de transition , ont pour la forme du dos et le mode d'enroulement de la spire de l'analogie avec lesNatices. Nous ne pouvons rien statuer non plus, quant à présent, sur le genre de quelques coquilles de l'oolite dont on trouve fréquemment des moules, et qui pourraient aussi bien appartenir au genre Turbo qu'aux Natices. Le même doute existe aussi pour les espèces qui sont dans la craie : rien ne prouve que celle de Maestricht, par exemple, soit une Natice plutôt qu'une. Nérite; on ne trouve plus que la partie corticale, et rien n'indique le genre auquel elle a appartenu. Parmi les espèces des terrains tertiaires, quelques-unes ont leur analogue vivant; ce sont les espèces d'Italie , de la Sicile, de Dax et de Bordeaux, qui offrent les plus nombreux exemples de ces analogies. Il faut remarquer que dans ces divers lieux ce sont les mêmes espèces répétées et qui vivent encore dans nos mers : ainsi les Naticaglaucina ^ millepunctata ^ etc. , se retrouvent dans un grand nombre de lieux de la France, de l'Italie, de la Sicile, de l'Allemagne et de l'Angleterre. Quant aux espèces des environs de Pans^ presque toutes s'éloignent de celles des autres bassins , si ce n'est de celui de Yalognes et des environs

de Londres : rune d'elles, Natica lahelJatay a la pla9 grande analogie avec l'espèce la plus commune d«r côtes de l'Océan.

Les Naûces ont la forme demi - globuleuse dès Nérites; la plupart cependant sont moins aplaties et moins larges en dessous : elles se reconnaissent au premier coup d'œil à leur surSice lisse, à leur ombilic plus ou moins grand, calleux, quelquefois couvert par la callosité, et enfin par l'ouverture qui n'a jamais de. dents ni d'un côté ni de l'autre. Le bord gauche est plus arrondi que dans les^Nérites, et forme moins la cloispn au-dessus de l'ouverture. - Toutes les Natices, sans exception, sont marines; elles sont munies d'un opercule tantôt corné tantôt calcaire , selon les espèces.

PL. 1 , fig. 5 et 6.

NatICE ÉPiGLOTtlNE; Naticu epiglottinai Lamk.

N. testa semi'globosà^lœs^igald^ spird breçissima; umbilico arigusto^ callo ohliquo semi-cylindricOy supernè epiglottidiformL

Lamk., Ann. du. Mus., tom. 6, pag. gS, jn.^ a.

Ibid,^ Ânim. sans vert., tom. 7, pag. 652, n.° 3,.

Defr., Dict. des sciences nat., dsûcXe Notice.

Nobis, Descript. des coq. foss. des environs de Paris, tom. 2, pi. 20, fig. 5, 6, 11. .

Coquille d'un médiocre volume; elle est ovale-* arrondie, demi-globuleuse,, à spire courte et pointue, formée de quatre à cinq tours courts, légèrement convexes, dont le dernier est infiniment plus

( »77 ) gf^nd que tous les autres réunis, hà suuire est simple et superfici^e ; toute la surface estétieure est lisse, lui^me et ne montre que quelques stries d'accroissement. Â la base on voit un ombilic d'une petite dimension; il est demi^-circulaire et il est presc[ue rempli par une callosité oblique, demi-cylindrique, qui s'avance jusque vers le bord gauche, dont elle se distingue par une sinuosité supérieure et une inférieure, taillées dans l'épaisseur du bord gauche lui-même.

L'ouverture est ovale, semi-lunaire, terminée en pointe postérieurement, garnie à cette extrémité d'une callosité et un. peu dilatée à la base ; le bord droit est mince et tranchant

Cette Natice est abondamment répandue dans le calcaire grossier des environs de Paris ; mais plus particulièrement dans sa partie moyenne el; supérieure, plutôt que dans l'inférieure.

!x8. Genre PLEUROTOMAiREjP/eMrDfomarw.

Caractères génériques. Coquille turbinoïde, trochiforme ou discoïde, à ouverture entière, oblique, arrondie ou anguleuse; une fente plus ou moins large, mais profonde, sur le bord droit.

On est redevable de ce genre à M. Defrance, qui l'a proposé pour la première fois dans le Dictionnaire des sciences naturdiles ; depuis il a été généralement addpté, parce qu'il repose sur de bons caractères : il est pour les coquilles à ouverture entière ce. que sont les Pleurotomes pour celles qui

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sont canalicuLées à la base. On avait d'abord cru que lès Pleurotomaires ne contenaient que ()es coquilles subdiscoïdes de la forme de quelques cadrans ; mais bientôt on observa des espèces trochiformes, et enfin des espèces turbiniformes 9 quelquefois subturriculées, et on. fut obligé de joindre ces différentes formes pour constituer un genre .naturel, dont les caractères ont dû être modifiés de ce qu'ils étaient d'abord , pour se trouver en harmonie avec les Ëdts.

Nous faisons depuis long-temps des efforts pour cbmjdéter autant que possible le genre Pleurotomaire. Déjà nous en possédons trente espèces, et nous en connaissons quatre ou cinq que nous n'avons pu encore nous procurer. On trouve dans cet ensemble des formes très-diverses; d abord des coquilles aplaties, discoïdes, à spire très-déprimée, à ouverture subquadrangulaire, comme dans les Troques; sans que l'ouverture change de foi*me, on voit les espèces avoir de plus en plus la spire saillante et devenir autant trochiformes que les Troques les plus étroits et les plus élancés. A côté de cette série d'espèces vient s'en placer une seconde qui se distingue de la première, ea ce que les coquilles ont l'ouverture arrondie des Turbos. On voit également, comme dans le groupe précédent, un passage insensible entre les espèces à spire aplatie , et celles 'qui ont la spire subturriculée.

Pendant quelque temps les naturalistes crurent que les Pleurotomaires étaient propres aux terrains secondaires seulement : ce genre devenait précieux sous ce rapport, puisque dans le cas où ce fait se

serait confirmé, il aurait suffi de trouver un Pleurotomaire, sans désigner l'espèce, pour être certain qu'il provenait d'un terrain secondaire. Mais il en est des Pleurotomaires comme de beaucoup d'autres genres que l'on croyait pouvoir donner en masse comme caractéristiques; on est forcé d'en vaiir à Ja désignation des espèces , parce qu'à mesure que les observations se multiplient et qu'elles se font plus exactement, on voit davantage les genres passer d'une époque à une autre ; mais* les espèces rester limitées à des périodes beaucoup mieux tranchées et moins variables. La découverte récemment faite d'une belle et grande espèce de Pleurotomaire dans le terrain tertiaire (calcaire grossier) des environs de Paris, vient à l'appui de ce que nous disons, et est une preuve de plus que ce sont les' espèces et non les genres qui caractérisent les terrains. Dans leur distribution dans les couches de la terre, les espèces de ce genre se montrent aussi constantes que celles de beaucoup d'autres et pourraient servir de caractéristiques.

PL. 4? fig- ^•

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