‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 39 sur 61 · Genre Nérite ; Neiita · texte numérisé non relu

Genre Nérite ; Neiita

Caractères génériques. Coquille épaisse, semiglobuleuse, à spire peu ou point saillante, non ombiliquée^ ouverture semi-lunaire, tantôt dentée, tantôt sans dents, soit sur le bord droit ou sur le gauche; celui-ci oblique, tranchant et septiforme: opercule calcaire, muni sur le côté d'une apophyse.

Il n'est pas étonnant que Ton n'ait pas adopté généralement le genre Néritine de Lamarck; il repose sur des caractères de M peu d'importance , qu'il ne doit rester qu'à titre de section dans les Nérites» Par la création du genre Néritine, Lamarck avait eu en vue de séparer les Nérites d'eau douce de celles qui vivent dans la mer. Cette séparation lui a été fecile, sans doute, parce qu'il ne connaissait pas les coquilles qui servent de jonction entre les deux genres : telles sont ces espèces des mers de l'Inde qui n'ont jamais de dents sur le bord droit et n'en ont que quelques-unes très*fines sur le gauche, qui sont de véritables Néritines selon les caractères de Lamarck, et des Nérites par le &it Nous insistons un peu à cet égard, parce que l'espèce que nous allons décrire appartient à ées coquilles ambiguës, dont les caractères ne sont pas tellement nets que l'on puisse les placer convenablement sans hésiter.

Les Nérites sont des coquilles demi-globuleuses»

( Ï70 « spîre très-courte, point ou peu saillante, aplaties en dessous et présentant de ce côté une ouverture :6emi-lunaire. La columetle, au lieu d'être arrondie» s'avance en dessus de l'ouverture, s'amincit à son bord , qui est le plus ordinairement dentelé ; quelquefois il y a des dents sur toute sa longueur, qudquefois il y en a seulement dans le milieu; ces dents varient pour le nombre et la grosseur dans presque toutes les espèces.

Il est certains genres qui ne présentent sur leur nature aucune ambiguité , aucune équivoque ; partout où l'on trouvera un Ancyle, une Limnée, un Piano rbe, on pourra aflSrmer, quelles que soient les circonstances de leur gissement, que ces coquilles ont vécu dans l'eau douce ; mais il n'en sera pas de même de plusieurs autres genres, au nombre desquels nous plaçons les Nérites. Ce que noils avons dit précédemment, suffit pour justifier notre distinction; aussi le géologue, en trouvant des Nérites fos^ silesdans un terrain, quand même elles auraient tous les caractères* des Nérites d'eau douce, ne pourra pas assurer que ce terrain est d'eau douce. U nç pourrait le faire qu'autant que ces Nérites seraient accompagnées d'autres coquilles qui ne peuvent vivre que dans l'eàu douce; mais si ces Nérites, malgré leur apparence fluviatile, sont contenues dans tm terrain inarin , il sera impossible de dire si elles ont vécu dans l'eau douce ou dan$ l'eau de la mer.

Xes Nérites , soit lacustres , soit marines , ne se sont rencontrées à 1 état fossile que dans les terrains

terti'aireSi Nous ne connaîtrions qu'une seule exception ; mais lage des terrains auxquels elle appartient n'est pas encore déterminé d une manière certaine. Pour, quelques géologues Cozeau est un terrain de craie, pour quelques autres il serait tertiaire, mais le plus ancien des tertiaires, et serait regardé comme un point intermédiaire entre les terrains secondaires et les terrains tertiaires. Les Nérites suivent la règle générale de distribution que plus d une fois nous avons fait remarquer; chaque époque a ses espèces qui ne se retrouvent plus au-delà des dépôts qu elles représentent.

PL. 3, fig. 1 3 et 14.

Nér;te conoïde; Nerita conoidea.

N. testa basi oçata, superne oblique cohica , lœvi- ^atâ ^fucescente , maculis flammisque fuscis pictd; apice obtusissimo; aperturâ semi-lunari ; labio deniibus ocionis serrato.

Nerita conoidea , , LamL , Ann. du Mus. , tom. 5 , pag. gS, n.^ i. .

Idem , de Roissy , Buff , de Sonnini , MoU. , tom. 5 , pag. 273, n."* 9.

frelates conoidèus^ Montfort , Conch. sy st , lom. 2, pag. 354. •

Nerita perçersa y Linn. , Gmel., pag. 3686 , n.° 72.

Nerita^ Schmideliana^ Chemn., Conch, Cab., tom. 9 , pag. 1 3o , pi. 114, fig. 975 et 976.

Neriiinà perçersay Latnk. , Anim. sans vert. , tom. 6, "pag. 1 83, n.*" 1.

Nerka conoidea^ Nob. , Descript. des coq. foss^ des environs de Paris, toni. 2, pi. 18, fig. i à 8.

Nérita conoidea^ Brong. , Méin. sur les terr. calcar, Irap. du Vicentin, pi, 2, fig. 22, /z, è, c. ^

Cette coquille est sans idoute singulière par sa forme, par son faciès général} mais elle rentre par- Êiitement dans le genre Nérite, dont elle offre tous les caractères: ce qui lui donne un aspect particulier, c'est d'abord sa forme conoïde et sa spire trèscourte ; mais bien plus , la large callosité arrondie en forme de talon qui occupe toute la partie posté-rieure de la base. Cette cocjuille est aplatie , *ovale à la base; l'oayerture occupe près de la moitié antérieure, le reste est pour cette large callosité arrondie dont nous venons de parler. En dessus cette coquille est conoide ; son sommet postéiîeur est occupé par une spire de deux ou trois tours très-obtus, trèsaplatis , qui ne tournent pas de gauche à droite comme on Fa cru, et elle n'est pas gauche ou perverse, mais elle tourne comme toutes les autres espèces du même genre. Cette spire, placée ainsi au sommet d'un cône, dont l'ensemble rappelle la forme de certains cabo-* chons, donne à cette Nérite de la ressemblance avec les coquilles du genre Piléole. L'ouverture est assez grande, semi - lunaire ; la lèvre droite est simple, étalée, et offre à sa partie interne un petit rebord sur lequel l'opercule vient s'appuyer. Le bord gauche ou columeUaire est droit , aminci et garni de Iiuit dents inégales, mais assez grosses^ La surface l^xtérieure estjisse, quelquefois sillonnée, suitou^

postérieurement i par des accroîssemens irréguliers ; elle est revêtue par un enduit cortical, brillait et comme vernissé ; il est d un jaune brunâtre ou grisâire, et il offre des taches brunes quelquefois transverses, et le plus souvent des flammules ou des linéoles entrecroisées ou diversement disposées. Nous possédons un opercule de cette coquille; il ne difi%re en rien de celui des autres Nérites : il en présente exactement tous les caractères.

Cette coquille se trouve en trèsr grande quantité dans les sables du Soissonnais : elle y est disséminée avec une très-grande quantité de coquilles marines, et entre autres de Nummulites, qui forment par leur abondance la masse principale du terrain. Ces sables sont inférieurs au calcaire grossier et constitues^ les dernières couches des terrains parisiens en ijlant de haut en bas.' Cette coquille peut très-^bien caractériser les couches dans lesquelles elle est enfouie^ mais comme elle existe aussi au val de Ronca près Vérone, peut- être ne serait-ce pas une raison pour croire que ce dépôt, si bien décrit par M. Brongniart , soit de la même époque géologique que la partie inférieure des terrains marins de Paris.

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