‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 44 sur 61 · Turbo calleux ; Turbo callosus , nôb · texte numérisé non relu

Turbo calleux ; Turbo callosus , nôb

T. testa arbicalato- depressâ ^ lœvigat^ ad perir pheriam angulo obtuso marginatd ; anfractibus depressis^ supernè excavatis ; sutura marginatâ^ obscure nodulosâ; subtùs basî callo lato , irregulariy obtuso; aperturd rotundatâ.

Helkina polita^ Sow., ifcf/n. Conçh., pi. 285.

• Nous avons vainement cherché à nous rendre compte de l'opinion de M. Sowerby, qui place cette coquille dans le genre Hélicine. Les Hélicines* sont des coquilles terrestres généralement minces , fra- ' giles, dont l'ouverture, fort petite, est semi-lunaire ou en gueule de four ; elles n'ont de commun avec la coquille dont nous allons donner la description , que la callosité de la base, et encore la callosité dans lès HéUcines est toute différente de celle du Turb0 callosus.

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Cette espèce est une de celles qui par leur forme s'éloignent un peu des Turbos en général; mais elle n'est pas la seule qui fasse exception ; sa forme sub^ discoïde ne pçut donc être une raison d'exclusion du genre Turbo. Cette coquille est orbiculaire, à spire courte, largement conique et pointue; on y compte six tours aplatis, régulièrement inclinés et légèrement concaves : les premiers tours sont très-rapprochés, et leur suture est simple; mais vers le troisième commence à s'élever un bourrelet noduleùx, qui suit la suture et descend avec elle en la dominant A la partie supérieure de la circonféreqce du dernier tour se trouve un angle s.aillant et. obtus, qui limite d'une manière très-nette le côté supérieur de la coquille. En dessous elle est convexe, arrondie; la base est occupée par une large callosité, sensiblement partagée en deux parties : l'une plus centrale , déprimée-, indique la place de l'ombilic; l'autre circonscrit celle-ci en décrivant un arc de cercle. L'ouvert ture est arrondie, et son plan est oblique à l'axe de la coquille; la columelle, forteihent arquée, est courte et arrondie; la lèvre droite feàx un angle peu considérable à l'endroit où se termine le bourrelet de la- circonférence: du reste 'elle est mince et tranchante.

Jusqu'à présent on n'a trouvé cette coquille que dans les argiles du lias; quoiqu'elle y soit plu» rare que quelques autres espèces du même genre, nous avons préféré l'indiquer, parce que ces espèces ont de la ressemblance avec plusieurs de celles, des argiles de Divés, et que l'on pourrait les confondre.

( 19» ) 3i. Genre Turritellej Turritelia.

Caractères genérjifues. Coquille élancée, turiiculée, non nacrée. Ouverture arrondie, entière, ayant les bords désunis supérieurement : le droit mince et tranchant, sinueux dans sa longueur.

De tous les genres qui contiennent àes coquilles turriculées et alongées, celui-ci est sans contredit le plus facile à reconnaître , et que l'o^i peut moins confondre avec d'autres; en se souvenant surtout que l'ouverture desTurritelles est entière , sans échan** crure ni canal à la base, que cette ouverture est perpendicidaire à l'axe de la coquille et que son bord droit est sinueux, il sera impossible de conftnettre la moindre méprise. Les Mélanies, comme on le sait, ont l'ouverture oblique et toujours ovale-âlongée; elles sont de toutes les coquilles turriculées celles qui ont pour la forme extérieure le plus d'analogie avec les Turritelles ; mais avec un peu d'attention on les reconnaîtra facilement/ Nous ne parlerons pas des Cérites, des. Nérinées et des Vis; avec un peu d'habitude des coquilles, il ne faut que des tronçons pour pouvoir les rapporter à leur véritable genre, tant presque toutes leurs parties ont des caractères qui leur sont propres.

Les Turritelles sont des coquilles marines; les nombreuses espèces fossiles qile l'on connaît sont répandues avec provision dans la plupart des terrains, tertiaires : quelques coquilles , provenant des terrains secondaires et même des terrains de tran*-

( 19^ ) sition, ont été prises pour des Tumtelles. Toutes celles de ces coquilles que nous avons pu examiner avec quelque soin , n'étaient pas de véritables Turritelles. Nous en excitons un« pourtant , qui a été donnée à la collection du Muséum par M. Mamiin, Cette coquille provient des terrains de transition de l'Amérique septentrionale et paraît bien être une Turritelle. Quant à celles des terrains tertiaires , il n'y en a qu'un fort petit nombre qui aient leur analogue vivant^, tandis que quelque&runes. dès dépots les plus nouveaux ont leurs analogues fossiles dans d'autres lieux. Sous ce rapport les environs de Paris font exception ; car presque toutes cdles qui y sont leur sont propres.

PL. 2, fig. 1 et 2.

Turritelle imbricataire; Turritella imbrictUaria,

Lamk.

T. testa subulata; spirœ unjrcictihus y planisj transiter sim striatisy imbricaiis; siriis intermediis subtUissimè grarmlaiis; apertura bisinuatd.

Lamk., Ann. du Mu&., tom. 4» P^* ^t6, n.^ i, et tom. 8, pi. 37 , fig. 7 , Qy b.

Ibid.y Anim. sans vert, tom. 7, pag. 56 1, n.^ 1.

Turritella conaidea^ Soyr. , Min. Çonch. , pL 5i, fig. 1 et 4-

Turritella elongata , ibid. , loc. cit. y ilg. 2. . Turritella éditai ibid.,j loc. cit.f fig. 7.

Brander , Foss. Hant. , pL 3 , fig. 47 y 4^ ®^ 49*

Coquille longue , subulée, étroite, terminée au sommet en pointe très -aiguë; sa spire est formée

de tlir-htât à *vingt tours, et de vifngt-deux k vitigtquatre dans les plus grands individus : ces tours sont aplatis, quelquefois concaves 5 à la base de chacun d'eux se voit un bourrelet ou un angle aigu , qui la rend plus saillante que le sommet du tour qui est au-dessus. Par cette disposition particulière les tours semblent entrer les uns dans les autres , comme le feraient des cornets ou des entonnoirs empilés les uns dans les autres. Us sont joints par une suture simple, et leur surface présente six à huit stries fines, légèrement saillantes, d'une gi*ande régularité et le plus . ordinairement finement granuleuses. D'autres, un pe.u moins saillantes, s'interposent entre les pre*mières, surtout ^ur les derniers tours ^ et sont granuleuses comme elles; enfin, si l'on regarde la sur^face avec une forte loupe, on s'aperçoit que les intervalles des stries sont occupés par un réseau très-fin et d'une grande régularité, produit par l'entrecroisement de stries longitudinales et de stries transverses. L'ouverture de cette coquille est arrondie , un peu oblongue ; elle est plus haute que large : la columelle est mince , arrondie et arquée ; le bord droit, très-tranchant, a une petite sinuosité à la base et une plus large vers le milieu.

Cette espèce de Turritelle se trouve à peu près dans le même cas que le Cardium porulosum , c'est-^ à-dire qu elle varie comme lui en passant de couches plus inférieures à d'autres supérieures et d'une autre nature. Dans les sables du Soissonnais» cette espèce se montre petite, étroite: presque toutes les stries sont égaies ; elles sont nombreuses , serrées »

et ce n'est que dans leurs intervalles que l'on aper^* çoit des stries longitudinales: En Angleterre, où cette même variété se trouve dans le bassin de Londres, les tours sont seulement un peu plus arrondis et les stries plus sensiblement granuleuses. Comme elle varie un peu dans sa forme, M. Sovrerby en a fait deux espèces, Turriiella elongata tl édita. En passant dans les sables de Bracheux, d'Abbecourt et de Noailles, cette coquille devient plus grande, plus large à la base; les stries sont moins nombreuses, plus élevées, à peine granuleuses; on n'aperçoit entre elles ni stries fines longitudinales, ni transverses; l'angle des tours est peu saillant.

Dans les calcaires grossiers proprement dits on retrouve des individus qui, pour la forme et le peu de saillie de l'angle des tours, ont la plus grande analogie, avec les précédens. Les stries sont granuleuses, c'est là la seule différence; mais dans les localités où elle prend tout son développement et où elle est en grande quantité , on la Voit telle que nous l'avons décrite; elle varie en cela seulement que l'angle des tours devient quelquefois très-aigu. Dans le calcaire grossier des environs de Valognes, cette espèce ne ditière que par quelques stries de moins.

La Turritelle imbricataire est très-commune dans les terrains marins inférieurs du bassin de Paris ; elle n'est pas moins abondante dans ceux de Valo-^ gnes et de Londres, et peut être regardée avec juste raison comme une des coquilles qui caractérisent le mieux Tépoque pendant laquelle se sont Êiits ce» grands dépôts coquilliers.

( 195 ) 32. -Genre Gérite ; Ceritkiurh.

Caractères générifues. Cioquille turriculée. Oih verture oblongue» oblique, terminée à sa base par un canal court, tronqué ou recourbé, jamais échancré; une gouttière k Textrémité supérieure du bord droit.

La définition du genre Gérite , telle que nous ve* nons de la donner d'après Lamarçk, est suffisante, jusquà présent, pour réunir toutes les coquilles turriculées qui ont un canal court et même tron-* que à la base ; canal, quelle que soit sa forme ou sa brièveté , qui se distingue très-facilement de l'échaU'crure profonde qui se voit à la base des Vis ou de quelques Buccins à spire élancée.

S'il existe quelques espèces de Cérites qui ont le canal très-court et assez large pour simuler un peu une sinuosité , noiis ne pensons pas, dan» notre ma** nière de circonscrire les genres, qu'on puisse en faire un bon avec de si petits caractères. Nous de* vons donc rejeter le genre Potaniide de M» Bron^» gniart, car ce serait lui qui serait caractérisé de cette manière. Le genre Gérite est si naturel, que les per^ sonnés les plus portées à l'établissement de genres nouveaux, n'ont pu y trouver matière à un seul démembrement, et ce genre serait encore ce que Bruguière l'a fait sans le genre Potamide. Il faut dire qu'il na été adopté que par un très -petit nombre de personnes, et plutôt par les géologues que par les zoologistes. Mais actuellement, si la géologie doit

puiser des matériaux dans les sciences zoologiques ^ il est nécessaire que ces matériaux soient aussi bons, aussi invariables que l'état de la science peut l'exiger. On peut rapporter au genre Potamide quelques cequilles vivant dans les eaux saumâtres, et qui remontent quelquefois assez haut dans le lit des fleuves ou des rivières qui se jettent dans la mer. Il n'est pas étonnant, d'après cette manière de vivre, de trouver de ces coquilles avec celles d'eau douce. On ne doit pas être surpris non plus que dans les dépôts modernes qui couvrent nos continens , on retrouve la même association d'êtres qui ont pu vivre ensemble ^ et mélangés ensuite avec d'autres habitans des rivages marins. I\Iais de ce &it, qu'il y a desCérites dans les eaux saumàtres, et même dans les eaux douces, il ne s'ensuit pas que ce ne sont plus des Cérites. Lorsque l'on découvrit des Moules dans les eaux douces, on ne songea pas à en faire un genre particulier, pourquoi agirait-on différemment î(i ?

Quoique le nombre des espèces vivantes de Cérites soit considérable, il est cependant surpassé de beaucoup par celui des espèces fossiles. Nous en comptons près de cent vingt espèces rien que dans le bassin de Paris, et à peu près une centaine d'autres appartenant à diverses localités de France, d'Italie et d'Angleterre, sans j comprendra le petit nombre d'espèces qui appartiennent aux terrains secondaires. .

Les géologues ont cru pendant quelque temps que le genre Cérite ne se trouvait jamais dans les terrains secondaires; mais ils ont été convaincus

C ^97 ) que leur opinion était fausse par la découverte d^ pèces non équivoques dans la craie inférieure et dans l'oolite.

Cest d'après cette c^inion erronnée que quelques géologues avaient donné le nom de calcaire à Gérites au calcaire gi*ossier parisien. La grande abondance des coquilles de ce genre disséminées dans les couches durcies du calcaire dans les masses les plus épaisses qui sei^vent à la bâtisse , était le cachet le plus reconnaissable qui rendait cette dénomination facile pour Tusage; mais elle était trop vague, puisque Ton risquait d'assimiler à la formation du calcaire grossier une foule d autres couches d'époques difiërentes, qui contiennent aussi une plus ou moins grande quantité de Gérites. Ces dénomination^ de* calcaire à Gérites, à Miliolites , à Nummulites, etc., sont actuellement abandonnées comme elles le méritent, puisque chaque jour l'observation démontré que les genres ne sont pas limités dans les terrains , mais bien les espèces.

PL. a, fig. 5.

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