‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 56 sur 61 · Ammonite noueuse ; Ammonites nodosus , Sow · texte numérisé non relu

Ammonite noueuse ; Ammonites nodosus , Sow

A. testa discoideâ^ complanaid ; anfract&us subèxposiiis y convexo-planis j costatis ; costis distantîbus^ arcualis^ versus dorsum in tuberculum termincUis ; dorso carinato ; carinâ acuiâ^ subgranosdj prominente ; aperturâ oblongo-cordaia.

Sowerby, Min. Conch.y tom. i, pag. 210, pi. 92 , fig. 5.

De Haan, Monog. j^mman- et Goniat , pag. 1 38 , n.° 85.

D'après les indications de M. Rozet, nous avons dû faire figurer Y Ammonites nodosus de M. So- V^erby , laquelle est une espèce entièrement différente de l'^mmomïtf^no^/o^adeBruguière, celle-ci a reça de l'auteur anglaislenom â' Ammonites plicomphalus; nouveau double emploi , qui prouve combien peu de compte M. Sowerby a fait de l'ouvrage de Bruguière. Mous aurions voulu rectifier ce double emploi, mais nous avons été retenu par la crainte de ne plus être d'accord avec l'ouvrage deM-Rozet, et nous suivons strictement ses indications. De tels faits font sentir de plus en plus la nécessité d'un travail d'ensemble sur les Ammonites , qui ne per« mettrait plus de pareilles erreurs.

L'Ammonite noueuse de M. Sowerby est une pe-

lîte €oquUle discoïde, aplatie, composée de quati*e tours de spire, qui sont peu embrassans et presque entièrement découverts; ils sont déprimés, peu convexes et ornés de côtes transverses, distantes, arrondies, quelquefois presque droites et terminées subitement vers le dos, quelquefois plus courbées et moins brusquement terminées. La ligne médiane, ou la circonférence du dernier tour, est occupée par une carène aiguë, crénelée, saillante, non bordée par des sillons latéraux. L'ouverture est plus haute que large, elle est peu modifiée par Tavant-demier tour; elle est aigué supérieurement.

Cette espèce d'Ammonite se rencontre assez communément dans le lias et les argiles qui en dépendent ; nous Tavons de la Lorraine, de Mendes , département de la Lozère, et d'Allemagne : elle se trouve aussi en Angleterre.

Nous ajoutons ici la phrase caractéristique de l'autre espèce d'Animonite noueuse; nous endonnons la synonymie , qui pourra suppléer à ce qu'elle n'a pas été figurée dans cet ouvrage.

Ammonites nodosus^ Bruguière.

A. testa discoided^ anfractihus suhiiwoluiis y roiundatis , lateribus convexis^ costatis; costis novemy valdè distantibus^ sensim versus dorsum e\?anidis ; 4iorso rotundato; septis margine undulatis^ dentaiis.

Bruguière, Encycl. méthod., tom. i, n.*" 22.

Knorr et Walch, tom. ^, tab. 1 , a, fig. 45 — D. ///, fig. 5.

- Muséum tesseniammi y pi 4' %* ^'

Wolfart , HisL natur. Hassiœ infer. , tai! 7 , fig. 1^ 2, et tab. 8, fig. 6.

Ammonites undatus^ Reineck., Mar. proL naut,^ etc., tab. 8, fig. 67.

Ammonites pUcomphalus j Sow.» Min. Conch.^ tom. 4» tab. 359.

Ammonites nodosus , Schloth. , Petref. , pag. 67, n.° 11, pi. 5i , fig. 1 , fl, b,

Ceratites nodosus^ de Haan, Monog. Ammon, et Goniat.y pag. 1679 n.^ a.

Cette-coquille est assez grande, et caractérise trèsbien la formation du muschelkalk; on Ta rencontrée partout où s'est trouvée cette formation , soit en France, soit en Allemagne.

4^. Genre Turrilite; Turrilites*

Caractères génériques. Coquille turriculée, tour-« nant à gauche, alongée, à tours contigus et tous apparens; cloisons nombreuses, à bords découpes comme dans les Ammonites, et percées par un siphon marginal et dorsal^ dernière loge très-grande, terminée à la base par une ouverture arrondie et entière.

Les Turrilites sont des Ammonites turriculées, comme les Hamites sont des Ammonites courbées, et les Baculites des Ammonites droites. Dans tous ces genres on observe la même structure essentielle: des cloisons multipliées, découpées sur leurs bords, onduleuses , percées par un siphon marginal et dor-

sal. La difiërence entre ces genres réside essentiellement dans la forme extérieure, et dans le genre Turrilite cette forme est très-remarquable. Ces coquilles ressemblent à de grandes Turritelles, à base asses élargie, mais toujours sénestres, c'est-à-dire tournant de droite à gauche, à l'inverse des autres coquilles : les toui*s sont plus ou moins nombreux, selon les espèces. Ils sont arrondis, convexes, contigus, appuyés les uns sur les autres, le dernier n'étant point échancré pour recevoir le précédent Le dernier tour, qui. est occupé par la dernière loge, se termine par une ouverture arrondie, qui, à en juger par une impression que nous avons vue dans la coUecuon de M. Michelin, serait pourvue d'un bourrelet assciz gros et semi-intérieur, qui n'aurait à la basé ni écbancrure, ni canal. Ce fait, qui pouvait se déduire à priori par la connaissance des Am^ n^onites, n'en était pas moins essentiel à constater.

On ne connaît en général que les moules intérieurs des Turrilites -, quelcfuefois un lambeau du test, conservé sur le moule; sert à attester son peu d'épaisseur et sa fragilité. On juge aicore du peu d'épaisseur de ce test par l'intervalle très-étroit qui existe entre le moule intérieur et l'impression de la coquille.

Montfort, le premier, fit connaître le genre Tur-» rilite, par un Mémoire qu'il inséra dans le Journal de physique en 1 79g. Il nomma corne d'Ammon turbinée, la coquille qui en faisait le sujet; bientôt après, Lamarck fit de la même coquille le type de son genre Turrilite , qui depuis fut universelle-

ment adopté, et placé, comme cela devait être, dan» la famille des Ammonés^

Les terrains de craie, si intéressans pour le gë<^logue, tant à cause de leur étendue que par les variétés si étonnantes dans la nature des rocbes qui les constituent, ne sont pas moins importans aux yeux du zoologiste, qui trouve dans les nombreux fossiles qu'ils recèlent de nouveaux sujets d'étude» Les Céphalopodes surtout, et en particulier ceux qui appartiennent à la famille des Ammonés, se montrent dans toutes leurs variétés de formes dan» la craie seulement Dans les terrains antérieurs on trouve une étonnante • quantité d'Ammonites, et, comme nous l'avons vu, quelques Hamites; mais c'est id que l'on voit les Baculites , le plus grand nombre des Hamites, les Scapfaites, les Turrilites et les Ellipsolites ou Ammonites ovales , que nous ne citons que comme une forme à ajouter aux autres. Ce qui est fort remarquable , c'est que tous ces types, après un développement instantané^ pour ainsi dire, aussi considérable, s'éteignent subitement^ et ne se trouvent plus dans les terrains qui sont immédiatement supérieurs à la craie. Ces types n'y sont même pas représentés dans les terrains tertiaires par d'autres, que l'on pourrait croire leur avoir succédé.

PL. 6, fig. 4- TuRRiLiTE costulée; TurrUites coslaius^ Laml.

T. testa iurritâ^ elongatd; anfractibus coiwexis , sinistrorsum spiralibus^ longUudinaUier costatis; costis rotundatis ; subdistantibus ^ a margine supé» riore infra médium usque vergentibus , infeme /wberculatis; tuberculis rotundatis , in ultimo anfrqetu hiseriatis^ in superioribus uniseriatis.

Bourguet, Pétrif., tab. 5i, fig. 33 1.

MoQtfort, Joum. de phys* et d'hist. nat, 1799» pag. 143.

DeRoissy, Bufibn de Sonnini, tom. 5, pag. 3a,

Montfort, Conch. syst. , tom. 1 , pag. 1 18.

Sowerby, Min. Conch. ^ tab. 36.

Brongn. , GéoL des environs de Paris, pi. 7, fig. 4.

Parkins. , Org. rem.j tom. 3, tab. lo^ fig. ia«

Lamarck, Anim. sans vert, tom. 7, pag. 646.

Turrites costatus , de Haan , Monog. Amnwnit^ et Goniat.j pag. 76, n.^ 1.

Le petit nombre d'espèces qui sont connues dans ce 'genre, permet de les distinguer facilement. Il y a des individus de cette espèce qui, s'ils étaient entiers, auraient sept à huit pouces de longueur, et seraient composés de quatorze à quinze tours. On peut croire qu'ils étaient ainsi, non parce qu^on en a vu d'entiers, mais parce qu'il est facile, à l'aide de plusieurs individus, d'en composer un seul. Il est très-rare de trouver des tronçons qui aient plus de trois ou quatre tours bien conservés. Les tours sont

convexes, arrondis, séparés par une suture simple et profonde 3 des côtes lonjgitudinales, au nombre de vingt à vingt-deux, se voient à chacun d'eux : elks naissent de la suture ; peu saillantes d abord , elles descendent obliquement en s'aùgmentant, et se terminent brusquement au milieu du tour; au-dessous d'elles , et après un petit intervalle lisse , se voit un rang de tubercules arrondis, et sur le dernier tour* il y en a un second rang, de plus petits, audessous du premier. Sur quelques individuis on remarque que les cloisons étaient nombreuses et profôtxdément découpées sur les bords; la dernière loge, qui est fort grande, occupe ordinairement plus du denuer tour de spire : il devait contenir très-probablement la plus grande jpartie de l'animal.

Dans la craie tufau des environs de Rouen et d'Angleterre, on trouve fréquemmetit des fragmens de cette coquille; dans d'autres lieux:, où existe la même craie, elle est remplacée par d'autres espèces du irièmë genre. ' *

4^- Genre Nummulite?, NummûKtes.

Caractères génériques. Coquille lenliculaire, discoidale, amincie vers I4 circonféreace, itiultispirée; dernier tou^ enveloppant entièrement tous les au-» tfps. Une petite 0|iyer^ure - cOjatre l'avant -dernier tour de spire, s'eflSiçqnt dw^ l'âge adulte. Ooisons nombreuses, simples, entier^, noia percées par un «iphoo.

Des ahangemensî qon^bre)^ pnt eu lieu d^ns b

distiibudon des genres des Céphalopodes micrbsco** piqtzes , nommés Foramuûfères par M. d'Orbigny, dans son travail sur ces êtres curieux, et Polypodes par nous, dans l'article Céphalopode de TEncyclo^ pédie méthodique. Ceat à des ouvrages généraux, du genre de ceux que nous venons de nientionner, que nous devons renvoyer les personnes qui dé^ sirent connaître plus en détail et l'organisation et la distribution méthodique des êtres qui forment cette classe si étonnante et si merveilleuse.

Aux Nummulites de Lamarck , M. d'Orbigpy a judicieusepient réuni les Lenticulites du même auteur. U y a joint également les genres licophre,- Rota^ie et Égéone de Montfort, qui ne valaient pas la. peine d'être séparés du genre principal. Ainsi réformé, le genre Nummulite ne contient plus que des coquilles en général petites ou d'un volume médiocre, apla-r ties, discoïdes, et ressen^blant par cela à delà mon-^ paie ; ce qui leur a valu le nom qu'elles portent

M. Cuvier, dans un Mémoire très-intéressant publié depijds longtemps, étudia avec soin la structure curieuse de ces coquilles, et la comparant à celle des Sèches, il conclut de leur analogie que l'animal qui avait produit les Nummulites était U9 Céphalopode : d'après cela les Camérines, comme on nomme encore quelquefois les Nummulites, furent introduites àws les mollusques céphalopodes, et ce fut par des rapports trop forcés qu'on leur tivouva de l'analogie avec les Nautiles, et que les auteurs» à l'exemple de Lamarck, les placèrent dans l^s mé^ thodes près d^ ce genre. $i Ton eut fait attention

( sSo )

que dans les Nautiles il y a une ouverture à tous les âges, et que les cloisons sont percées par un siphon» tandis que dans les Nummulites il n'y a jamais de siphon, et très-rarement une ouverture, il n'en aurait pas fallu davantage pour éloigner à jamais ces genres; mais on n'avait pas encore attaché à ces caractères, si faciles à reconnaître, l'importance qu'ils méritaient, et quils eurent depuis.

Lorsque l'on use une Nummulite d'un côté, ou qu'on parvient à la casser en deux , on reconnaît qu'elle est formée dun très-grand nombre de tours trè&-serrés, tellement enveloppans que dans certaines espèces les centres d'enroulement de la coquille ne sont même pas sensibles. Ces tours, dont on compte jusqu'à vingt dans des coquilles qui n'ont que dix ou douze millimètres de diamètre, sont divisés par un grand nombre de cloisons simples, obliques, qui n'ont ni siphon ni perforation; ce qui feit supposer que les animaux de ces coquilles les portaient, comme les Sèches, dans un sac dorsal, auquel il n'était pas nécessaire qu'elles fussent attachées aussi solidement que des coquilles extérieures ou en partie externes.

Comme genre ^ les Nummulites ne peuvent plus servir, comme autrefois, à caractériser les calcaires grossiers; on les a observées dans la craie. Elles sont dans le Jura en immenses quantités; on les voit également dans les terrains secondaires des Pyrénées: il faut donc, pour ce genre comme pour tant d'autres, s'attacher à l'étude des espèces; c'est le seul moyen qu'a aujourd'hui le conchyUologue pour

éclairer la géologie. A cet égard, le genre Nutnmulîte ne peut encore être d'un grand secours , parce qu'il manque une histoire complète de ce genre , et que,, sans cela, les espèces très-voisines peuvent être con«^ fondues et donner lieu à des méprises graves.

PL 3 , fig. 11 et 12.

NuMMULiTE LISSE j NummuUies^ lœçigatù ^ Lamk,

N. testa lenticulari^ lύij utrinque vix convexa.

Lamk., Anim. sans vert , tom. 7, pag. 629, n.^ 1.

Idem^ Ann. du Mus., tom. 5, pag. 241 , n.^ 1. . Guettard, Mém., tom. 3, pag. 4^1^ pi. iS, fig. 1 à 10.

Camerina lœvigatdy Brug., Encycl. méthod.^ tom. a, n.** 1.

Nautilus lenticularis j Fichtel et MoU, Te&t. microsc.j pag, 56, pi. 7, fig. c, dy e^f.

Nummidites denariusy Montfort, Conch. syst> tom. 1 , pag. 1 54*

Cette coquille fossile est reconnaissable à sa forme discoïde et à son aplatissement assez considérable; à peine si elle est un peu plus épaisse au centre qu'à la circonférence. Elle est toute lisse, blanche, n'a jamais l'ouverture apparente; quelquefois elle est fort régulière, d'autres fois un peu contournée et ployée; cela a lieu surtout dans les plus vieux individus. Les tours de spire sont très-serrés et fort étroits; on en compte dix-sept à dix-huit dans les coquilles de dix ou onze millimètres de diamètre; les plus^ grands individus ont un diamètre double de celui*ll«

La Naminulite lîsse ne se trouve qu'aux enviross de Paris et de Valo^e, dans les parties inférieures du calcaire- grossier; il y a des hancs considérables qui ne sont composés que de ces coquilles, réunies entre elle^ par une petite quantité de ciment calcaire, qui les joint solidement Elle devient beau* coup plus rare dans les parties moyennes du calcaire grossier, et ne parait plus dans le9 grès marins inférieurs.

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