‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 57 sur 61 · Genre Miliole; Miliola^ Lamk · texte numérisé non relu

Genre Miliole; Miliola^ Lamk

Il n'est plus possible aujourd'hui de conserver le genre* Miliole tel que Lamarck l'a conçu. M. d'Orbigny, clans son travail si utile sur les Céphalopodes microscopiques, a fait voir que dans les Milioles on pouvait faciletnent trouver quatre genres. Les caractères qu'il leur a donnés et qui sont suffisans, indiquent la nécessité de l'établissement de ces genres. Nous ne les caractériserons pas ici ^ nous ne ferons que les indique»^ ce qui suffira pour l'usage qu'on en peut 6içe^*l«^ genres que T^n trouve fossiles aux environs de Paris, et qui étaient confondus dans un seul , sont au nombre de trois : les BilocuUnes (pL 5, fîg. 8, 9 et 10); les TrUoculines (pi. 3, lig. 5 , 6 et 7 ), et les Quinquéloculines (pi. 5 , fig. i , 12 , 3 et 4) de M. d'Orbigny. Ces genres ne contiennent que des coquilles extrêmement petites, composées d'un certain nombre de loges, pelotonnées diversement sur un même axe , de manière à ce qu'il y en ait toujours le même nombre d'apparentes en

dehors. Cest diaprés ce nombre de logés visibles que les genres ont été faits, et qu'ils ont reçu leurs noms.

Les coquilles de ces genres , qui ont à peiné la grosseur des grains de sable, sont^ aux environs de Paris surtout, tellement multipliées, leur nombre est si prodigieux que, malgré leur extrême petitesse i elles forment des couches très -puissantes et trèsétendues de calcaire à bâtir. Dans la plupart den pierres dont Paris est bâti, il y en a autant que de grains de sable, et l'on peut, dire sans exagération » que Paris est bâti de coquilles. Cette quantité si étonnante de petits corps organisés dans les calcaires grossiers de Paris , avait valu à cette formation la dénomination de calcaire à Miliolites. Ce nom ne pouvait rester, il devait être rejeté, conune celui de Calcaire à Cérites, par cette raison que Ton trouve des Miliolites dans tous les terrains tertiaires, et même dans les terrains secondaires.

Les Miliolites , comme la plupart des coquilles microscopiques, sont d'une observation trop difficile et trop minutieuse, pour qu'elles soient fréquemment employées pour caractériser ies terrains ^ on n'en fera usage qu'à défaut d'autres indices, et il Êiudra avoir une grande habitude de les observer, pour ne pas commettre d'erreurs ; car pour elles , comme pour Jes plus grandes , il faudra avoir recours à la distinction des espèces, et l'on peut dire, à cet égard, que presque tout est à faire. Il se passera donc encore bien du temps avant que le géologue puisse utiliser les minutieuses recherches qui

restent à faire dans ce monde microscopique tout nouveau , dans lequel on compte plus de neuf cents espèces, distribuées dans près de soixante genres.

Les espèces que nous avons fait figurer , et qui appartiennent aux trois genres que nous avons mentionnés, ne sont pas plus caractéristiques que d'au* très; nous les avons prises au hasard parmi celles des environs de Paris, pour donner un exemple de leur structure, et que Ton sache, sans s'y méprendre, ee que Ton doit entendre par Miliolites, lorsqu'il est question d'une manière vague de cet ancien genre de Lamarck.

Ici se termine la description des corps organisée fossiles de la classe des mollusques qui peuvent ser«> vir à caractériser les terrains dans lesquels ils sont enfouis. Ces corps ne sont pas les seuls qui soient conservés dans ces couches, et quoiqu'en général ils en forment la masse principale , ils sont néanmoins souvent accompagnés d'êtres appartenant à <l'autres classes, et dont la présence est aussi d'un grand secours au géologue qui, dans plus d'une circonstance, a besoin d'un ensemble de caractères pour se décider sur la nature du terrain qu'il observe- Cette nécessité de caractères d'ensemble se Êiit d autant plus sentir, que l'on n'a pas encore posé les bases fixes par lesquelles on pourrait parvenir à posséder un petit nombre d'espèces plus invariablement caractéristiques que le grand nombre que l'on emploie à défaut d'un moyen plus simple. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet, dont il a été question au commencement de cet ouvi^age.

M. Rozet ne nous a signalé qu'un petit nombre de fossiles étrangers aux mollusques, et qui peu«vent comme eux caractériser les terrains, ou du moins qui, lorsqu'ils leur sont réunis, donnent plus de force à la décision que l'on doit prendre. Voici la liste de ces espèces , que nous ne croyons pas utile de décrire, mais sur lesquelles nous donnerons les renseignemens que nous croirons nécessaires.

Dans la craie, avec les coquilles que nous avons signalées, et qui sont si particulières à cette sub^ stance, on trouve, dans la craie tufau surtout, des Spatangues en assez grand nombre, tels que : le Spaiangus hufo (Brongn. Géol. des envir. de Paris, pi. 5, fig. 4) ^ Rouen, le Spatangus^acutuSjnob. (pi. 11 , fig. 5 et 6), qui se rencontre aussi dans le même lieu^ mais plus rarement, et qui est plus commun dans la craie du midi de la France; c'est aussi dans cette craie des Pyrénées que se rencon* tre la seconde espèce, Spaiangus ambulacrum, nob. (pi. 7, fig. 4).

La craie est riche en polypiers qui appartiennent à un grand nombre de genres; mais ceux que Ton y rencontre particulièrement , et qui , par conséquent , peuvent aider à la reconnaître, dépendent du genre que l'on nommait Ficoïde : ce sont des corps qui en effet ont, quant à la forme, la plus grande res* semblance avec le fi^t du figuier. Ils se composent d'une tige plus ou moins longue, qui supporte une tête arrondie et oblongue , quelquefois découpée, ou lobée dans son contour. Des espèces qui sont lobées, Lamouroux en a fait le genre Halliroé» et

r«$]pèce que nous avons fait figurer (pi. 1 1, fig. 5) est le Halliroea cosiaia^ Lamx. , qui est de la craie in*^ férieure. Les espèces ficoïdes qui furent souvent placées par les auteurs parmi les Alcions, ont été le sujet d'un genre Siphonia , de M. Goldfus , et l'espèce figurée est le Siphonia pyriformis. Gold£

En .Angleterre , au-dessous de la craie, il existe une couche argileuse qui a été formée par Teau douce; elle contient disséminées les coquilles lacustres , des Paludines surtout. Mais ce qui la caractérise particulièremenby c'est une innombrable quantité de petits corps que Ton prendrait pour des coquilles microscopiques, ou pour des coquilles bivalves trèspetites, mais qui appartiennent à un genre d'Entémostracés , auquel on a donné le nom de Cypris^ L'espèce qui a été figurée pi. lo, fig. 4 et 5, a beaucoup de rapports avec le Cypris fcAa^ mais pourrait cependant constituer une autre espèce , elle provient de la' couche dont nous venons de parler 4 qui se montre sur plusieurs points de l'île de Wight.

Le muschelkalk, ou calcaire coquillier ancien, renferme, avec des restes de mollusques, des polypiers, et entre autres TAstrée, que nous avons fait figurer pi. 11, fig. 4f Astrœa pediculaia. Mais <;e qui caractérise le mieux cette formation, c'est l'espèce d'Ëncrinite', nommée vulgairement le lys des pierres; c'est VEncrinites lyliformis des auteurs, dont nous avons fait représenter un bel individu 5 isolé de toute gangue (pi. 7 , fig. 5).

. Ën^n, dans les terrains de transition où l'on a observé des couchés assez considérables de. poiy-

pïers , ceul qui se trouvent le plus ordinairement , appartiennent au genre Gyathophylle de M. Goldfus. Nous avons quelques raisons de croire que ce sont des Caryophillies dont les lames intérieures ont été détruites. Quoi qu'il en soit, le Cyathophyllum teratiits , Goldf. , peut aider à caractériser les calcaires noirs et puans de transition. Des couches plus inférieures, celles des schistes et des phyllades de transition sont particulièrement caractérisées par une grande famille d'animaux articulés fort singuliers; nous voulons parler des Trilohites. Nous en avons fait figurer une belle espèce, qui dépend du genre Calymène, Qrongn. Cest le Calymena cornigera^ Brongn. , qui peut donner une bonne idée des êtres dont il est question.

Pour rendre cet ouvrage plus complet, il aurait fallu ajouter aux animaux sans vertèbres ceux des vertébrés fossiles qui caractérisent aussi certains terrains 3 mais ce travail ayant été fait par M. Cuvier, on pourra avoir recours à son grand travail des ossemens fossiles, qu a l'extrait fort bien fait qu'en a donné M. Huot, dans l'Encyclopédie méthodique. On y trouvera, avec tous les détails que ne peut comporter un ouvf âge comme celui - ci , tous les renseignemens nécessaires dans l'état actuel de la sctence.

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