‹ Description de l'abbaye du Mont Saint-Michel et de ses abordsChapitre 137 sur 195 · Voir le plan, fig. 14 (en C · texte numérisé non relu

Voir le plan, fig. 14 (en C

REMPARTS. XIIIe AU XVe SIECLE 241

sente, par ses dispositions générales, ses meurtrières et les détails de sa construction, tous les caractères de l'architecture militaire du temps où elle fut construite (de 1255 à 12G0). Dans l'origine elle n'était pas couronnée par des mâchicoulis. Ce système ne fut établi que dans les premières années du xive siècle, au moment où, toute la défense étant installée au sommet des murailles, on remplaça les hourds en bois, placés seulement en temps de guerre et souvent incendiés par les assaillants, par des hourds ou mâchicoulis en pierre avec des parapets crénelés, également en pierre.

Guillaume du Château (1299-1314) augmenta les fortifications de la Ville et les compléta pendant le temps qu'il gouverna l'Abbaye. En 1300, l'incendie qui causa de grands dommages aux bâtiments de l'Abbaye, s'était communiqué à la Ville et avait réduit en cendres presque toutes les habitations ; Guillaume restaura le Monastère et reconstruisit les maisons de la cité à l'aide des secours que lui envoya Philippe le Bel après un pèlerinage que ce monarque fit au Moût Saint-Michel. C'est à cette époque (1311) que Guillaume du Château continua la construction des Remparts commencés par Richard Tustin, en étendant le front est de la place vers le sud, et reliant ses murs aux escarpements du rocher sur lequel s'élèvent les Bâtiments abbatiaux.

II subsiste encore, des Remparts bâtis par Guillaume du Château, une partie des courtines et quelques-unes des

consoles formant les mâchicoulis. Ces vestiges sont visibles à l'est, en dedans des remparts actuels (en D du plan fig. 14), et nous en donnons un croquis, /?#. 88 (page 242). Ces consoles sont au nombre de cinq ; elles sont composées de trois corbeaux superposés en encorbellement,

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— Vestiges des murailles du xiv« siècle.

grossièrement taillés, mais disposés pour soutenir solidement le hourd, ou parapet en pierre, selon le système de défense, nouveau alors, et laissant entre chaque console un large mâchicoulis, beaucoup plus grand que ceux

EEMPAETS. — XIIIe AU XVe SIÈCLE 243

qui ont été refaits au xve siècle. Le mur de la courtine, au-dessus des consoles, repose sur une base en talus, afin d'augmenter la force des projectiles ricochant sur ce glacis.

La porte de l'Enceinte, construite par Guillaume du Château, devait être à l'est ou au sud-est, mais, selon toutes les probabilités, en E du plan,/?#. 14, au point où le rocher, permettant le débarquement ou l'abord relativement facile, nécessitait des ouvrages de défense, entre lesquels s'ouvrait l'entrée de la Ville.

Il n'est rien resté des dispositions de ce temps. Il existe seulement quelques fragments de murailles sur le côté est, à l'intérieur des Remparts actuels ; mais, comme ces traces s'arrêtent en D' (fig. 14), elles ne peuvent qu'indiquer la direction des Remparts sans pouvoir préciser l'emplacement de la Porte ancienne. Cependant il faut, dans une certaine mesure, tenir compte des récits traditionnels qui placent la Porte des anciens Remparts de la Ville, à l'orient, en face d'Avranches. Un passage du manuscrit de Thomas Le Roy (1) relatif aux ouvrages de Robert Jolivet, dit : « La Porte de la ville fut changée. Estant vis-à-vis de l'Église parocchiale elle fut mise là où elle est à présent. » Un manuscrit, du commencement du xve siècle (2), nous a fourni sur cette question, ainsi que sur celle des anciens Remparts, des documents précieux. Le Livre

i. Cité par M. l'abbé Descbamps du Manoir : Histoire du Mont Saint-Michel au Péril de la Mer, etc.; Avrancbes, 1869. 2. Bibl. nat.,f. latin, n» 1159.

d'Heures de Pierre II, duc de Bretagne (1) contient un grand nombre de miniatures, et celle qui orne la page de l'Office de Saint-Michel nous représente, indépendamment de la figure de l'Archange (2), une image des plus curieuses, non-seulement par les renseignements qu'elle nous donne sur le Mont Saint-Michel, à la fin du xive siècle, mais aussi parce que cette vue du Mont nous paraît être la plus ancienne ou, dans tous les cas, celle qui est la moins connue. Cette miniature, d'un dessin naïf pourtant, très-finement et délicatement colorié, montre : au sommet du rocher s les maisons de la petite cité couronnée par l'Abbaye dont la façade rappelle la forme du châtelet de Pierre le Roy (3) ; les Remparts entourant la ville à l'est, en face d'Avranches, ces derniers ouvrages tels qu'ils devaient être après les constructions faites par Guillaume du Château, pendant les premières années du xive siècle.

Les vestiges des murailles de ce temps, dont nous avons constaté l'existence à l'est, en D et D' (fig. 14) , nous ont servi à reconstituer le plan des Remparts de la Ville au xive siècle, que nous avons tracé sur le plan général ou carte du Mont Saint-Michel (4) en D, D', E et E\ Ils concordent parfaitement d'ailleurs avec les indications

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