Dom Jean Huynes (Histoire générale, etc
2. Histoire du Mont Saint- Michel, etc., par M. l'abbé Desroches.
deRaguenel, fille du Vicomte de Bellière. — « Cette Dame, distinguée par sa beauté, par son esprit et par sa science, se rendit si célèbre en astrologie qu'elle acquit le nom de Tiphaine la Fée » (1).
Le successeur de Geoffroy de Servon, en 1386, Pierre le Roy fut un des plus illustres Abbés du Mont et l'un de ceux qui contribuèrent le plus aux travaux militaires de l'Abbaye. Après avoir restauré le Monastère, il en compléta les défenses de l'est en élevant la Tour Perrine vers la fin du xive siècle; il construisit en avant de Belle- Chaise, dans les premières années du xve siècle, le Châtelet et la Courtine (F, fig. 14) qui le rattache à la Merveille ; il construisit également en avant du Châtelet la Barbacane avec son grand Degré au nord (G H, fig. 14). Il modifia en même temps les Remparts, des côtés nord et ouest, en élevant la Tour Claudine (I, fig. 14), joignant l'angle nord-est de la Merveille. Dans l'étage inférieur de cette Tour, à côté d'un passage défendu par des mâchicoulis et conduisant aux chemins de ronde, il établit un corps-de-garde, commandant ce passage, ainsi que le grand Degré. Le corps-de-garde de la Tour Claudine se relie au grand Degré par la poterne I {fig. 82) à la partie haute de cette Tour, au crénelage supérieur des murailles, lesquelles s'arrêtent à la courtine nord de la Barbacane du Châtelet, mais sans communication possible avec celle-ci. Ces
1. Histoire du Mont Saint-Michel, etc., M. par l'abbé Desrocbes.
REMPARTS. — XIIIe AU XVe SIECLE 255
remparts, complètement indépendants du Degré (avec lequel ils pouvaient néanmoins communiquer parla Poterne I), le dominant et rendant sa défense facile au besoin, étaient réunis à la Tour du nord et aux défenses de l'est par les courtines ouest et nord, pourvues de mâchicoulis avec un parapet crénelé, dont l'angle, formant le saillant nordouest, est surmonté d'une échauguette (F, fig. 14). Toutes ces constructions existent encore, sauf les marches du grand degré et les crénelages supérieurs, en grande partie ruinés.
Pendant un pèlerinage que Charles VI fit au Mont Saint-Michel, en 1393, Pierre le Roy fut confirmé par le Roi dans sa charge de Capitaine du Mont.
Un manuscrit de la fin duxive siècle ou du commencement du xve (1) nous donne des renseignements curieux sur les usages des Religieux Bénédictins concernant la garde vigilante de l'Abbaye et des Remparts de la Ville : « Tous les matins ils disoient les Vigiles des morts, les Psaumes de la pénitence et Prime ; ensuite on célébroit une messe de la sainte Vierge dans la chapelle des Trente-Cierges. Après cette messe, le chantre nommoit ceux qui dévoient la nuit suivante veiller à la garde du Mont : il désignoit deux Religieux qui, accompagnés d'un Frère et d'un Clerc de l'Église, faisoient le tour du Monastère et des murs avant le milieu de la nuit ; deux des paroissiens d'Ardevon et autant de
1. Cérémonial du Mont Saint-Michel [Histoire du Mont Saint- Michel, par M. l'abbé Desroches.)
la paroisse d'Huisnes veilloient sur les murs, et un Religieux avec quatre ou cinq serviteurs gardoit la porte. »
REMPARTS DE LA VILLE