Dora Jean Huynes (Histoire générale, etc
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« Les Anglois nonobstant, espérant toujours de s'en rendre maistres, s'avisèrent, après que ce siège fut levé, de faire une forte bastille sur la rive d'Ardevon et, le dixseptiesme de septembre de la susditte aunée mil quatre cens vingt trois, y firent entrer une garnison, qui alloit ordinairement courant et rodant par les grèves pour escarmoucher ceux qui sortoient ou entroient en ce Mont et empescher qu'on y apportast des vivres. De quoy les habitants de ce rocher, se sentants grandement incommodez, eurent recours à Messire Jean de la Haye, Capitaine de la ville du Mans, auquel ils firent entendre leur affliction, le priant de les venir secourir, ce qu'il fit en arrivant un jour avec sa Compagnie, sur les deux heures après midy, pendant que les Anglois couroient sur les grèves d'entre ce Mont et leur bastille. Il les surprit et en tua pour le moiDs deux cens, entre aultres Nicolas Bourdet, fort estimé entre eux. Or, jaçoit qu'ils eussent esté vaincus encore cette fois-là, ceux qui restèrent n'abandonnèrent point néantmoins cette bastille jusques à ce qu'ils la bruslèrent l'an mil quatre cens vingt sept, le vingt quatriesme de febvrier avant que d'en sortir »
« Jean, Bastard d'Orléans, ayant esté deschargé de la Capitainerie de cette place par le Roy, l'an mil quatre cens vingt cinq, Sa Majesté establiten sa place la mesme année, le second jour de septembre, Louys d'Estouteville, Sire d'Auseboc et de Moyon, lequel fut reçeu en ce Mont avec les conditions et conservations des privilèges de ce Monas-
tère. Et de ce le Roy Charles septiesme en donna des Lettres, le vingt sixiesme d'Octobre de la mesme année. Et, le dix septiesme de novembre ensuivant, ce Capitaine, à la supplication des Religieux, deffendit qu'aucune femme ne demeurast en l'enclos de cette Abbaye et que nul n'y fût mis prisonnier en temps de guerre ou de paix, si ce n'estoit pour quelque grande cause et moyennant le consentement des Religieux. Et de plus donna des patentes, le vingt et uniesme du mesme moys, par lesquelles il déclaroit encore que la Capitainerie de ce Mont appartenoit à l'Abbé et qu'on ne pourroit tirer à conséquence d'en mettre un autre la guerre finie. Pour confirmer tout ce que dessus, le Roy, la mesme année, le troisième de décembre, en donna une ample déclaration, où il met plusieurs choses dignes de remarque touchant ce Mont selon que s'ensuit : « Charles, par la grâce de Dieu Roy de France , à tous ceux qui ces présentes Lettres verront, salut. Reçeue avons, humble supplication des Religieux et honnestes hommes les Vicaire apostolique et Convent de nosMoustier du Mont Sainct-Michel, contenant comme iceluy Moustier ait esté premièrement fondé par la révélation et commandement du benoist Arcange Monsieur Sainct Michel et par luy dédié consacré et du tout appliqué aux usages divins et la Religion ordonnée en iceluy pour y servir à Dieu, et, afin que iceluy très sainct lieu fust plus reveremment maiutenu et gardé et le divin service à l'honneur de Dieu et du benoist Arcange en iceluy fust entrefaict et continué
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en plus grande paix et tranquillité, et aussy en considération de ce que les Abbez et Religieux dudit lieu qui ont esté fondez en partie et augmentez par nos prédécesseurs et ont eu en tout temps l'honneur et renommée d'avoir esté preudhommes, dévots et religieux à Dieu, bien obéissants et d'entière et parfaicte subjection et loyauté à nos dits prédécesseurs, comme leurs Princes avoyent toujours es temps passez bien et loyalement gardée et tenue ladite place en l'obéissance et Seigneurie de France »...
« Après tout ce que dessus, il est faict en ces Patentes une récapitulation assez longue de tous les privilèges donnez par ses prédécesseurs en cette Abbaye, touchant le droict de Capitainerie appartenant à l'Abbé, selon que nous avons montré ci-dessus
« Pourquoy Nous, ces choses bien considérées, bien cognoissans que par leur bonne industrie, grant loyauté et diligence, ladite place a esté préservée des ennemys et gardée à nous, seule à présent au pays de Normandie par cette guerre, et que à ce faire ont mis et exposé corps, biens et quanques Dieu leur avoit preste en grant patience, dont ils sont et seront recommandables à toujours et dignes de nostre grâce et rémunération, laquelle et leurs droicts voulons et voudrons plus amplement et libéralement augmenter et accroistre envers eux et ledit Moustier, comme le plus desservant vers nous et pour la parfaicte dévotion et singulière fiance que nous avons au benoist ArcaDge Sainct Michel et son église et à ce que lesdits Religieux
soient plus enclins et obligez en iceluy Moustier pour nous et les nostres, voulons et ordonnons, et de especial grâce octroyons auxdits Religieux présens et à venir, etc
« Après ce que dessus il s'adresse à tous ses Justiciers, Lieutenants, Capitaines et autres, et leur commande de n'aller au contraire, et finallement au bout des dittes Patentes sont ces mots : « Par le Roy en son Conseil, auquel la Royne de Cicile, messieurs les Comtes de Foix et de Vendosme, Mons. l'Archevêque de Toulouze, l'Evesque de Laon et austres estoient. Signé : Alain, avec un paraphe et le grand sceau du Roy à double queue » (1).
Le Roi Charles VII, ne pouvant envoyer aucun secours aux Religieux, leur permit « pour l'espace de trois ans, de battre toute sorte de monnoye en ce Mont, qui eut cours par toute sa domination.... ; les actes de concessions sont es archives, dattées de l'an 1426 » (2).
« Tandis que le Roy de France donnoit plusieurs beaux privilèges à ce Monastère, les Anglois tachoient de le surprendre et de s'en rendre maistres. Nous avons desjà dit qu'ils avoient faict réparer et fortifier le roc de Tombelaine et mis sur iceluy une forte garnison. Icelle estoit tous les jours aux attaques et escarmouches contre ceux