Ms. d'Avranches. (Ibid
sieurs autres qui sont encore en ce Mont, sans compter ce qu'on en a autrefois vendu, sont des marques infaillibles de leur déroute. C'est ce que nous ont laissé ces ennemys, qui ne cessèrent d'envyer sur cette place jusques à ce que Charles septiesme, dans un an et vingt quatre jours à compter depuis la surprise de Verneuil, qui fut le dix neuliesme de juillet de l'an mil quatre cens quarante neuf, jusques à la reddition de Cherbourg, qui fut le douziesme d'aoust de l'an mil quatre cens cinquante, reconquist toute cette grande province de Normandie et luy fit jouir de la profonde paix qu'elle desiroit il y avoit jà longtemps. »
« Les guerres finies, la Capitainerie de ce Mont devoit retourner à l'Abbé selon les privilèges susdits. Néantmoins, soit de peur que les troubles ne recommencent ou autrement, l'Abbé Guillaume d'Estouteville, lors Commendataire de cette Abbaye, qui demeura toujours hors de ce Mont, la laissa à son frère, Louys d'Estouteville, Sieur d'Estouteville et de Hambye à raison de sa femme, à quoy s'accordèrent les Religieux, tellement qu'il continua d'en estre Capitaine jusques au vingt et uniesme d'aoust de l'an mil quatre cens soixante quatre, jour qu'il mourut. Inconlinant après, Jean d'Estouteville, Chevalier, Sieur et Baron de Briquebec, postula au Roy Louis onziesme cette charge, laquelle luy fut donnée et en eut des Patentes (les Lettres sont en ce Monastère) le vingt cinquiesme du susdit moys d'aoust, en vertu desquelles il donna commission à Robert Josel d'en venir prendre possession en son nom, ce qu'il fit la mesme
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année, le pénultième jour de septembre. A quoy s'opposa Frère Jean d'Adam, Vicaire temporel et spirituel de Guillaume d'Estouteville, Abbé commendataire de ce nom, au nom du susdit Abbé, à raison de privilèges donnez à cette Abbaye touchant ce droict et ainsy que nous avons faict veoir cy-dessus, et en advertit cet Abbé, lequel, l'an mil quatre cens soixante cinq le vingt troisiesme décembre, obtint des Lettres du Duc de Normandie, Charles, frère du Roy, confirmatives des privilèges de ce Monastère touchant le droict de Capitainerie, avec deffensse audit sieur de Briquebec d'aller au contraire . Or nonobstant tout cela ledit Jean d'Estouteville demeura Capitaine de cette place. Et pour lors, comme nous pouvons conjecturer, l'Abbé et les Religieux consentirent que doresnavant, pour une plus grande seureté de la place, le Roy et ses successeurs y pourvoiroient d'un Capitaine, lequel avec l'Abbé et les Religieux auroient soin de maintenir cette place sous l'obéissance de Leurs Majestez. Ce qui se pratique encore, les Religieux ayants la moytié des portes et des roues et de tous autres endroits par lesquels on pourroit entrer en cette Abbaye, et les Gouverneurs l'autre moytié ; les Gouverneurs payant des deniers du Roy leur Lieutenant et soldats qu'ils mettent pour garder cette place, outre l'assistance qu'ils ont de certains morte-payes. »
« Depuis l'institution de Jean d'Estouteville pour estre Capitaine de cette place jusques en l'an mil cinq cens septante cinq, nous ne retrouvons presque rien touchant les soldats et
ne sçavons combien de temps ledit Jean d'Estouteville fat Capitaine ou ce qu'il y fit. Après luy les Sieurs de Boschage en eurent longtemps le Gouvernement. L'an mil quatre cens septante quatre le Comte de Boschage, Capitaine de ce Mont, obtint une lettre du Roy Louys onziesme pour contraindre au guet les habitans de cette Ville, tant nobles que roturiers » (1).
REMPARTS DE LA VILLE