‹ Description de l'abbaye du Mont Saint-Michel et de ses abordsChapitre 166 sur 195 · REMPARTS. — ÉTAT ACTUEL · texte numérisé non relu

REMPARTS. — ÉTAT ACTUEL

du Roi et la façade de la Porte sont à peu près intacts et ont encore leur physionomie ancienne.

La Barbacane est maintenant encombrée par diverses constructions dont une d'elles bouche malencontreusement la Poterne de l'Entrée principale (1) ; les murs du côté sud ont même été percés indûment et sont déshonorés par une construction parasite, ornée, sur la face extérieure vers l'Entrée du Mont, d'un balcon terminé par des latrines ! Toutefois cette construction doit disparaître en partie afin que les murs de la Barbacane reprennent leur aspect du xve siècle.

Les Poternes de la Barbacane et de l'Avancée étaient bouchées et Y Avancée elle-même était convertie en dépôt d'immondices, laissant à peine le passage nécessaire ; les deux bombardes qui décoraient, ou devaient décorer la Porte de la Barbacane, reposaient sur un amas de détritus et l'Entrée de l'ancienne place de guerre était devenue la voirie de la ville.

Heureusement ce triste état de choses a cessé depuis le décret rendu par Monsieur le Maréchal, Président de la République, en date du 20 avril 1874, qui affecte au service des Monuments historiques — pour en assurer la conservation — l'Abbaye et, virtuellement, les Remparts qui forment son enceinte et restent la propriété de l'État.

1. Ces constructions sont indiquées par les lignes ponctuées du plan, fig. 97.

L'État est rentré en possession de la Tour Gabriel après l'acquisition qui en a été faite, le 10 juin 1876, sur la proposition de la Commission des Monuments historiques, par les Ministres de l'Instruction publique, des Beaux-arts et des Travaux publics .

Depuis 1873 les travaux de restauration sont commencés et nous les avons détaillés dans la Notice historique.

Les Bombardes anglaises ont été placées sur une plateforme formant un petit parc, où l'on peut les examiner dans tous leurs détails.

Ces curieuses bombardes que les Anglais laissèrent aux mains des Montois en 1434 (1), trophées du siège mémorable que la ville du Mont Saint -Michel soutint si vaillamment de 1423 à 1449, sont de rares spécimens de l'artillerie à feu du xve siècle. Elles ont été fabriquées au moyen de douves en fer plat cerclées au feu par des colliers également en fer, solidement frettées (l'une par un bourrelet à la gueule) et terminées par une longue et forte culasse forgée avec la pièce. L'une d'elles, renflée au-dessus de la culasse, et dont l'âme n'a pas moins de 48 centimètres de diamètre, est encore chargée d'une énorme bedaine ou boulet sphérique en granit ; l'autre est d'une forme différente et de dimensions moindres (voir Vàfig. 105).

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