Enseigne de saint Michel (xive siècle
milieu, entourée d'un exergue orné de lettres et de coquilles reliées entre elles et qui ressemble à un collier. Debout, foulant aux pieds le Dragon, saint Michel, aux
larges ailes éployées, est couvert d'une armure complète et revêtu d'un manteau drapé à larges plis; la tête est couronnée et sommée d'une croix. L'Archange tient de la main droite la lance qui transperce la gueule du monstre et dont la poignée est formée d'une croix pattôe. La main droite est couverte d'un gantelet de fer ainsi que la main gauche ; celle-ci tient un écu à la croix latine, chargée au centre d'une croix pattée, accompagnée de quatre croix de même et orlée de perles; la courroie de l'attache est visible ainsi que le petit ornement qui la termine à l'angle dextre de l'écu. Une balance, chargée d'une âme — figurée par une tête — est suspendue à la ceinture de l'Archange et le coq, campé sur la tête du Diable, symbolise, ainsi que nous l'avons dit (fig. 120), la vigilance et la force victorieuse de saint Michel.
Par sa composition générale aussi bien que par les particularités du costume, notamment de l'armure, des grèves, des solerets, des gantelets et par dessus tout par la forme caractéristique de l'écu, nous pensons que cette enseigne doit dater de la fin du xive siècle.
La fig. 130 représente une médaille ou enseigne recueillie au pont au Change ; elle rappelle par sa forme le collier de l'Ordre Royal de Saint-Michel, fondé par Louis XI, en 1469. Cette enseigne est à jour, entourée d'un exergue, également à jour et bordé de perles. Au milieu, saint Michel, armé de toutes pièces, terrasse le Démon ; il brandit de la main droite une lance ou une croix
dont on voit la partie inférieure de la hampe perçant la tête du Diable, et de la main gauche l'Archange tient un écu triangulaire, orlé de perles à la fasce de sable, accompagné en chef et en pointe de trois tourteaux ou besants (?) posés 2 et I .
Enseigne de saint Michel (xvc siècle).
La partie supérieure de saint Michel manque à partir de la ceinture; on voit sur les bords intérieurs de l'exergue les traces des ailes, et nous avons essayé de déterminer, par des lignes légèrement indiquées, l'ensemble de la composition.
L'exergue est cantonné de coquilles entre lesquelles
court une inscription ajourée dont la partie supérieure est
détruite, mais où l'on peut lire encore SANTE
MICAEL ANGELE ARGANGELE Si l'on
juge de l'ensemble par les vestiges des détails, l'inscription complète devait être : MICAEL SANTE MICAEL ANGELE ARCANGELE. Cette médaille est munie de deux annelets faisant corps avec l'exergue, et d'attaches repliées qui servaient à fixer ou à suspendre l'image. L'aspect de cette enseigne, rappelant le collier de r Ordre de Saint Michel, les détails de l'armure de l'Archange et la forme des lettres de l'exergue nous font croire qu'elle a été foûdue vers la fin du xve siècle.
Enfin, pour terminer la série des plombs de pèlerinage, et principalement de ceux qui étaient destinés au Mont Saint-Michel, nous donnons le dessin d'un cornet de pèlerin, trouvé au pont au Change à Paris (fig. 130 bis; en A, développement de la face principale.)
Ce cornet, très-rare et dans tous les cas des plus curieux , est en étain, fondu en deux parties, puis soudées; il n'y manque que l'embouchure que nous indiquons par une ligne ponctuée; il devait être doré, comme le prouvent les traces de dorure, visibles sur plusieurs points; on voit aussi les vestiges des anneaux qui servaient à le suspendre. Il est enrichi d'ornements en relief: rinceaux fleuris, demi-cercles terminés par un trèfle, d'un dessin très-fin et très-délicat. La face principale (celle qui se trouvait en dessus, le cornet étant suspendu, à droite, sans nul doute,
ainsi que l'indique l'ornementation plus riche sur la partie qui devait rester apparente) est décorée d'un saint Michel aux longues ailes éployées et surmonté de l'écu de France, timbré d'une couronne royale qui, par sa forme générale
(fragment splsilh
130 bis. — Cornet de p'ierin (xvc siècle)
et ses détails, nous paraît être du temps de Charles VIII ou de Louis XII, bien que ces ornements décoratifs rappellent, traditionnellement, une époque plus ancienne.