DE TOMBELAINE
L'îlot de Tombelaine est situé dans la baie du Mont Saint-Michel, à une petite distance de l'Abbaye. Un Prieuré y fut fondé, au xne siècle, par un des Abbés du Mont, Bernard du Bec, surnommé le Vénérable; il y érigea en 1137 une belle église dédiée à la Vierge et desservie par les Bénédictins du Mont Saint-Michel. Le sanctuaire de Tombelaine devint bientôt le but d'un pèlerinage célèbre , surtout en raison de son illustre voisinage. Il était connu, dès le xne siècle, sous des noms différents : Sainte-Marie de Tombelaine, ou Notre-Dame-la-Gisante de Tombelaine (Beatœ Mariœ jacentis) ou Notre-Dame de Pitié.
Une chapelle, sous le vocable de Xotre-Dame-la-Gisante de Tombelaine, existait à la Sainte -Chapelle du Palais, à Paris : « Les titres sont : Lettres de 1210, par lesquelles saint Louis confirme la fondation de celte Chapelle faite dans la chapelle de Saint- Michel par Adam et Ameline, son épouse, portant que le Titulaire seroit obligé de dire tous les jours les Heures Canoniales avec le Chapelain de Saint-Michel, et de célébrer ou faire célébrer tous les jours la Messe à l'autel de la Vierge. Cette chapelle est dotée de seize liv. paris, de rente à prendre sur tous les étaux à poissons de mer et d'eau douce que Philippe-Auguste
lui avoit donné, attenans les murs du Petit-Ghâtelet jusqu'à la descente de la rivière, et sur les étaux que Louis VIII lui avoit accordé près le Petit-Pont ; et en outre sur une maison en PHerberie. m orberià, aujourd'hui le Marché-neuf; à la charge par le Chapelain de fournir deux cierges, d'une livre chaque, pour brûler pendant la Messe et tous les Samedis pendant les Vêpres de la Vierge. — Arrêt du Parlement de l'an 1322, qui maintient le même Chapelain dans la propriété de deux étaux près Gloriette, qui lui furent donnés pour dédommagement de l'emplacement attribué à la Chapelle par Adam et diminué pour rétablissement et passage du Petit-Pont. — Sentence des Requêtes du Palais de l'an 1328 qui ordonne que le Chapelain de Notre-Dame-la-Gisante jouira des offrandes qui seront faites à son Autel, à la charge de payer quarante sols paris, de rente annuelle au Chapelain de Saint-Michel. — Sentence des Requêtes du Palais de l'an 1558, par laquelle il paroît que. pour dédommager ce Chapelain de deux étaux qu'il avoit près le Petit-Chàtelet, il lui fut donné deux autres étaux dans la place du Cimetière Saint- Jean, adossés contre la Roucherie. — Ordonnance des Prévôts des Marchands et Échevins de la Ville de Paris de l'an 1572, qui donne et assigne audit Chapelain cent liv. de rente sur le Domaine de la Ville, pour indemnité des étaux à poissons dont il jouissoit près le Petit-Chàtelet et qui furent supprimés et transférés dans le Marché-Neuf lors de la construction de ce Marché, en