Dom Jean Huynes {Histoire générale, etc
sèment garde à tout ce qui estoit de sa charge. Et premièrement n'ayant trouvé que quarante Religieux conventuels en ce Mont, il en receut encor une vingteine et eust soin que ce nombre de soixante ne diminuast, afin, par ce moyen, de satisfaire aysement aux dévotions des pèlerins et que le service divin y fut faict honorablement. De plus il eut soin que toute l'Église et tous les bastiments du monastère fussent toujours en bon ordre ; qu'il n'y manquast aucune chose, es couvertures, vitres, murailles, voûtes, planchez, pavez et autres choses. Il fit construire les bastiments: qui sont dessus et dessous la chapelle S^stienne, qui est joignante la chapelle Notre-Dame-sous-terre du costédumidy; qui sont dessus et dessous les infirmeries d'à présent ; qui sont dessous le plomb du fond (1) avec la tour de l'horloge qui s'y voit, et à costéune autre pareille, qui est tombée il y a longtemps (en 1300). »
1. On ne peut sérieusement attribuer à P^obert de Torigni, — comme on l'a dit, — les constructions au nord de la nef et se composant des galeries superposées de l'Aquilon, du Promenoir, ou cloître, et du Dortoir au-dessus, lesquelles furent faites par Roger II, de 1112 à 1122, et existaient déjà lorsque Robert fut appelé au gouvernement de l'Abbaye, ainsi que le prouvent les faits historiques si nettement précisés par Dom Jean Huynes. Une nouvelle et dernière preuve de l'existence de ces cryptes ou galeries, en 1156, deux ans après l'élection de Robert, espace de temps pendant lequel il était matériellement impossible que ces bâtiments eussent été construits, nous est donnée par le passage suivant de la Chronique de Robert de Torigni (publiée par M. Léopold Delislel: « In octavis Penthecostes, Hugo, Rothomagensis Archiepiscopus, et Retrocus Ebroicensis et Ricardus
« Et, ce qui est bien plus à regretter, c'est qu'il avoit faict sa bibliothèque eu un estage d'icelle où il avoit mis les livres qu'il avoit composez lesquels presque tous ont été perdus pour lors (1). »
Les constructions de Robert de Torigui, de 1154 à 1186, indépendamment de l'autel à la vierge Marie, qu'il fit élever dans la crypte de l'Aquilon dès les deux premières années de son gouvernement abbatial, sont donc : l'Hôtellerie et l'Infirmerie, au sud ; les bâtiments, à l'ouest, entourant les substructions romanes, et les deux Tours reliées par un porche en avant de la façade romane (2).
Jusqu'à la fin du xue siècle, l'Abbaye n'eut pas à souffrir des incendies allumés par les hommes ou par la foudre ;
Constantiensis et Herbertus Abrincatensis episcopi apud Moretonium levaverunt corpus beati Firmati. Cuin aulem Archicpiscopus exinde ad montem sancti Micbaelis orationiset nos visitandi gratia venisset, et nos sua jocunda exbortatione et collocutione per quatuor dies exhilarasset, altare cruciflxi fecit consecrari ab Herberto, Abrincatensi episcopo, sexla feria (15 juin 1156); ipse vero sequenti sabbato (16 juin 1156) altare beatee Marisa in cripta aquilonali noviter rcsediflcatum consecravit. » C'est-à-dire : Lorsque Hugues, archevêque de Rouen, fut venu de Mortain au Mont
Saint-Michel pour s'y livrer à la prière il consacra (le samedi
16 juin 1156] à. la vierge Marie un autel qu'on venait de reconstruire dans la crypte du nord (cripta aquilonali), ou crypte de l'Aquilon.