‹ Description de l'abbaye du Mont Saint-Michel et de ses abordsChapitre 20 sur 195 · Dom Jean Huynes (Histoire générale, etc · texte numérisé non relu

Dom Jean Huynes (Histoire générale, etc

2. Ces dernières constructions, des tours et du Porche, ont pu faire croire et faire dire à plusieurs auteurs modernes que la nef romane avait huit travées; mais les découvertes faites en 1875,

mais l'incendie de 1203 fut terrible. Gui de Thouars, ne pouvant s'emparer du Mont Saint-Michel, y mit le feu, et tout fut dévoré parles flammes, sauf l'église, les murs et les voûtes. Les Abbés, successeurs de Robert de Torigni, suivirent son exemple non-seulement en relevant et en entretenant soigneusement l'église et l'Abbaye, mais surtout, ce qui est leur plus grande gloire, en construisant avec une merveilleuse rapidité les magnifiques bâtiments du nord, appelés dès leur origine la Merveille et qui, grâce aux largesses de Philippe-Auguste, furent construits, de 1203 à 1228, d'un seul jet, sur un plan bien arrêté et suivi du commencement à la fin.

La Merveille fut commencée en 1203 (1) par Jourdain,

pendant le cours des travaux de restauration, entrepris depuis 1873 par les soins de la Commission des Monuments historiques, ne laissent subsister aucun doute à ce sujet. Ces découvertes, relevées avec la plus grande exactitude et reproduites fidèlement (Voir la Description), prouvent, ce qui était d'ailleurs très-netlement indiqué par les sub&tructions antérieures de la nef, — aujourd'hui sous la grande plate-forme, — que la nef de l'église romane n'a jamais eu que sept travées, auxquelles sont venues s'ajouter, vers 1180 ou 1185, les Tours et le Porche intermédiaire bâtis par Robert de Torigni (Voir la Description, Église, Robert de Torigni.)

1. « En 1203, devenue vassale du domaine royal, elle (l'Abbaye du Mont Saint-Michel- en-mer) fut presque totalement reconstruite par l'Abbé Jourdain au moyen des sommes considérables que lui envoya Philippe- Auguste; ces bâtiments nouveaux furent continués par les successeurs de cet Abbé jusque vers 1260. » [Dictionnaire raisonné de l'Architecture française du xie au xvie siècle, par M. E. Viollet-le-Duc, tome 1er.)

xvne Abbé (de 1191 à 1212), qui construisit la salle de l'Aumônerie, le Cellier, et commença le Réfectoire, — audessus de l'Aumônerie, — que Radulphe, ou Raoul des Isles (1212-1218), acheva. Elle fut continuée par Thomas des Chambres (1218-1225), qui termina la salle des Chevaliers et fit la galerie latérale, prolongeant le Promenoir jusqu'à la crypte du transsept nord, ou chapelle basse, avec laquelle ils communiquent. Il fit aussi de son temps le Dortoir, achevé vers 1222, et avant sa mort (1225) il commença le Cloître, qui fut parachevé par Raoul de Villedieu en 1228. Raoul de Yilledieu modifia la façade nord du transsept de l'Église, et établit à sa base le Lavatorium (1), dans la galerie sud du cloître. C'est à cet Abbé qu'il faut attribuer le Portail latéral s'ouvrant au sud de l'église sur la plate-forme du Saut-Gaultier, ainsi que la chapelle Saint-É tienne, bâtie en même temps dans la partie sud des substructions romanes, entre l'Hôtellerie et le Saut-Gaultier.

Jusqu'à cette époque, le Mont Saint-Michel n'avait pas de fortifications proprement dites. L'Abbaye et les maisons groupées au pied n'étaient protégées que par des murs en pierre ou des palissades.

Jourdain et ses successeurs commencèrent avec la Merveille les ouvrages défensifs au nord (2). Richard Tustin,

i. Voir la Désertion, Merveille, Jourdain, Lavatorium, etc. 2. Voir la Description, Merveille, Remparts.

NOTICE HISTOEIQUE 21

ou Toustin, xxieAbbé, de 1236 à 1264, continua leurs travaux. Il construisit le grand bâtiment (à l'est de l'église), nommé Belle-Chaise, le logis abbatial, au sud, ou du moins le commença, fit élever la Tour fortifiée qui entourait et surmontait la fontaine Saint-Aubert, et relia cette tour aux chemins de ronde supérieurs par un escalier fermé de murailles crénelées. De son temps, et grâce à la munificence de saint Louis pendant son pèlerinage au Mont Saint- Michel, — vers 1256, — il augmenta les fortifications de la place, fit bâtir la Tour du nord assurant la défense de l'Abbaye, dont il avait refait l'entrée — Belle-Chaise. — Enfin, vers 1260, il commença « le chapitre qui se voit imparfaict du costé du septentrion joignant le cloistre (1). »

Avec le xrve siècle recommencèrent les ravages des incendies qui causèrent tant de ruines au Mont Saint- Michel. Au mois de juillet 1300, la foudre tomba sur le clocher de l'église et le ruina entièrement, ainsi qu'une des tours élevées par Robert de Torigni. Les cloches furent fondues ; les toits de l'église et de plusieurs bâtiments furent incendiés, et les flammes, poussées par un vent violent, communiquèrent le feu à la ville, qui fut presque entièrement consumée.

Guillaume du Château, xxve Abbé, de 1299 à 1314, aidé des libéralités des pèlerins, put réparer ce désastre, qui paraît avoir été, après ceux de 1138 et de 1203, un

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