PREFACE VII
Ces précieux manuscrits forment une suite de documents du plus haut intérêt, d'où procèdent, dans leurs plus grandes parties, les histoires du Mont Saint-Michel faites depuis le xvnc siècle jusqu'à nos jours; ils seront toujours la source la plus pure où les futurs historiens du Mont devront puiser les principaux éléments de leurs écrits. J'ai lu ces manuscrits avec la plus vive attention et ce sont ceux, parmi les ouvrages relatifs au Mont Saint-Michel et conservés à la Bibliothèque Nationale, qui m'ont donné les plus utiles renseignements et le mieux guidé dans mes études spéciales entreprises depuis plusieurs années.
Dans ces derniers temps, un savant archéologue, membre de la Société de l'Histoire de Normandie, a publié les deux manuscrits de Dom Jean Huynes (1). Imprimée en beaux caractères typographiques modernes tout en conservant intacts la forme et le fond anciens, cette publication, en facilitant la lecture quelquefois laborieuse des originaux, a simplifié les recherches nécessaires, et son auteur a rendu un éminent service à la cause du Mont Saint-Michel. Grâce aux notes qui accompagnent
1. Histoire générale de l'Abbaye du Mont Saint-Michel au péril de la mer, par Dom Jean Huynes, publiée pour la première fois avec «ne introduction et des notes par Eugène de Robillard de Beaurepaire. 2 volumes, Rouen, A. Le Bruinent et son successeur Ch. Métérie, 1872-1873.
VIII PBBFACE
les six traités de Dom Jean Huynes, la lumière est faite sur l'œuvre de ses continuateurs, dont les écrits, conservés à la Bibliothèque d'Avranches, lui ont été longtemps attribués; ce ne sont que des broderies, souvent trop brillantes, ajoutées au simple et fin tissu du savant bénédictin.
Après avoir étudié ces rares manuscrits, j'ai examiné avec le plus grand soin les différentes histoires du Mont Saint-Michel, parues du xvip au xixe siècle, qui ont toutes pour origine l'œuvre de Dom Jean Huynes et sont un assemblage savant de notes et de renseignements des plus intéressants ; mais, parmi toutes ces notes réunies avec tant de science et d'efforts persévérants, il en est une que j'ai vainement cherchée et qui me paraît être pourtant la partie la plus importante, la plus nécessaire et cependant la moins connue; c'est-à-dire une Etude architecturale des édifices qui forment le Mont Saint-Michel.
La même lacune existe dans tous ces ouvrages et elle me paraît être excusable d'ailleurs ; car, quelles que soient la science et l'érudition des auteurs, stimulés parle désir do bien faire, de faire mieux que ce qui a été faitd'abord, aucun d'eux ne peut se flatter d'avoir résolu victorieusement toutes les questions complexes se rattachant à un aussi vaste sujet, et, quoi qu'on fasse, il reste toujours à