XI« ET XII« SIÈCLES
Si l'on en croit les traditions, l'Église qui couronne le rocher aurait été élevée sur les ruines de l'Oratoire érigé par saint Aubert au vme siècle et de l'Église construite au xe siècle par Richard Ier, petit-fils de Rollon. Il ne subsiste aucun vestige des édifices du vmc et du xe siècle. De l'Église romane, fondée en 1020 par le Duc de Normandie, Richard II, il existe encore les transsepts et la plus grande partie de la nef.
Comme nous l'avons vu dans la Notice historique, l'Église fut commencée en 1020 par Hildebert II, quatrième Abbé du Mont de 1017 à 1023, que Richard II chargea du détail des travaux. C'est à Hildebert II qu'il faut attribuer les vastes substructions de l'Église romane, qui, principalement du côté occidental, ont des proportions gigantesques (1).
Cette partie du Mont Saint-Michel est des plus inté-
1. Voir les plans, fig. 15 et 16, et les coupes, fig. 18 et 19.
ressantes à étudier ; elle démontre la grandeur et la hardiesse de l'œuvre de Y Architecte Hildebert. Au lieu de saper la crête de la montagne et surtout pour ne rien enlever à la majesté du piédestal, il forma un vaste plateau, dont le centre affleure l'extrémité du rocher, dont les côtés reposent sur des murs et des piles, reliés par des voûtes, et forment un soubassement d'une solidité parfaite.
Cette immense construction est admirable de tous points ; d'abord par la grandeur de la conception et ensuite par les efforts qu'il a fallu faire pour la réaliser au milieu d'obstacles de toute nature résultant de la situation même, de la difficulté d'approvisionnement des matériaux et des moyens restreints pour les mettre en œuvre.
La coupe, fkf. 18 (coupe transversale du Mont Saint- Michel), montre les constructions romanes entourées des bâtiments qui se sont successivement groupés autour d'elles à différentes époques.
Elle fait voir, sous les transsepts nord et sud, les cryptes ou chapelles basses, qui n'ont pas été creusées dans le roc comme on l'a dit, mais qui ont été ménagées et bâties dans l'espace existant entre la déclivité de la montagne et le plateau construit par Hildebert.
La coupe, fig. 19 (coupe longitudinale du Mont Saint- Michel), indique, avec les soubassements de l'ouest cités plus haut, ceux qui sont à l'est sous le Chœur,