Réfectoire. — Coupe sur A-B [fig
en dalles, dont on retrouve les amorces parfaitemeDt visibles sur les faces latérales des contre-forts, entre lesquelles les latrines ont été établies. Elle fait voir également, audessus de cette couverture, l'arrangement de la fenêtre que l'on a prise pour la chaire du lecteur, suivant les appréciations des auteurs de nos jours, dont l'opinion n'est pas admissible après qu'on a examiné sérieusement les détails de la construction.
A l'extrémité du Réfectoire, vers l'ouest, sur le mur qui le sépare de la Salle contiguë des Chevaliers, se trouve une gigantesque cheminée, à deux foyers, dont les souches couronnent le pignon ouest du Dortoir. Une autre chemioée, dont on voit encore les vestiges, avait été faite sur le côté sud, probablement au point où se tenaient l'Abbé ou les Hôtes de distinction. Il n'existe pas, comme dans un grand nombre de réfectoires du même temps, de chaire bâtie en pierre ; elle devait être en bois et elle a été détruite, comme tout le mobilier ancien de l'Abbaye.
Les Cuisines se trouvent au sud du Réfectoire, continuant l'entrée voûtée (du Réfectoire) qui les précède vers l'ouest ; les trois travées qui composent cette entrée ainsi qu'une autre à la suite, à l'ouest, sont les restes des bâtiments abbatiaux construits par Roger II au commencement du xne siècle (1) ; ces Cuisines communiquaient
1. Voir les travaux de Roger II — xip siècle, — et le plan fig. 20.
avec le Réfectoire par un guichet et une porte, bouchés aujourd'hui et visibles encore sur le mur sud.
Les degrés qui partent de l'entrée du Réfectoire montent au Dortoir, au Cloître et à l'Église, et ont été coûstruits, vers 1650, par l'agent du Prince Henry de Lorraine, Pierre Beraud, sieur de Brouhé, « faisant pour cet effect percer une voûte » (1). Avant cette époque, on accédait de l'Église, du Cloître et du Dortoir au Réfectoire, par deux voies détournées : Tune par l'Église haute où l'escalier, ménagé dans un des contre-forts au sud du chœur, arrive à L'Église basse dont la porte latérale nord s'ouvre en face de l'entrée du Réfectoire ; l'autre par le degré descendant du passage, près de la porte latérale nord de la nef, au Promenoir où, après l'avoir traversé, on trouve à droite un autre passage, longeant la Salle des Chevaliers, et aboutissant à l'entrée du Réfectoire (voir fig. 16; plan, au niveau de l'Église basse, du Réfectoire et de la Salle des Chevaliers).
La Salle, dite des Chevaliers, fut commencée vers 1215, par Raoul des Isles, mort en 1218. Thomas des Chambres, qui lui succéda, la termina vers 1220. Elle ne prit le nom de Salle des Chevaliers qu'après l'institution de l'Ordre de
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Saint-Michel, fondé par Louis XI en 1469 ; c'était auparavant la Salle des Assemblées générales ou celle du Chapitre de l'Abbaye. Selon M. Viollet-le-Duc, cette Salle « était probablement, au xme siècle, le Dortoir de la garnison » (1). Quoi qu'il en soit, les dispositions générales de la Salle des Chevaliers indiquent qu'elle était destinée à des réunions nombreuses. Ce qui le prouve, ce sont, indépendamment de ses vastes proportions, les trois latrines établies spécialement et uniquement pour le service de cette Salle ; deux sont placées au nord, en dehors, entre les contre-forts reliés par des arcs. Elles sont précédées chacune d'un petit retrait, communiquant avec la Salle, éclairé
(»3. — Salle des Chevaliers. — Latrines.
I . Dictionnaire raisonné de l'Architecture française, etc., t. 1er.
par deux rangs de fines arcatures trilobées (en A du plan, fig. 63).
Une troisième latrine, qui n'est autre que celle des anciens Bâtiments abbatiaux du xie siècle (en E du plan, fig. 20) et qui a été utilisée par les constructeurs du xme siècle, se trouve dans l'angle sud-ouest. On y accède par une petite porte en pan coupé et un passage ménagé dans l'épaisseur du mur ouest.
La Salle des Chevaliers est formée de quatre nefs d'inégales largeurs (1) ; les deux premières rangées de colonnes, vers le nord, reposent sur les piles du Cellier, la troisième rangée est fondée sur le rocher (2). Les voûtes, composées d'arcs-doubleaux, d'arcs-ogives, ornés à leur point de rencontre d'une clé sculptée, retombent sur des colonnes à bases octogonales très-finement taillées ; les chapiteaux, très-richement et très-vigouren sèment sculptés, sont surmontés, comme ceux du Réfectoire, de tailloirs circulairesà profils hauts profondément refouillés, qui ont tous les caractères particuliers des édifices normands du xme siècle.
Deux grandes cheminées, en B du plan, fig. 03 et fig. 05, existent sur le mur de face nord; leurs larges manteaux pyramidaux montent jusqu'à la voûte où leurs sommets sont très-heureusement mariés avec elle (fig. 05). Les conduits de ces cheminées s'élèvent au dehors, sur une série d'encorbellements ingénieusement combinés