SAN-MIGUEL. — CHAINE DE FURNAS
mulations de laves, de scories et de sables volcaniques qu'où y rencontre. On est encore porté à le croire par les sources d’eau bouillante qu'on trouve principalement dans la vallée de Furnas. On peut penser également que les trois lacs Das-Furnas, Do-Fogo et de La-Caldeira-das-Sete-Cidades, situés aux sommets de l'ile, dans sa partie du S., du centre et de l'O., sont d'anciens cratères de volcans éteints, dont les eaux ont envahi le fond.
Il paraît aussi que la structure et la conformation de l'ile permettent aux eaux de passer dans les cavernes volcaniques, d'où elles sont lancées au dehors lors des tremblements de terre ou des éruptions. Plusieurs faits de ce genre sont signa-
lés dans l’histoire géologique de cette ile et ont causé beaucoup
de ravages.
Les hautes montagnes qui occupent le centre de l’île peuvent se diviser en cinq groupes principaux :
Le premier se compose de la chaîne à l'E, de l’ile dont le Pico-da-Varra (1,089 mètres) est la montagne la plus élevée. De ce pic, deux branches descendent vers le S. de l'ile et se séparent au pic Do-Passo (927 mètres). La plus Est contient le pic Do-Bartholomeo (892 mètres) et le pic Do-Nuñez qui est presque au rivage (677 mètres).
Ce premier groupe est séparé de celui de Furnas, plus à l'O., par la vallée Do-Provaçao et par un plateau élevé dont le pic Monteiro et le pic Sargulho (509 mètres), près de la côte Sud, dominent l’étroite surface.
La chaîne de Furnas, dont le pic le plus élevé est dans sa partie du N. et se nomme Caffanhote (715 mètres), présente, du côté du $S., un versant très-rapide qui domine la vallée de Furnas, au fond de laquelle est le village de ce nom. A sa partie du S. est Le Pico-do-Gaspar, dont le sommet a été détruit par une éruption volcanique. À l'E. de ce mont et au S. du pic Ferro, sur le côté occidental de la vallée, est le lac de Furnas, dans lequel la profondeur varie de 15 à 180 mètres.
Les versants de ces deux premières chaînes descendent à la mer, du côté du N., par une pente assez régulière, beaucoup moins rapide et moins saccadée que du côté du S. |
In plateau assez considérable, où sont répandus un grand
SAN-MIGUEL, — CALDEIRA-DAS-SETE-CIDADES. 83
nombre de mamelons coniques dont le pic de Cedras (683 mètres) est le plus Sud et dans la partie Ouëst duquel se trouve le lac de Congro, sépare la chaine de Furnas de la plus centrale de l’ile nommée Serra-da-Agoa-de-Pao, située à l'O. de la précédente. Le sommet de ce groupe présente un enfoncement où se trouve le lac Do-Fogo, dont la profondeur moyenne est de 27 mètres.
Les plus hautes montagnes de ce groupe atteignent 936 mètres ; son vérsant Nord descend en pente douce jusqu’à la ville Ribeira-Grande, bâtie près du rivage de cè côté, et en pentes abruptes vers la ville de Villa-Franca et celle Da-Agoä-do“Pao, bâties à la côte méridionale de l'ile.
La partie la moins élevée de l’île est formée par le quatrième groupe, dont la montagne Gorda (479 mètres), à l’O., est la plus élevée, et dans lequel on remarque au centre Pico-da-Pedra (384 mètres), et à l’'E., Pice-do-Fogo (311 mètres). Ce groupe présente un très-grand nombre de pitons et de nombreuses traces d’éruptions volcaniques.
Le cinquième groupe et le plus à l'O.est celui nommé La-Caldeira-das-Sete-Cidades : c'est un groupe circulaire de montagnes à sommets unis et cernant un espace circulaire de { mille !/, de rayon à sa partie supérieure, de 1 mille de rayon à sa partie inférieure. |
Le pic le plus élevé, situé au S. E. de cette enceinte, est le pic Da-Cruz (847 mètres), près duquel se présente une assez large coupée dans La-Caldeira qui se prolonge par un plateau étroit jusqu'au pic plus au $. E. de Carväo (803 mètres), distant de 1 mille ?/,. Il termine dans l'E. [a chaine qui domine ce côté de l'ile.
Le fond de La-Caldeira-das-Sete-Cidades est une plaine où l’on rencontre plusieurs cratères éteints; quatre lacs dont deux fort grands et un petit village en occupent le fond, élevé de 264 mètres au-dessus du niveau de la mer. Plusieurs autres lacs occupent le sommet du plateau qui s'étend de La-Caldeira dans le S. E. jusqu’au pic de Carvào.
L'ile de San-Miguel est la plus considérable des Açores par sa population, son étendue et ses productions.
En 1840, le recensement de la population a donné, pour le
Serra-da-Agoi-des Pao ;
Serra-Gord4
Calleira-das-$ete-
Cidades :
Popôtalion: ress sourees,
€limat, température.
Vents.
nombre des habitants, 80,809, répartis dans quatre villes, celles de. Ponta-Delgada, capitale de l'ile, d’Agoa-do-Pao, de Villa- Franca au $., et celle de Ribeira-Grande au N., puis dans un grand nombre de villages (vingt-deux à peu près). Le sol est extrêmement fertile : il produit du blé, du maïs, des fèves, des haricots et des patates douces, des fruits et des légumes en grande quantité. On y trouve de grands troupeaux de bœufs, de moutons et de porcs, des volailles, etc.
On n’y récolte de vin que pour la consommation des habitants. On y recueille beaucoup de lin qu’on travaille dans l'ile, ce qui forme une branche considérable de commerce. On y trouve des manufactures de linge et d’étoffes de laine communes.
L’eau et le bois y sont abondants. La ville Ponta-Delgada est celle qui offre le plus de ressources.
Le climat est tempéré à San-Miguel comme dans presque
- toutes les iles de l'archipel. Les variations de température de
l'été à l'hiver sont même peu considérables et assez peu marquées pour ne pas interrompre totalement les travaux d’'agriculture.
Par des observations barométriques faites durant la période de cinq années, de 1840 à 1845, la hauteur du baromètre a varié dans l'été ou la belle saison d’avril à septembre compris, en moyenne, de 77425 à 751mn8; dans l'hiver, depuis 779" 8 jusqu’à 749 2, C'est dans l'hiver que l’on a toujours obtenu les maxima et les minima.
Les observations thermométriques ont donné pour résultat moyen, d'octobre à mars, c’est-à-dire en hiver, 16° 1; dans l'été, 20° 6. Les limites extrêmes ont été, en février, 8° 9 ; en août, 28° 1.
Il n’y a rien de régulier dans les vents de San-Miguel, pas plus que pour les autres îles de l'archipel, si ce n’est une prédominance quelquefois de ceux du N. E. et du N. O., puis les variations ordinaires de ceux du S. O. en une brise modérée de N. O. Cette dernière circonstance est importante à connaitre des marins, parce que, forcés de quitter les ports mal abrités des îles lors des vents forts de $. O. et deS., ils peuvent en profiter pour y revenir.