CD
e 2 E'S <a S ta rg 4)
« «es
es u
u3 en
tn m
cr
'Sa
bi
CO
. , ^. 00g le
§• yUL Examm des résultats du nivellement, rapportés aux crues du NU, sur le meqyâs de Roudalu
Pour mienx apprécier les rapports des résultats prin*' cipanx du nivellement, extraits du r^istre des opérations, nous avons fait un tableau (pl. 14) <iui présente la correspondance et Tordre respectif de ces résultats ; ils y sont considérés par rapport à la graduation de la colonne du meqjâs, qui est expripiée en mètres, en pieds de France et en coudées. Nous 7 avons rapporté ; I**. les crues du Nil, dont les mouvemens journaliers ont été observés et consigoés. pendant trois années consécutives $ a^. les marées du golfe Arabique à Souejrs^ 5^. celles de la Me'diterranée sur la côte de la baie de Faramâ, au nord des vestiges de Péluse; 4°. le niveau respectif des différens points du sol de Tisthme , tant sur la direction de l'ancien canal , que sur celle qui eu dérive , du Mouqfâr à la bouche de Tyneb.
Or , ayant adbpté dans ce tableau, pour plan général de comparaison , le niveau de la crue de i 798 , que nous avons admise comme terme de l'abondance » dans le système actuel des irrigations , on voit ,
i^. Que la pente du Nil, depuis le Kaire jusqu'à la Méditerranée, est , aux termes des bonnes crues , comme fut celle de Fan vu ( 1 799) , de Sg^» 7** 5\ qui , repartis sur un développement de i55,ooo toises (ou 59 lieues et demie de 3275 toises) , qu'offre le Nil depuis le meqyfts jusqu'au boghâz de Rosette, donnent une pente moyenne de neuf pouces par liei^^ '
Que la pente générale, réduite à i6 pieds 3 pouoe&dang les basses eaux, ne donne pins que quatre pouces par lieue j
5°. Que le Nil, dans les hautes eaux, est supeneur à la haute mer , à Souejs , de 9^ S' , el à la basse mer , de i4^* 7° 5' seulement;
4^. Que la différence de niveau entre les hautes ma* tées à Soueys et les basses mers à Tyneh , est de 3o^ 6^ ;
5°, Que 1 élévation des eaux à Bubaste , en admettant même celle qui dut être plus considérable lorsque la branche Pélusiaque fermait la partie orientale du Delta et recevait Un plus grand volume d eau, ne produit que trois à quatre pieds de pente vers Soueys, et encore n'est-ce que pendant le moment de la basse mer dans ce port : ce résultat démontre suffisamment le vice du canal des Rois, et la nécessité, reconnue postérieiu'ement par les Arabes , de remonter là prise d'eau ; ce qu'ils ont fait en la portant à Fostât, situé vis-à-vis de nieRoudah;
6^. Que les eaux reperces, le 4 brumaire an ix (26 octobre lôoo), dans le canal vis-à-vis du Mouqiâr, offrent un terme moyen de la pente totale du Nil; résultat satisfaisant , puisqu'il est dans le rapport des distances de ce site au Kaire et à la mer 3
7^. Que les eaux, d'après leur pente naturelle à la même époque, durent s élever de huit à neuf pieds sur le sol des puits de Saba*h-bjâr, et se répandre à Test, dans la vallée, jusque vers Chqrkh-Henâdy : tous ces terrains étaient en effet sous les eaux en brumaire an ix (octobre et novembre 1 800 ) ; elles couvraient , an pour-
tour du Gebel-Krayeh une étendue de 2 à 3ooo arpens;
8**. Que le bassin des lacs amers serait susceptible de recevoir, dans quelques parties, plus de 5o pieds de hauteur d*eau, soit que celte eau vienne du Nil, soit qu'on la dérive du golfe Arabique;
9**. Que le canal, vers le golfe, aurait, dans letat actuel des choses, à son débouche' dans les lacs, 12 à i5 pieds de haiiteur d*eau de mer; quantité déjà suffisante pour la navigation , si l'on voulait la rétablir.
10°. On voit enfin par ce tableau , que, sous la mémo latitude, entre Souejs et le Kaire , le Nil , en atteignant le milieu de sa crue, donne un niveau moyen des plus hautes aux plus basses eaux de la mer Rouge,
On doit conclure de l'accroissement des cotes du nivellement dans tout le cours de rOuâdy , que , si la mer n'avait pas e'te' retenue à Soueys, elle eût opère' une submersion désastreuse; et celte considération motive aussi la nécessite de l'euripe dont parle Strabon , lequel avait pour objet d'empêcher la mare'e de pe'netrer dans rintërieur. Elle a pu motiver encore l'établissement d'une digue que Ton dit avoir cte faite par les Arabes, à l'issue du canal dans la mer, à Soueys, et dont quel-
' Le Cebel-Krayeh est un pla- carpi's; quelques points seulement leau isolé, qui parait fort consiJé- offrent des rampes rapides qui perrable de loin par Tcffetdu mirage: mettent d'y monter. De son soui- ]a plaine basse et saline qui est au met on découvre le -v aste horizon du rord , s^a|»pclle Deneb cl-Temsâh désert : il semble cire \m nste du (Queue du Crocodile). sol primitif dont les eaux ont suc- Ce plateau est une roche calcaire cessivenient réduit Tciendue; il était de 40 à 5o pieds de hauteur, et de entouré d'eau après la crue de Taoïx 35o toises de longueur, sur Go à (1800). So de largeur : ses bords sont es-
ques Yestîges semblent oonfirmer ce qpe h tradition nous en transmet.
Il est donc certain , d*après Texamen de ces r&nltats , que les eaux de la mer Ronge sont susceptibles de couvrir les terres du Delta , et que les craintes de cette submersion n'étaient que trop fond^ chez les anciens, dans ces temps reculés où le Delta et le lit même du Nil étaient incontestablement moins élevés.
Ponr ne pas donner ici des développemens surabondans qui pourraient atténuer Tinte'rêt des faits , nous laissons aux savans à expliquer particulièrement les causes de la diffîrence qui existe entre le niveau de la mer Rouge et celui de la Méditerranée j différence dont il parait qu on ne doit plus douter d après nos opérations, qui confirment, i cet ^ard, l'assertion des anciens.