DU CANAL DES DEUX MERS
Dè tous les moyens propres à garantir la confection d*une entreprise aussi importante, celui deu confier l'intérêt i une compagnie de commerce nous parait de la plus haute espe'rance , s'il n'est pas même infaillible. Ce- mode d exécution présente une garaulie <ju'on ne peut généralement se promettre de 1 mconstanoe des gouvernemens ou des rivalités ministérielles , qui ont si souvent £ait échouer ou suspencbe les entreprises les plus utiles, quoiqu'elles touchassent à leur fin. On pourrait donc en faire l'objet d'une concession, dont les conditions, d'abord très-avantageuses aux actionnaires , pourraient être modifiées après un laps de temps convenu.
Nous estimons qu'indépendamment des avances ou même de la quotité de fonds que le goiivemelnent devra donner à la compagnie pour cette opération, et des avantages commerciaux qui feraient encore la base de
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celte spéculation , il pourra lui concéder, à titre de propriété, i^. toute la vallée (l'Ouiidy), qui comprend plus de 1 5,000 arpens susceptibles de culture, sauf à concentrer quelques tribus d'Arabes qui y sont répandues, et auxquelles il suffirait d'abandonner une partie de l'espace quelles occupent (ces i5,ooo arpens, évalues chacun à 400 livres seulement de valeur foncière, représentent un capital de six millions , dont les intérêts annuels peuvent monter au dixième par la richesse des recolles); 2°. tous les bords du désert au nord et au sud de la vallée, sans autres limites que celles que l'industrie de cette société pourrait y mettre (il s y trouve des parties boisées, dont l'exploitation mieux régle'e fournirait du charbon , combustible rare et cher en Egypte) ' ; 3®. la pêche du canal et des lacs ' ; 4®. les péages aux écluses pour la navigation, et aux ponts pour les caravanes. Au moyen de ces diverses concessions, nous pensons que les actionnaires retireraient un très-haul intérêt de leurs capitaux. Ces gages sont d'ailleurs de peu de valeur, si on les compare à ceux que présente la vaste étendue des terres qu'on peut rendre à la culture dans les provinces d'Alexandrie, de Rosette, de la Baheyreh , et dans les provinces maritimes du Delta , et que nous avons évaluée à 200,000 arpens. Il n'est pas enfin de spéculation moins hasardée , par la facilité du défrichement des terres actuellement abandonnées, qui n'exigeront pas, comme en Europe, et même en Amé-
' Nous pensons qne des plants de portait au fisc, avant Tarrivéc des
pins et de mélèzes réussiraient par- Français, plus de 60,000 fr. par an ;
failcment dans ces lieux. celle des autres lacs devait être aussi
* La pèche du lac Menzaleb rap- d^un grand rapport.
DigitizcL , . .oogle
â8i MÉMOIRE SUR LE CANAL
rique, des avances considérables pour les mettre ea pMne ^leur , puisqu'il suffira d y porter des eanx , dont elles ne sont privées que depuis qu'on a cesse d entretenir les canatUL d*irrigation qui y répandaient autrefiûs Fahondance et la vie. Cette navigation économisera encore les 5oo,ooo francs que coûte annuellement', comme le dit M. de Voluey, Tescorte des Arabes Ouâtat et Jydidy, qui font les transports du Kaire i Souejrs.
Aperçu de la dépense^ générale des travaux*
' Nos opérations n'ayant donné que des r&ultats généraux, on reconnaît assez qu'elles ne sont pas suffiiantes pqur servir à la rédaction des devis estimatif sur les dimensions particulières, l'ordre et la dépense de chaque partie de ce travail. 11 faudrait un supplément de données qui fizasseaf , pour tous les poinU du cazial ou le terrain varie , le relief et l'épaisseur des digues et la profondeur des déblais ; il faudrait encore s éclairer d'expériences locales sur rextraoïkm , le transport et la main<<l'oeum des divers matériaux.
Cependant , ayant acquis des données comparatives dans nos travaux exécutà au Kaire et sur différens autres points de TÉgypte , nous pouvons , avec ces premiers élémens , ofirir des aperçus suflisans pour pouvoir entreprendre ce fravail avec confianoo, si rincertitude sur la dépense était le seul motif qui pût en faire suspendre lexécution.
Nous n'aurons pas ^rd, dans l'évaluation des dé-
* Vojlge de M. do Vbbij, tom. i**, pàg. 199.
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penses, aux canaux crarrosage, aux digues, aux écluses et autres petits ouvrages éventuels que nécessiteront les prises d'eau nécessaires à Tagriculture, attendu que ces dépenses restent à la charge des campagnes. Les réquisitions légales qu'on pourrait exercer, seraient encore en déduction des dépenses présumées dans l'aperçu qui suit :
INDICATIONS DES PARTIES
ET
NATUIlE DE TRAVAUX.
CANAL DE SOlJEYS AV KIL.
Tracaux de ieirassemens»
Le premier bief, tle 10,000 loiscs I de longueur, parsaseclion niovenne, I donne 2q5,ooo loises cubf s de ter-
rasscmcns, qui , au prix de 5f, pour
fouille, transport à trois relais rc- . duils, cpuisemens, frais d^outiU , de
conduite, coûteront ci
Une première partie du second
bief, de 16,000 toisea de longueur, ' déduction faite des travaux encore